Lorsqu’il est malade, le pêcher peut voir son rendement baisser considérablement. Certaines maladies peuvent même entraîner un dépérissement soudain voire la mort de votre arbre si vous n’y remédiez pas à temps. À chaque maladie du pêcher correspondent des symptômes spécifiques qu’il faut absolument connaître pour y remédier au plus tôt.
La cloque du pêcher

Cause et symptômes
La cloque du pêcher est la maladie la plus courante sur ce type de fruitier. Elle lui est transmise par un champignon qui se multiplie au printemps et connu sous l’appellation de Taphrina deformans.
S’attaquant principalement aux jeunes pousses et aux feuilles naissantes, il occasionne d’importants dégâts. Dans un premier temps, le feuillage infecté devient rouge vif sur un côté alors que le reste de la feuille vire au jaunâtre. Les feuilles s’épaississent et se boursouflent de plus en plus à mesure que l’infection progresse.
Elles prennent alors une apparence flétrie et s’enroulent en spirale. Au fil des jours, la teinte rouge se dissipe. Les feuilles infectées brunissent et se dessèchent avant de tomber précocement vers fin juin ou début juillet. Les pousses aussi se boursouflent et se décolorent avant de dépérir lentement de même que leurs ramifications.
La cloque du pêcher entraîne une baisse de fructification ainsi que la chute précoce des fruits. À mesure que l’agression progresse, l’arbre dépérit de plus en plus et finit par succomber au bout de trois à cinq ans.
La cloque du pêcher est plus agressive sur les pêchers nains que sur les variétés de grande taille. Dans un premier temps, les spores (éléments reproducteurs des champignons) se multiplient sur les feuilles. Ils migrent ensuite vers les rameaux où ils restent jusqu’au printemps suivant à guetter l’ouverture des bourgeons. Dès que ceux-ci commencent à s’ouvrir, ils s’y introduisent.
En été, la maladie semble disparaître. Sur les pêchers vigoureux, les bourgeons en cours de développement produisent une nouvelle feuillaison. Mais les symptômes apparaissent à nouveau au printemps suivant avec une virulence plus élevée qu’au printemps précédent.
Les champignons s’activent à une température comprise entre 7 et 12 °C. Ils sont encore plus actifs par temps frais et humide. À l’inverse, les fortes pluies, les fortes rosées et les températures élevées (comme c’est souvent le cas en été) limitent leur activité et réduisent la gravité de la maladie. Un arbre affaibli par une mauvaise alimentation, un sol compacté ou un stress hydrique est plus particulièrement vulnérable.
Traitement
La cloque du pêcher est impossible à traiter une fois que l’arbre est infecté. Seuls les traitements préventifs sont efficaces. Ils s’appliquent deux fois dans l’année. Une pulvérisation au printemps, juste au moment où les bourgeons commencent à s’ouvrir et une autre application à l’automne, après que les 2/3 du feuillage soient tombés.
Seuls les produits à base de cuivre sont officiellement homologués et autorisés dans les jardins privés. Le fongicide à base de cuivre le connu sur le marché est la bouillie bordelaise. Vous pouvez aussi utiliser l’oxychlorure de cuivre qui démontre une meilleure efficacité face à la cloque du pêcher.
Pour ralentir la propagation de la maladie, coupez et brûlez les rameaux les plus infectés. Pensez également à ramasser et à brûler les feuilles tombées prématurément pour éviter qu’elles dispersent davantage le champignon. Les variétés comme la Reine des Vergers ou la Suncrest, montrent une résistance naturelle plus marquée face à cette maladie.
Selon certains jardiniers, suspendre des coquilles d’œuf dans les branches permettrait de traiter la cloque du pêcher. Certains approuvent l’efficacité de cette méthode tandis que d’autres s’y opposent car elle n’est prouvée par aucune étude scientifique.
La moniliose du pêcher

Cause et manifestations
La moniliose est causée par le champignon Monilinia laxa. Celui-ci s’attaque d’abord aux jeunes pousses et aux jeunes fleurs au printemps, puis aux fruits à l’approche de la récolte.
Les rameaux et fleurs infectés brunissent entièrement et se dessèchent sans tomber. Ces dernières restent accrochées à l’arbre comme momifiées. Cela s’accompagne parfois d’écoulements gommeux sur les rameaux.
Sur les pêches elles-mêmes, la maladie provoque l’apparition d’une tache brune qui s’étend rapidement sur tout le fruit. Par temps humide, des cercles gris-beige se forment à leur surface. Par temps sec, les fruits se dessèchent sur l’arbre sans avoir pourri au préalable.
Le champignon hiverne dans les chancres1 de l’écorce et dans les fruits momifiés restés sur l’arbre. Dès que la température dépasse 10 °C avec un taux d’humidité élevé, il se multiplie.
Le vent et les insectes transportent le champignon vers les fleurs ouvertes. Les blessures causées par la grêle et par les tailles sont également des portes d’entrée idéales. La proximité entre les fruits facilite aussi la contamination de proche en proche. Un seul fruit atteint peut contaminer tous ses voisins en quelques jours.
Traitement
Face à la moniliose, le premier geste est de retirer et brûler tous les fruits momifiés restés sur l’arbre pendant l’hiver. Ces momies sont le principal réservoir de champignons pour l’année suivante. Les laisser en place, c’est garantir l’infection.
Songez aussi à retirer les rameaux portant des chancres ou des fleurs brûlées. Protégez votre arbre des insectes nuisibles susceptibles de transporter la moniliose. Évitez de laisser les plaies de taille ouvertes. Il faut toujours les couvrir avec un mastic fongicide.
Pour renforcer l’arbre, le purin d’ortie et le purin de prêle sont d’excellents stimulants immunitaires naturels, à appliquer mensuellement. Un arbre nourri et vigoureux résiste nettement mieux aux attaques fongiques qu’un arbre stressé.
La sharka du pêcher
Il s’agit d’un virus qui est transmis aux pêchers par les piqûres de pucerons et par l’utilisation de matériels de taille ou d’entretien contaminés. La contamination peut également se faire par contact entre les rameaux ou les racines d’un arbre infecté et ceux d’un sujet sain.
Cela provoque la décoloration des feuilles et l’apparition de tâches sur les pêches, faisant baisser leur valeur marchande. Les symptômes se dissipent avec le temps jusqu’à disparaître complètement en été, sous l’effet des fortes chaleurs.
Note de bas de page
- Chancre : maladie des végétaux qui se manifeste par l’apparition de zones abîmées sur les branches, les rameaux ou le tronc. Les tissus touchés se détériorent progressivement, formant des lésions (que l’on appelle aussi chancre) souvent creusées, fendillées ou déformées. ↩︎

