Châtaignier malade : chancre, maladie de l’encre, cynips et solutions de traitement

Châtaignier malade

Entre aléas climatiques et attaques de ravageurs, le châtaignier (en particulier l’espèce européenne, appelée Castanea sativa) est exposé à différentes menaces. En fonction du degré de gravité de la menace, cet arbre peut prendre une apparence disgracieuse ou se mettre à dépérir. À chaque problème du châtaignier correspondent des symptômes spécifiques auxquels il faut prêter attention pour déterminer le traitement approprié.

La maladie de l’encre

Maladie de l'encre sur châtaignier

Quelle en est la cause ?

Cette maladie est attribuée au réchauffement climatique. Les fortes chaleurs dans certaines régions favorisent la multiplication de deux espèces de champignons qui se développent dans le sol : Phytophthora cinnamomi et cambivora. Ces champignons contaminent les racines de l’arbre, les empêchant d’absorber l’eau et les nutriments se trouvant dans le sol.

Symptômes

En cas d’infection sévère, du tanin (liquide épais de couleur noirâtre) coule à différents endroits le long de l’écorce. Ces écoulements ressemblent à de l’encre de stylo, d’où l’appellation de la maladie de l’encre. L’infection évolue rapidement et peut causer la mort du châtaignier en peu de temps.

Depuis 1986, l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) étudie cette maladie sans parvenir à mettre au point un traitement.

Solution

L’unique solution face à cette maladie est de solliciter un professionnel pour l’abattage de l’arbre. En prévention, privilégiez des châtaigniers greffés sur des porte-greffes résistants au chancre.

Le chancre du châtaignier

Causes

Cette maladie est provoquée par des champignons aériens (Cryphonectria parasitica et Eudothia parasitica) qui s’attaquent à l’écorce du châtaignier.

Ces champignons peuvent être projetés d’arbre en arbre par les éclaboussures de la pluie. Les opérations de taille ou de greffage avec des outils contaminés participent également à la propagation du chancre. Les champignons finissent par asphyxier l’écorce en obstruant les canaux responsables du transport de la sève.

Comment reconnaître le chancre du châtaignier ?

Cela entraîne l’apparition de petits points rouges (sur l’écorce) qui sont en réalité des concentrations de cellules reproductrices des champignons. On constate le dessèchement des branches et une perte abondante de feuilles.

Comment traiter le chancre du châtaignier ?

Le chancre se traite avec des souches hypovirulentes ou par un curetage.

Le traitement par des souches hypovirulentes consiste à appliquer une version moins agressive du champignon sur les parties infectées. Cela incite l’arbre à mettre en place une barrière qui annihile l’agressivité du champignon et l’empêche de progresser.

Quant au curetage, il consiste à enlever le champignon sur les parties infectées de l’écorce et à appliquer un produit phytosanitaire dessus.

La fersa

Maladie de fersa sur châtaignier

La fersa est attribuée au champignon Mycosphaerella maculiformis, qui provoque des taches irrégulières brun foncé sur les feuilles. Il s’ensuit le jaunissement des feuilles et la chute précoce de ces dernières dès la fin de l’été.

Cela diminue la vitalité et le rendement du châtaignier en fruits, l’année suivante. La fersa se développe surtout par temps humide.

Pour prévenir sa venue, utilisez de la bouillie bordelaise en préventif pour empêcher les champignons de se multiplier et de se développer. Assurez à votre arbre une bonne aération et un éclairage optimal grâce à des tailles régulières.

Les parasites du châtaignier

Le cynips du châtaignier (Dryocosmus kkuriplilus)

Venu de Chine, il s’agit d’une petite guêpe d’un millimètre à peine. Cette espèce est uniquement constituée de femelles qui pondent des œufs dans les bourgeons de l’année :

  • Une femelle pond entre 100 et 200 œufs qui provoquent des galles1 sur les branches du châtaignier. Une galle contient entre quatre et cinq œufs.
  • Les galles sont de couleur verte ou rouge selon le type de châtaignier. Sur les variétés comme le châtaignier Marsol (un hybride créé par l’INRA dans les années 60) ou le Mollisima, elles sont de couleur rouge. En cas d’attaque sévère, les arbres attaqués voient leur feuillage diminuer de plus en plus.

La diminution du feuillage entraîne une baisse de photosynthèse, ce qui provoque un affaiblissement progressif de l’arbre qui finit par mourir.

Il n’existe aucun traitement phytosanitaire capable de venir à bout des cynips. En revanche, il existe des variétés de châtaigniers qui résistent plus longtemps à ce parasite.

Il est possible de réduire les populations de cynips sur les arbres attaqués en lâchant sur ceux-ci des Torymus provenant de Chine (les Torymus locaux étant inefficaces contre le cynips). Les Torymus sont des auxiliaires qui dévorent les larves de cynips, aidant à réduire sensiblement leur population.

  • Dès que vous soupçonnez un cas de cynips sur votre châtaignier, il faut le déclarer à la DRAF (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) de votre région.
  • Une fois qu’il est informé, l’organisme prélève des échantillons et les analyse pour déterminer s’il s’agit réellement de cynips. Si la menace est confirmée, il établit une zone de confinement de cinq kilomètres autour de laquelle les échanges de végétaux sont interdits.
  • Un second espace de confinement de 15 kilomètres est ensuite établi. Tout échange de végétaux dans cette seconde zone est d’abord soumis à l’approbation de la DRAF.

La tordeuse des fruits (Pammene fasciana)

Également appelé Tortrix des fruits, ce parasite est un petit papillon dont les chenilles représentent la véritable menace. Après que la femelle a pondu ses œufs sur les bogues encore vertes, les larves (de couleur rougeâtre) creusent des galeries à travers les fruits. Elles s’attaquent à toutes les châtaignes d’une même bogue d’un seul coup. Elles laissent des excréments visibles à l’extérieur.

Une bogue brunâtre qui tombe prématurément est souvent le signe d’une attaque de tortrix. La solution est de piéger les mâles grâce à des pièges à phéromones afin d’empêcher de nouvelles reproductions.

Le balanin (Curculio elephas)

Il s’agit d’un insecte (plus précisément un charançon) dont la femelle perfore la bogue des châtaignes. Cela lui permet d’introduire directement ses œufs dans la châtaigne. La larve, de couleur blanche, se nourrit du fruit de l’intérieur, puis sort par un petit trou rond et s’enfouit dans le sol pour hiverner. Les fruits attaqués deviennent alors impropres à la consommation.

Note de bas de page

  1. Galle : excroissance qui se forme sur une feuille, une tige, une racine ou un bourgeon à la suite d’une réaction de la plante à la présence d’un organisme vivant, comme un insecte, un acarien, un champignon, une bactérie ou un autre parasite. Cette déformation modifie localement la croissance des tissus végétaux et crée une structure dont la forme, la taille et la couleur varient selon l’espèce concernée. Les galles servent souvent de lieu de développement ou de protection pour l’organisme qui en est à l’origine. ↩︎
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