Framboisier malade : causes des feuilles abîmées, du dessèchement et traitements

Framboisier malade

Facile à cultiver et généreux en fruits, le framboisier change parfois d’aspect du jour au lendemain. Souvent liés à des maladies, ces changements affectent à la fois les feuilles et les fruits qui se couvrent de taches inexpliquées. On peut également constater la déformation ou le dessèchement brutal de certaines parties. Pour faire face à ces problèmes, certaines précautions doivent faire partie de vos usages au jardin. Il convient également de connaître les symptômes de chaque maladie pour pouvoir les identifier le plus tôt et y remédier à temps.

Le dessèchement du framboisier

Dessèchement du framboisier

Différents champignons peuvent être à l’origine du dessèchement d’un framboisier. Les plus courants sont Leptosphaeria coniothyrium, Didymella applanata, verticillium et le genre Elsinoe veneta.

Le champignon Leptosphaeria coniothyrium

Le champignon Leptosphaeria coniothyrium qui intervient à la suite des attaques d’un ravageur appelé la cécidomyie de l’écorce (Resseliella theobaldi). C’est un minuscule moucheron dont les larves (de couleur rouge saumon et mesurant entre trois et quatre millimètres) creusent des galeries sous l’écorce.

Le champignon profite alors de la porte d’entrée ouverte par les larves pour s’installer. La solution face à cette maladie est de couper et de brûler immédiatement toutes les tiges atteintes. En prévention, évitez les apports excessifs d’azote qui stimulent une végétation trop dense et favorisent les attaques de la cécidomyie de l’écorce.

Le champignon Didymella applanata

Ce champignon entraîne une maladie très agressive appelée la brûlure des dards. En effet, il cible principalement les dards (petits bourgeons latéraux qui portent les fleurs) du framboisier, provoquant leur noircissement à la base.

En été et à l’automne, des taches brunes apparaissent sur les feuilles et à la base des rameaux. Si rien n’est fait, les futures fleurs, et donc les framboises, ne se formeront pas. La taille hivernale soignée, le ramassage et la destruction des débris végétaux sont les meilleures préventions face à cette menace.

Les champignons du genre verticillium

Ces champignons déclenchent chez les framboisiers une maladie appelée la verticilliose ou flétrissure verticillienne ou encore maladie du jaune. Vivant dans le sol, ils contaminent les plantes par les racines endommagées et bloquent la circulation de la sève.

La sève étant constituée de l’eau et des nutriments essentiels aux feuilles et aux rameaux, ces derniers flétrissent lorsqu’ils en sont privés. Le flétrissement s’étend de façon asymétrique. Les plantes infectées doivent être arrachées et détruites car il n’existe aucun traitement contre cette maladie.

Le champignon Elsinoe veneta

Affectant principalement les framboisiers rouges et les framboisiers noirs, cet organisme est à l’origine d’une maladie appelée l’anthracnose du framboisier. Il se développe dans les conditions très humides que peuvent entraîner les printemps ainsi que les débuts d’été frais et pluvieux. Les plantes affaiblies par les ravageurs ou par le vieillissement sont les plus sensibles à l’anthracnose.

Les symptômes affectent à la fois les tiges, les feuilles et les fruits. Les jeunes rameaux et les pétioles (tiges à la base des feuilles) atteints sont recouverts de petites taches circulaires brunâtres qui virent ensuite au grisâtre. Elles sont entourées d’une fine bordure pourpre ou brun foncé.

Les feuilles infectées sont marquées de petites taches grises entourées d’un halo violacé. Lorsque les rameaux portant des fruits sont fortement infectés, cela affecte les framboises qui se dessèchent sur l’arbre ou cessent de grossir.

Il n’existe pas de remède curatif contre l’anthracnose. Les traitements disponibles sont essentiellement préventifs et consistent en l’application de produits comme la bouillie bordelaise. Cette préparation crée une barrière fongicide qui protège les tissus pendant les semaines qui suivent.

Framboisier avec des feuilles trouées : explications et solutions

Framboisier avec des feuilles trouée

L’anthonome du framboisier

L’anthonome (Anthonomus rubi) est un petit insecte ravageur d’à peine trois millimètres qui fait partie de la famille des charançons. S’activant entre avril et mai, les femelles pondent leurs œufs directement dans les boutons floraux, qu’elles sectionnent ensuite à la base. Par conséquent, les fleurs tombent avant même de s’ouvrir et les feuilles avoisinantes sont grignotées par les adultes qui s’en nourrissent.

Les pertes de récolte peuvent être considérables. La solution la plus simple consiste à ramasser et brûler les boutons atteints dès leur apparition. Pensez également à pratiquer une taille soignée à l’automne pour réduire les emplacements permettant à l’insecte de passer l’hiver.

Les punaises et les cicadelles

Les punaises et les cicadelles opèrent presque de la même façon. Ce sont tous deux des insectes piqueurs suceurs qui piquent les tissus végétaux pour avoir accès à la sève. La punaise cause de petites lésions qui peuvent ressembler à des trous ou à des zones décolorées. Quant à la cicadelle, elle provoque une décoloration progressive des feuilles qu’elle infeste.

Pour éloigner ces insectes sans produit chimique, il existe plusieurs remèdes biologiques. Il est possible de saupoudrer de la terre de diatomée (poudre naturelle issue d’une roche et disponible dans le commerce) au pied des plants. Des pulvérisations d’huile essentielle de menthe diluée (une dizaine de gouttes dans 500 ml d’eau) donnent aussi de bons résultats. L’ail en poudre agit également comme répulsif naturel.

Les tétranyques

Également appelés araignées rouges, les tétranyques sont de minuscules araignées de moins d’un millimètre. Invisibles à l’œil nu, ils se multiplient par temps chaud et colonisent le feuillage des végétaux. Ils se nourrissent en retirant les cellules végétales et en aspirant la sève contenue dans les feuilles du framboisier.

Les feuilles attaquées par ce parasite sont couvertes de petits points blancs ou jaunâtres. À terme, elles finissent par brunir et par tomber. En cas de forte infestation, une fine toile soyeuse recouvre le feuillage.

Les prédateurs naturels comme le Phytoseiulus persimilis et l’Amblyseius californicus sont efficaces pour détruire les colonies de tétranyques. En cas d’infestation avancée, une pulvérisation d’huile de colza (à raison d’une cuillère à soupe dans un litre d’eau tiède) permet d’étouffer les œufs et les adultes.

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