Très populaire en tant qu’arbre ornemental, le cerisier du Japon (Prunus serrulata) éblouit par sa floraison spectaculaire au printemps, ses teintes de bronze lots de l’éclosion des bourgeons et son feuillage d’automne flamboyant. En revanche, cet arbre résiste mal à certaines maladies. On remarque alors une décoloration suivie d’une perte abondante de feuilles en été.
Cerisier du Japon qui a des feuilles brunes en juillet

Le cerisier du Japon est un arbre au feuillage caduc, ce qui signifie que toutes ses feuilles tombent en automne et repoussent dès le début du printemps. En revanche, une défoliation abondante en plein été est soit synonyme de stress (manque d’eau, chaleur excessive, mauvais sol) , soit due à une maladie.
Le stress hydrique
Un été très chaud et sec peut provoquer un dessèchement des bords et des pointes des feuilles, qui brunissent avant de tomber. Ce mécanisme est une réponse de survie de l’arbre qui prive petit à petit les feuilles d’eau pour pouvoir mieux résister.
Le stress hydrique affecte les feuilles de façon homogène, sans taches préalables bien définies. En revanche, les maladies (qui sont souvent associées à des attaques de champignons) se propagent de façon asymétrique sur les feuilles, se caractérisant par des taches ou des lésions.
La solution est d’arroser généreusement l’arbre au pied, jamais sur le feuillage. Pensez également à poser un paillage épais (10 cm de copeaux de bois) autour pour favoriser une meilleure conservation de l’humidité.
Les sols très sableux, qui se vident d’eau en quelques heures, aggravent le manque d’eau. À l’inverse, un sol lourd et mal drainé favorise l’asphyxie racinaire. Le cerisier se comporte alors comme s’il manquait d’eau, même quand le sol est humide. Pour éviter ce genre de situation, pensez à rendre le sol bien drainant lors de la plantation sans toutefois le rendre trop sableux.
Les maladies fongiques
La cylindrosporiose
Très fréquente sur les cerisiers, cette maladie est causée par le champignon Blumeriella jaapii (anciennement appelé Cylindrosporium padii). Cela commence par l’apparition de petites taches rouge-violacé ou brun-rougeâtre sur la face supérieure des feuilles. Les tâches sont souvent concentrées le long de la nervure centrale. Par temps humide, on peut observer sous les feuilles atteintes des amas blanchâtres. Ce sont les spores du champignon, prêtes à se propager. La feuille finit par jaunir entièrement et tomber, parfois dès juillet ou août.
L’arbre peut se retrouver presque complètement défolié en plein été, ce qui l’empêche de fabriquer des réserves énergétiques pour l’hiver. Il fleurit moins abondamment et se montre vulnérable aux gelées. Les attaques répétées plusieurs années de suite fragilisent durablement l’arbre.
Le champignon hiverne dans les feuilles mortes tombées au sol à l’automne précédent. Dès le retour des pluies au printemps, il libère ses spores qui sont véhiculées par les éclaboussures et le vent vers les jeunes feuilles.
Il se développe de juin à août, plutôt par temps humide, et ses effets deviennent visibles à partir de juillet. Les étés pluvieux sont ses meilleurs alliés. En effet, les régions à pluies d’été fréquentes sont nettement plus touchées.
Traitements
Pour casser le cycle, le premier geste qu’il convient d’adopter est le ramassage et la destruction de toutes les feuilles mortes au sol dès leur chute. Appliquez ensuite de la bouillie bordelaise sur tout l’arbre, tronc inclus.
Effectuez une seconde application au printemps, avant l’ouverture des bourgeons. Après la floraison, pulvérisez en préventif un mélange de décoction de prêle et de soufre mouillable.
La criblure à Coryneum

La criblure à Coryneum est aussi appelée maladie criblée et est due au champignon Stigmina carpophila. Elle touche tous les arbres fruitiers à noyaux (cerisier, pêcher, prunier, abricotier…).
Les premiers signes apparaissent au printemps. On remarque de petites taches rouges ou brun-rouge sur le limbe. Ces taches grandissent puis leur centre se nécrose et tombe, laissant des trous nets aux bords brunâtres très caractéristiques.
Les rameaux peuvent aussi porter des chancres1. En cas d’attaque sévère, les feuilles jaunissent et tombent prématurément comme dans la cylindrosporiose. Le champignon hiverne lui aussi dans les feuilles mortes et les rameaux atteints laissés en place. La gestion de cette maladie est identique à celle de la cylindrosporiose. Il faut procéder au ramassage et à la destruction des feuilles à l’automne.
Taillez des rameaux portant des chancres en hiver et appliquez des traitements contenant du cuivre à l’éclosion des bourgeons.
La gommose et le chancre bactérien
Si vous observez des écoulements de gomme jaunâtre ou dorée à la surface du tronc ou des branches, l’arbre souffre de gommose. Ce symptôme n’est pas une maladie en soi, c’est une réaction de défense de l’arbre face à une agression mécanique (blessure, taille mal placée), climatique (alternance de gel et dégel) ou infectieuse.
Lorsque la gommose est associée à des zones d’écorce morte autour du suintement, on parle de chancre bactérien (Pseudomonas syringae). La bactérie pénètre dans l’arbre principalement par les blessures de taille et les cassures. Le chancre étrangle peu à peu les vaisseaux conducteurs de la sève, provoquant le dépérissement de la branche au-dessus de la lésion. Les feuilles concernées brunissent et sèchent sans tomber, restant accrochées comme momifiées.
Pour limiter les risques, tailler en fin d’été ou en début d’automne (jamais en hiver sur un cerisier), par temps sec exclusivement. Désinfectez les outils à l’alcool entre chaque coupe et appliquez immédiatement un mastic cicatrisant fongicide sur toutes les plaies de taille. Les gros cerisiers du Japon supportent très mal les tailles sévères. Moins on taille, mieux c’est.
Note de bas de page
- Chancre : lésion qui apparaît sur l’écorce, les branches ou le tronc d’un végétal à la suite d’une infection, le plus souvent causée par un champignon ou une bactérie. Cette atteinte provoque la destruction progressive des tissus, ce qui peut gêner la circulation de la sève, affaiblir la plante et entraîner le dépérissement des parties touchées si elle n’est pas prise en charge. ↩︎

