L’amandier (Prunus dulcis) est l’un des arbres fruitiers à noyau les plus beaux et les plus appréciés de nos jardins. Il est vulnérable à un certain nombre de maladies susceptibles d’entraîner son dépérissement, une baisse de rendement voire une baisse de qualité chez les amandes. Dans les cas critiques, l’arbre risque de mourir si vous n’intervenez pas rapidement. Pour ce faire, il convient de connaître les causes et les symptômes de chaque maladie ainsi que les façons d’y remédier.
La moniliose de l’amandier

Cause et manifestations
La moniliose se déclenche lorsque l’arbre est infecté par le champignon Monilinia laxa, qui est également l’un des parasites de l’abricotier et du pêcher. Les fleurs et les fruits en voie de maturité sont les principales victimes de la maladie. Ils se dessèchent et se momifient tout en restant suspendues aux rameaux. Par ailleurs, des chancres1 accompagnés d’écoulements gommeux se forment à différents endroits des rameaux. À terme, ceux-ci finissent par se flétrir.
En été, les chancres et les fruits momifiés servent d’abris au champignon à moins que vous les retiriez et les détruisiez. Celui-ci reste abrité jusqu’au printemps et se multiplie lorsque la température ambiante tourne autour de 10 °C et que l’atmosphère est très humide. Dispersé par le vent, la pluie et les insectes, il est principalement attiré par les plaies.
Moyens de lutte
La meilleure façon d’empêcher les dégâts de la moniliose reste la lutte préventive. Pour cela, il faut privilégier les variétés les plus résistantes aux maladies.
Évitez que les fruits soient endommagés car les blessures sont la principale porte d’entrée du champignon. Retirez systématiquement les amandes momifiées ainsi que les rameaux couverts de chancres et brûlez-les.
Pour neutraliser les champignons présents, appliquez de la bouillie bordelaise à la floraison dès que 10 à 20 % des fleurs sont ouvertes et renouvelez quinze jours plus tard. Si le printemps est pluvieux, une troisième application peut s’avérer nécessaire.
La criblure à coryneum ou maladie criblée de l’amandier

Cause et symptômes
Avec un mode de propagation similaire à celui de la moniliose, cette maladie est attribuée à un champignon appelé Stigmina carpophila. Les symptômes apparaissent d’abord sur les feuilles au printemps, se traduisant par de petits points rouge-pourpre d’environ un millimètre.
Ces taches s’élargissent jusqu’à trois à cinq millimètres, avec un centre gris nécrosé entouré d’une bordure pourpre bien nette. Le centre mort finit par se décrocher et tomber, laissant un trou circulaire dans la feuille.
Un amandier fortement infesté présente des feuilles criblées de trous, d’où le surnom de cette maladie. Des tâches apparaissent également sur les fruits et sur les rameaux. Sur les fruits, elles sont parfois accompagnées d’un écoulement gommeux. Sur les rameaux, elles donnent lieu à des chancres qui, en se multipliant, finissent par interrompre la circulation de la sève.
Comment y remédier ?
La suppression et la destruction des parties infectées par le champignon est la première étape. Pour retirer les rameaux, utilisez un outil de taille stérilisé et prenez soin de le désinfecter entre deux coupes.
Appliquez de la bouillie bordelaise à l’automne après la chute des feuilles, puis au printemps, lors de l’ouverture des bourgeons. Des pulvérisations de décoction de prêle ou de purin d’ortie dilué sont également importantes pour améliorer la résistance de l’arbre face aux maladies.
L’amélioration de l’aération et de l’éclairage en procédant à des tailles est un geste important. En effet, un amandier bien aéré sèche plus vite après la pluie, ce qui réduit le risque de propagation des champignons. Plantez des amandiers plus résistants aux conditions difficiles, comme c’est le cas de l’amandier Princess.
La cloque de l’amandier
Causes et symptômes
Considérée comme une maladie du pêcher, la cloque, qui est d’origine fongique, peut parfois s’attaquer aux amandiers lorsque certaines conditions sont réunies :
- Le début du printemps.
- Une atmosphère fraîche et humide avec une température de l’ordre de 15 °C.
- Des pluies fréquentes.
- Les bourgeons qui commencent à peine de s’ouvrir.
Les sujets infectés ont les feuilles qui se déforment dès leur formation, présentent des bosses et prennent une teinte verdâtre-jaunâtre qui vire au rouge-violet et finissent par tomber prématurément.
La meilleure stratégie à adopter face à la cloque est la prévention. Appliquez un traitement préventif à base de cuivre (bouillie bordelaise, oxychlorure de cuivre ou hydroxyde de cuivre) deux fois dans l’année.
Une première vaporisation à l’automne, après la chute des feuilles, et une seconde au début du printemps, juste avant le gonflement des bourgeons.
Complétez cette opération avec des apports réguliers de compost ou de fumier à l’automne pour renforcer la robustesse de l’arbre. En cas de contamination, retirez les parties atteintes dès les premiers symptômes avant l’application d’un traitement à base de cuivre.
Autres maladies de l’amandier à connaître

La tavelure
Déclenchée par un champignon appelé Venturia carpophila, la tavelure se déclenche au début des printemps humides et à la fin de l’automne. Ses symptômes incluent des taches olive à brun-vert sur les feuilles. En cas d’atteinte grave, les fleurs et les fruits se dessèchent et tombent prématurément.
Le chancre
Les plaies de taille mal protégées, les fissures dues au gel et les égratignures d’outils favorisent la contamination de l’arbre par un champignon. Celui-ci provoque la formation de creux sur différentes parties de l’écorce qui se renfle et se fissure.
On constate un suintement de gomme ambrée sur les zones atteintes. Il s’agit de la gommose, qui n’est autre qu’une réaction naturelle de l’arbre qui tente de barrer la route aux éléments pathogènes.
Note de bas de page
- Chancre : lésions apparaissant sur l’écorce du tronc et des branches, creusant, fendillant ou déformant sa surface. ↩︎

