Maladies du frêne : comment les identifier et les traiter

Frêne malade

Apprécié autant pour l’ornement que pour la production de bois, le frêne est menacé par différentes maladies. Chaque année, des hectares de frênaies se font décimer par des maladies et ravageurs. Et les sujets dans les jardins ne sont pas épargnés. Les symptômes et les dispositions à prendre varient d’une menace à une autre.

La chalarose du frêne

Quelle en est la cause ?

Cette maladie est attribuée à un champignon microscopique du nom de Hymenoscyphus fraxineus. Originaire d’Asie de l’Est, celui-ci était désigné par l’appellation de Chalara fraxinea. Ses premières victimes étaient des frênes asiatiques comme le frêne de Mandchourie. Mais les dégâts sont moins importants sur les frênes asiatiques que sur le frêne commun, qui y succombe plus rapidement lorsque certaines conditions sont réunies.

Hymenoscyphus fraxineus est un champignon très actif, se propageant essentiellement par voie aérienne. Il peut se disperser sur plus de 60 kilomètres en une année.

Son cycle suit différentes étapes. Les éléments reproducteurs du champignons se développent au sol sur les tiges sèches de l’année précédente. En fin de printemps et en été, ces derniers produisent des champignons qui infectent les feuilles de l’arbre. À l’automne, ces champignons se propagent sur les rameaux, donnant lieu à des nécroses (mort des cellules). En hiver, le champignon reste sur tiges tombées sur le sol pour un redéploiement dès le printemps suivant.

Les manifestations de la chalarose du frêne

Chalarose du frêne

La chalarose cause la mort de multiples branches et ramifications, entraînant une perte abondante de feuilles et leur dessèchement brutal. Sur les jeunes sujets, on constate une perte de croissance allant jusqu’à 50 %, en fonction du taux de défoliation. Le collet des arbres infectés présente généralement une nécrose qui en s’aggravant finit par causer leur mort.

La chalarose du frêne est particulièrement agressive dans les forêts de frênes, en particulier celles constituées de jeunes sujets. Les sols humides favorisent la multiplication des germes du champignon. C’est à ces endroits que la pourriture du collet est plus visible. Les parties nécrosées sont souvent colonisées par un autre champignon appelé l’armillaire. Celui-ci aggrave le phénomène et accélère la dégradation du collet.

Dans les alignements de frênes hors des forêts, la chalarose est moins sévère. En raison de la faible densité des sujets, le soleil pénètre mieux la partie aérienne, ralentissant considérablement le développement du champignon. De ce fait, les frênes isolés succombent moins facilement à la chalarose.

Solution

À ce jour, il n’existe aucun traitement efficace contre la chalarose. Aucun fongicide disponible ne peut arrêter la progression du champignon une fois qu’il est installé.

Il faut couper les arbres malades et brûler le bois afin d’éviter que le champignon se répande davantage. Les arbres abattus peuvent être utilisés comme bois de chauffage.

Pour limiter la propagation du champignon, évitez les plantations composées uniquement de frênes. Privilégiez les mélanges combinant le frêne avec d’autres arbres adaptés à votre climat. Par exemple, l’érable, le chêne, le châtaignier, le pin, le bouleau…

L’armillaire du frêne

Dans des conditions normales, l’armillaire (également appelé pourridié) se contente de décomposer les bois morts. Mais face à un frêne déjà affaibli par la chalarose, il devient un parasite redoutable.

Le pourridié s’attaque au collet et aux racines, amplifiant les nécroses provoquées par le champignon de la chalarose. Ensemble, ils encerclent toute la base de l’arbre, ce qui accélère la mort du sujet. Le pourridié fragilise également le bois en profondeur, augmentant considérablement le risque de casse mécanique des branches ou du tronc.

Tout comme la chalarose, l’armillaire est incurable. La seule solution est d’abattre l’arbre atteint et de le brûler pour éviter qu’il contamine d’autres sujets. Pensez également à détruire la souche et à retirer la terre contaminée sur un minimum de 50 centimètres de profondeur et de diamètre. Laissez ainsi le trou pendant un minimum d’une année. Les assauts répétés du soleil et l’air détruisent les champignons persistants.

Un sol ayant été contaminé par le pourridié ne peut plus accueillir d’arbres et d’arbustes pendant au moins quatre ans. Les chances que cette maladie se développe à nouveau sont élevées. En revanche, vous pouvez y planter des plantes annuelles.

Les parasites du frêne

Parasite frêne

L’agrile du frêne

C’est un insecte volant de 8,5 à 14 millimètres de long qui provient d’Asie. Son mode opératoire est de pondre des œufs dans les fentes de l’écorce. À l’éclosion, les œufs libèrent de minuscules larves qui creusent l’écorce pour atteindre la surface du bois.

Ils endommageant les vaisseaux qui assurent le transport des nutriments entre le bas et le haut du frêne. L’arbre est alors étouffé et finit par mourir sans intervention adéquate.

Les frênes attaqués par l’agrile se caractérisent par :

  • Une cime devient qui devient clairsemée
  • La formation de longues pousses sur le tronc ou sur les branches.
  • La présence de petits trous en forme de dés à la surface du tronc.

Sous l’écorce, la surface du bois présente des galeries sinueuses marquées d’une fine poudre de bois.

Pour lutter contre l’agrile du frêne, on peut recourir à des techniques de piégeage utilisant des champignons. Cette solution est préférable aux pesticides qui risquent de nuire à d’autres espèces qui pourraient s’avérer bénéfique pour les végétaux et la biodiversité.

Lorsque l’agrile absorbe le champignon, il finit par mourir même si sa mort ne survient pas instantanément. Le champignon est susceptible de se transmettre aux partenaires de reproduction des sujets infectés ainsi qu’à leurs œufs. Cette solution peut décimer plusieurs générations d’agriles, réduisant considérablement leurs populations.

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