Pendant leur développement, les plantes potagères font face à différents défis parmi lesquels figurent les attaques de doryphores. Ceux-ci sont susceptibles d’anéantir une culture lorsqu’ils sont très nombreux. La bonne nouvelle est qu’il est possible de contrôler les populations de doryphores et leurs larves sans user de produits chimiques. En effet, il existe une multitude de remèdes de grand-mère pouvant venir à bout du doryphore sans nuire à la santé humaine ou à l’environnement.
Comment reconnaître un doryphore ?

De son nom scientifique, Leptinotarsa decemlineata, cet insecte est reconnaissable à son corps jaune orangé et à son dos bombé et rayé de bandes noires (une dizaine de rayures). Il raffole des plantes de la famille solanacée1 dont font partie la pomme de terre, la tomate, le poivron et l’aubergine.
Les doryphores passent l’hiver dans le sol et sortent de terre au printemps, se déployant dans les cultures. Les femelles pondent leurs œufs sur la face inférieure des feuilles des végétaux ciblés par le parasite. De forme allongée, les œufs de doryphore sont de couleur jaune orangé. Ils sont regroupés sous forme d’amas de 10 à 50 œufs par groupe. À l’éclosion, ils libèrent des larves rouges à points noirs, particulièrement voraces.
Comment identifier une plante envahie par des doryphores ?
Le doryphore laisse derrière lui des feuilles trouées et grignotées sur les bords. Parfois, il ronge les feuilles jusqu’à la nervure centrale. En observant le dessous des feuilles, vous découvrirez probablement des larves bombées, molles et collantes.
Les adultes, eux, se déplacent lentement. Il est facile de les observer en pleine journée si vous inspectez soigneusement le feuillage de vos plantes.
Les moyens de lutte naturelle contre les doryphores
Lorsqu’ils ne sont que quelques-uns, il est possible de les retirer manuellement pour les empêcher de se multiplier. Combinez cette approche avec les plantes répulsives telles que le romarin ou la menthe.
Grâce à l’odeur qu’ils diffusent, ces végétaux érigent une barrière invisible, dissuadant le doryphore d’approcher vos cultures. Installés en bordure ou entre vos cultures, la tanaisie, l’œillet d’Inde, l’ail, la ciboulette ou encore le raifort perturbent l’odorat de l’insecte.
Si le doryphore parvient malgré tout à contourner ces barrières odorantes, optez pour une approche plus directe. C’est là qu’interviennent les traitements à base d’ingrédients naturels du quotidien et les pièges.
Remède à base de bicarbonate de soude
Diluez une cuillère à soupe de bicarbonate dans un litre d’eau. Ajoutez quelques gouttes de savon noir ou de liquide vaisselle pour aider la solution à bien adhérer aux feuilles. Remuez ensuite le mélange et pulvérisez-le sur les plantes envahies.
Remède à base de vinaigre blanc
Les propriétés répulsives du vinaigre blanc sont principalement attribuées à sa forte odeur et à son acidité. Ces propriétés lui permettent de perturber l’odorat des doryphores, de les empêcher de capter le parfum émanant de leurs plantes hôtes.
Pour préparer votre solution, diluez environ un verre de vinaigre blanc dans dix verres d’eau. Versez le mélange dans un pulvérisateur, puis aspergez les feuilles, en insistant sur leur face inférieure.
Ce remède s’utilise tôt le matin ou en fin de journée, quand le soleil est moins fort, pour éviter de brûler les feuilles. Renouvelez l’opération tous les trois à cinq jours en cas de forte infestation.
Quelques idées de pièges naturels contre le doryphore
Pour lutter contre les doryphores, il est possible de mettre en place des pièges à base de pomme de terre. Placer des pommes de terre coupées en deux dans le sol permet d’attirer les sujets adultes qui viennent y pondre leurs œufs.
Après la ponte (qui a lieu de mai à juillet et qui est répartie en deux générations), rassemblez les pièges et détruisez-les avec les œufs. Comme vous l’aurez compris, le but de ce piège est de réduire la naissance de nouveaux individus.
La capucine ou l’aubergine peuvent aussi servir de plantes pièges. En effet, les doryphores préfèrent ces plantes aux pommes de terre. Elles permettent de concentrer les insectes sur un seul point du jardin et de les ramasser plus facilement.
Le marc de café et la cendre de bois
Saupoudrez du marc de café au pied des plants envahis, son odeur perturbe les insectes tout en enrichissant légèrement le sol. Même principe pour la cendre de bois refroidie. Vous pouvez en récupérer après un feu de cheminée, puis l’étaler en fine couche autour des plantes dont le doryphore raffole.
Ces deux astuces restent des gestes complémentaires. Appliquez-les après avoir retiré manuellement les larves et les amas d’œufs visibles sous les feuilles. Plongez-les ensuite dans un seau d’eau savonneuse pour les éliminer définitivement. Ce geste, répété quotidiennement dès les premiers signes d’invasion, permet de briser le cycle de reproduction, empêchant le ravageur de s’installer durablement.
Comment empêcher le retour des doryphores d’une année sur l’autre ?

Pratiquez une rotation des cultures, en évitant de replanter des pommes de terre ou d’autres solanacées au même endroit deux années de suite. Cela réduit considérablement les risques d’infestation. Pensez également à arracher les repousses spontanées de pommes de terre au printemps. Elles servent souvent de premier garde-manger aux doryphores qui sortent d’hibernation.
Favoriser la biodiversité dans votre jardin est l’une des meilleures armes sur le long terme. En laissant une place aux fleurs, aux haies et à quelques herbes sauvages, vous attirez des prédateurs naturels comme les coccinelles, les carabes2… Ce type de cadre attire également certains oiseaux, qui contribuent naturellement à réguler les populations de doryphores.
Note de bas de page
- Solanacées : famille de plantes à fleurs qui regroupe de nombreuses espèces cultivées, sauvages ou ornementales. Elle comprend notamment la tomate, la pomme de terre, l’aubergine, le poivron, le piment et le tabac. Ces plantes présentent des caractéristiques botaniques communes, notamment des fleurs généralement composées de cinq pétales et des fruits de formes variées contenant souvent plusieurs graines. ↩︎
- Carabe : coléoptère terrestre noir ou de couleur sombre, souvent avec des reflets métalliques verts, violets ou dorés. On le rencontre principalement dans les jardins, les champs, les forêts et sous les pierres ou les débris végétaux. Souvent actif la nuit, il se nourrit de petits animaux, de larves et parfois de graines, ce qui en fait un insecte utile dans de nombreux écosystèmes. ↩︎

