Bien qu’il soit facile à cultiver, le persil est l’une des plantes les plus exigeantes du potager. Lorsque les conditions de culture changent, cela peut entraîner son dépérissement soudain. Dans ce cas, ses feuilles peuvent jaunir, se couvrir de taches ou prendre un aspect poudré tout blanc. Chacun de ces symptômes signale un problème différent qu’il est important de maîtriser pour pouvoir l’anticiper ou y remédier avant que cela s’aggrave.
Pourquoi le persil devient-il jaune ?
Cultivé dans des conditions normales, le persil ne vit que deux ans. En fin de cycle, il jaunit, monte en fleurs et ses feuilles deviennent moins savoureuses. Lorsqu’un plant s’éteint, il suffit d’en semer un nouveau.
De même, quelques feuilles jaunes à la base d’un pied de persil en pleine forme sont normales. En revanche, si le plant jaunit et s’affaisse d’un coup malgré de bonnes conditions de culture, le stress ou une maladie est probablement à l’œuvre.
Quelle maladie peut entraîner le jaunissement du persil ?

Trop ou pas assez d’eau
Quand la terre est trop sèche, le persil jaunit puis se dessèche. En revanche, un sol qui reste détrempé en permanence asphyxie les racines qui pourrissent. Elles n’arrivent donc plus à gérer efficacement l’acheminement de l’eau et des nutriments vers la partie aérienne.
Le jaunissement lié à un excès ou à un défaut d’arrosage commence par le bas. En cas d’excès d’eau, les feuilles deviennent molles et une odeur de moisi se dégage du sol. Le persil se cultive dans un sol frais et humide, jamais gorgé d’eau.
Un sol pauvre ou épuisé
Le persil est gourmand, surtout en pot où les réserves s’épuisent vite. Quand il manque d’azote, les vieilles feuilles pâlissent et la croissance ralentit. Un engrais riche en azote, du purin d’ortie ou du compost suffisent souvent à le relancer en quelques jours. Vous pouvez aussi lui donner de l’engrais bio pour plantes aromatiques.
Trop ou pas assez de lumière
En période de forte chaleur, les feuilles du persil jaunissent et brûlent en surface lorsqu’il est planté en plein soleil. À l’inverse, le feuillage devient pâle lorsqu’il est dans un lieu trop ombragé.
L’idéal en termes d’éclairage pour le persil est une luminosité intermédiaire. Vous pouvez le laisser à mi-ombre ou choisir un emplacement bien éclairé en journée mais à l’abri du soleil brûlant de l’après-midi.
La septoriose du persil
La septoriose est due à un champignon appelé Passalora puncta. Se développant lors de fortes chaleurs (autour de 25 °C) et d’une importante humidité atmosphérique, celui-ci cible principalement les sujets qui sont bien développés.
Il entraîne l’apparition de taches claires (parsemées de petits points noirs) bordées de brun. Les tâches s’agrandissent progressivement et finissent par recouvrir l’entièreté de la feuille qui flétrit. Peu à peu, les feuilles se fanent et se dessèchent, et le plant peut mourir si rien n’est fait.
Le champignon se conserve plusieurs années dans le sol, sur les vieux débris végétaux et même sur les semences.
Dès les premières taches, coupez et jetez à la poubelle (jamais au compost) ou brûlez les feuilles malades pour freiner la contagion. Évitez de mouiller le feuillage, arrosez vos plants au pied et espacez suffisamment les arrosages. En cas de forte attaque, un traitement à base de cuivre autorisé au jardin (comme la bouillie bordelaise) peut aider.
Le mildiou du persil
Le mildiou est lui aussi causé par un champignon (Plasmopara nivea) qui s’épanouit dans des conditions fraîches et humides. Il est particulièrement actif au printemps et après les orages d’été.
Sur le dessus des feuilles, des taches jaunes apparaissent, s’agrandissent et prennent une forme un peu anguleuse avant de brunir. Par temps humide, un fin duvet gris-blanc se forme à l’emplacement des taches, mais sur la face inférieure des feuilles. Le mildiou s’attaque principalement aux jeunes feuilles.
Une plantation trop dense et une forte humidité favorisent sa propagation. Moins l’air circule entre les plants, plus le risque de contamination est élevé.
Dès les premiers symptômes, retirez immédiatement les feuilles touchées. Vaporiser du bicarbonate de soude dilué (une cuillère à soupe de bicarbonate pour un litre d’eau tiède).
En prévention, favorisez une bonne aération de vos plans en les espaçant convenablement. Appliquez de la décoction de prêle à vos pieds de persil pour renforcer leurs défenses naturelles.
Persil avec des feuilles blanches ou couvert de taches blanches

Causes éventuelles
Si les feuilles se couvrent d’une fine poudre blanche à grise, comme de la farine, sur les deux faces, l’oïdium est sûrement la cause. Également attribué à un champignon (notamment l’Erysiphe heraclei), il touche d’abord les vieilles feuilles, qui prennent un aspect gaufré et finissent par se dessécher. Ce parasite s’installe lorsque le persil subit de forts écarts de température entre le jour et la nuit.
Il faut alors couper les feuilles atteintes. Pour éviter une récidive, n’arrosez jamais sur le feuillage et aérez bien vos plants. Par ailleurs, évitez de replanter du persil ou ses cousins (carotte, céleri, fenouil) au même endroit.
Les parasites du persil
Le persil attire très peu de ravageurs qui, pour la plupart, en veulent à sa sève.
Les pucerons
Ce sont les visiteurs les plus courants du persil et d’autres plantes potagères. Ils se cachent au revers des feuilles et sur les jeunes pousses, sucent la sève et affaiblissent la plante.
Un jet d’eau ou une pulvérisation de savon noir dilué (une cuillère à café par litre d’eau) suffit en général pour s’en débarrasser. Les auxiliaires de jardin comme les coccinelles et les syrphes peuvent aussi s’en charger.
Quelques précautions d’usage
Pour garantir à vos pieds de persil une meilleure santé, certaines précautions simples mais efficaces doivent faire partie de votre routine au potager. Assurez-vous qu’ils profitent régulièrement de la lumière du jour sans pour autant être à la portée du soleil brûlant de l’été. Apportez-leur suffisamment d’eau par temps sec et chaud sans pour autant détremper le sol.
La plupart des maladies fongiques du persil viennent de l’excès d’humidité et du manque d’aération. Pour prévenir ces phénomènes :
- Arrosez au pied de la plante, le matin, sans jamais mouiller les feuilles.
- Espacez les plants pour que l’air circule et que le feuillage sèche vite.
- Alternez les cultures en évitant de planter le persil, la carotte et le céleri au même endroit deux années de suite.
- Récoltez régulièrement vos pieds de persil.
Dernier conseil : plus vous couperez les feuilles, plus vos plants seront touffus et vigoureux.

