Comment soigner un bouleau malade

Bouleau malade

Les maladies du bouleau sont souvent dues à des parasites ou à des attaques de champignons. Les signes varient en fonction de la menace et sont parfois accompagnés d’un dépérissement qui progresse de la cime vers le bas. Sans remède adéquat, l’arbre peut succomber au bout de quelques saisons. Pour cela, il est crucial de connaître les symptômes propres à chaque maladie ainsi que les traitements.

Les parasites du bouleau

L’agrile du bouleau

Agrile

L’agrile du bouleau (Agrilus anxius) est le principal ennemi des bouleaux. Il est distinct de l’agrile du frêne (Agrilus planipennis), même si les deux insectes ont le même mode de fonctionnement. Particulièrement actives au mois de juin, les femelles pondent leurs œufs dans les fissures de l’écorce. À l’éclosion, ces œufs libèrent des larves qui s’enfoncent immédiatement sous l’écorce.

Les larves creusent des galeries sinueuses en zigzag dans le cambium, la couche vivante juste sous l’écorce. Elles endommagent ainsi les vaisseaux acheminant l’eau et les nutriments depuis les racines jusqu’aux branches et aux feuilles.

L’agrile du bouleau cible en particulier les espèces exotiques (comme le bouleau gris et le bouleau à papier) et les espèces indigènes telles que le bouleau blanc d’Europe.

Comment identifier un sujet infesté par l’agrile ?

Les premiers signes visibles sont un dépérissement progressif de la cime. Les feuilles du sommet deviennent plus petites, se décolorent et tombent prématurément, laissant un feuillage de plus en plus clairsemée.

En observant attentivement l’écorce des arbres touchés, vous remarquerez de petits trous de sortie en demi-lune. Les zones de l’écorce qui cachent les galeries en dessous ont tendance à être renflées.

Les bouleaux âgés ou se trouvant en situation de stress (pouvant être dû à des conditions climatiques défavorables ou à un sol mal drainé ou présentant une carence en nutriments essentiels) sont les principales victimes.

En effet, les mécanismes de défense de tels arbres sont fragilisés, ce qui permet à l’agrile de creuser plus facilement des galeries à travers le bois. En forte population, les agriles peuvent anéantir un bouleau au bout de deux à trois ans.

Comment y remédier ?

Il existe des traitements professionnels par injection de produits homologués dans le tronc. Mais ces produits sont coûteux et ne fonctionnent que si l’arbre est encore suffisamment vigoureux pour faire circuler le produit.

Sur un bouleau dont plus de 50 % de la couronne (ensemble des branches) a dépéri, l’abattage est généralement la décision la plus responsable. Les branches abattues doivent être brûlées ou évacuées hors de la zone, et ne doivent jamais être laissées sur place. Les larves continuent leur développement dans le bois mort et les adultes en émergent ensuite pour contaminer les arbres voisins.

La meilleure arme contre l’agrile reste la prévention. Dans un premier temps, privilégiez des variétés tolérantes aux insectes comme c’est le cas du bouleau noir (betula nigra). Maintenez votre arbre en état de vigueur maximal:

  • En le plantant dans un sol aéré.
  • En l’arrosant généreusement pendant les étés secs, surtout dans les six premières années après la plantation
  • En maintenant un paillage épais de 10 centimètres au pied pour conserver l’humidité et la fraîcheur racinaire pendant les étés caniculaires.
  • En évitant les blessures du tronc lors des travaux de jardinage.

Autres insectes ravageurs du bouleau

Les bouleaux sont la cible de plus de 140 insectes ravageurs, les plus courants étant :

  • L’acarien des bourgeons : de son nom scientifique, Acalitus rudis, il s’agit d’un insecte qui empêche l’ouverture des bourgeons.
  • Les pucerons qui aspirent la sève des parties les plus tendres et rejettent l’excédent sous forme de miellat sur le feuillage. La fumagine (champignon se présentant sous forme de suie noirâtre) se développe sur le miellat, empêchant les feuilles de recevoir suffisamment de lumière.
  • La cochenille de San José (Quadraspidiotus perniciosus) qui rejette une salive toxique provoquant la mort des parties touchées.
  • La punaise des chatons (Kleidocerus resedae).
  • Le cigarier du bouleau qui pond des œufs dans les nervures des feuilles, occasionnant la déformation de ces dernières.
  • Le charançon des osiers qui pond des œufs dans les tiges des jeunes bouleaux.
  • Le charançon mineur…

Les maladies du bouleau liées à des champignons

Le pourridié

Pourridié de bouleau

Également connu sous l’appellation d’armillaire, cette maladie est due à un champignon du sol qui se nourrit du bois mort. Ce champignon contamine les arbres dont les racines sont endommagées ou asphyxiées par un sol trop lourd. Il détruit progressivement le système racinaire avant de s’attaquer au reste de l’arbre.

Les bouleaux infestés par l’agrile sont fortement exposés aux champignons de l’armillaire. Et l’association de ces deux problèmes s’achève inexorablement par sa mort. Les arbres infectés par le pourridié cessent de se développer. Ils perdent abondamment leurs feuilles avec les rameaux qui se dessèchent. Dans certains cas, l’arbre peut dégager une odeur de pourriture.

La rouille du bouleau

La rouille du bouleau est causée par le champignon Melampsoridium betulinum. Elle se manifeste en été par de petites pustules poudreuses orangées à jaune vif sur la face inférieure des feuilles. Ce phénomène s’accompagne d’un jaunissement de la face supérieure.

Les pertes de feuillage liées à la rouille affaiblissent l’arbre mais ne le tuent pas directement. Pour y remédier, commencez par ratisser et brûler les feuilles tombées sur le sol à l’automne. Procédez ensuite à une pulvérisation de bouillie bordelaise au moment de l’éclosion des bourgeons au printemps pour empêcher de nouvelles infections.

Les champignons du tronc

Sur les vieux bouleaux ou ceux ayant subi des blessures importantes, des champignons s’installent dans le bois et le dégradent lentement. Cela empêche la sève d’atteindre les branches qui se fragilisent mécaniquement. Cela augmente considérablement le risque de casse par le vent, ce qui peut occasionner des accidents.

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