Le saule pleureur (Salix babylonica) est l’un des arbres ornementaux les plus fascinants de nos jardins. Facile à planter et à entretenir, il est aussi l’un des arbres dont l’état de santé peut se dégrader le plus rapidement. Son bois tendre et sa croissance rapide en font une cible de choix pour différents champignons, bactéries et insectes.
Les parasites du saule pleureur
Les pucerons

Différentes espèces de pucerons s’attaquent aux saules pleureurs, l’espèce la plus dangereuse étant celle des pucerons géants du saule (Tuberolachnus salignus). Reconnaissables à leur couleur grise, ces derniers forment de longues colonies autour des jeunes pousses et aux extrémités des rameaux.
Le puceron du saule s’active au printemps et s’attaque aux jeunes pousses pour aspirer leur sève. Celles-ci étant bien tendres, elles sont plus faciles à piquer. Les feuilles attaquées par les pucerons s’enroulent sur elles-mêmes. Une attaque massive peut ralentir la croissance des jeunes plants.
En présence des pucerons, les fourmis aussi envahissent l’arbre. En réalité, ces dernières courent après le miellat, le liquide que les pucerons excrètent après avoir aspiré la sève.
Le miellat a un goût sucré, raison pour laquelle les fourmis en raffolent. Il présente un aspect collant. Les résidus restés sur les feuilles attirent des champignons apparaissant sous l’aspect d’une suie noirâtre appelée la fumagine. En soi, celle-ci reste inoffensive, mais le fait qu’elle recouvre les feuilles empêche l’arbre de bien profiter de la lumière. Ce qui empêche la photosynthèse de se faire normalement.
Sans un traitement adéquat, un saule qui est sérieusement infesté de pucerons peut s’affaiblir et devenir vulnérable à différentes maladies.
Remèdes contre les pucerons du saule pleureur
En cas d’attaque légère à modérée, procédez à des jets d’eau puissant en ciblant les extrémités des branches. Cela permet de déloger les colonies sans aucun produit. Répétez l’opération trois jours de suite le matin.
Face aux infestations sérieuses, préparez une solution à base de de savon noir dilué à raison d’une cuillère à soupe par litre d’eau tiède. Vaporisez le feuillage en insistant sur la face inférieure des feuilles et les extrémités des rameaux. Appliquez ce traitement une fois par semaine pendant trois semaines.
Les auxiliaires de jardin comme les coccinelles, les chrysopes et les syrphes sont de remarquables alliés dans la lutte contre les pucerons et autres ravageurs. Mais leur action peut être entravée par les fourmis qui protègent les pucerons pour pouvoir profiter du miellat. C’est pour cela qu’il faut penser à les éloigner en posant une bande de glu autour du tronc.
Les cochenilles

Le saule pleureur peut également être colonisé par des cochenilles qui se fixent sur l’écorce des branches et en aspirent la sève. Elles produisent elles aussi du miellat, favorisant la fumagine. On les distingue à leur aspect qui varie suivant l’espèce :
• Les cochenilles farineuses qui sont sous forme d’amas cotonneux blancs.
• Les cochenilles à bouclier ou à carapace, apparaissant sous forme de petites boules hémisphériques gris-brun.
En cas de faible infestation, vous pouvez retirer les cochenilles manuellement avec un coton ou une brosse douce imbibé d’alcool à 70 °. Pulvérisez ensuite de d’huile de colza diluée à raison de 20 millilitres par litre d’eau pour décourager une nouvelle infestation. L’huile de colza contient un composé dont l’odeur repousse les cochenilles.
Pour vous débarrasser des cochenilles, vous pouvez également utiliser des moyens naturels en faisant intervenir des coccinelles, des chrysopes et des syrphes.
La chrysomèle du saule
Les larves de la chrysomèle sont une réelle menace pour le saule pleureur, les adultes étant inoffensifs. Elles dévorent le tissu des feuilles, ne laissant que les nervures intactes. Les feuilles attaquées prennent l’aspect d’une dentelle translucide ou d’une passoire.
Les larves jaunâtres ou brun-vert sont visibles sur la face inférieure des feuilles, souvent en groupes. Les feuilles atteintes sèchent et tombent prématurément. Une attaque répétée sur plusieurs années consécutives épuise les réserves de l’arbre et le fragilise face aux maladies fongiques et bactériennes.
Solutions
Sur les jeunes arbres ou les sujets de taille modérée, la première étape est de débarrasser manuellement l’arbre des larves visibles. Pour les sujets de grande taille, une pulvérisation de pyréthrine naturelle (insecticide biologique extrait du chrysanthème et autorisé en jardinage bio) appliquée au coucher du soleil est efficace contre les larves.
Des vaporisations d’huile de neem diluée produisent également des résultats remarquables. Ce traitement doit être renouvelé une fois par semaine, et ce pendant un mois.
Les maladies du saule pleureur
Le chancre noir du saule pleureur
Cette maladie se manifeste par l’apparition de zones d’écorce noircies, légèrement en creux sur une branche ou sur le tronc. Ces zones sont entourées d’une ligne noirâtre ou rouge foncé bien nette, qui marque la frontière entre les tissus sains et les tissus morts.
La surface du chancre est parfois luisante. Les branches atteintes à leur base sèchent complètement lorsque le chancre encercle tout leur diamètre. Le bois à l’intérieur des parties infectées présente une teinte brune ou noire.
Le responsable de cette maladie est un champignon appelé Glomerella cingulata. Il s’infiltre dans l’organisme de l’arbre par les blessures non cicatrisées et des fissures sur l’écorce. Les printemps doux et humides, avec des températures entre 15 et 25 °C, sont les conditions les plus favorables à sa propagation. Les jeunes plants y sont particulièrement vulnérables.
L’anthracnose

L’anthracnose du saule pleureur est provoquée par des champignons qui s’activent au printemps. Ils passent l’hiver dans les feuilles mortes laissées au sol et sur les rameaux infectés de l’année précédente.
Au printemps, dès que les températures remontent et que les pluies reprennent, ils se multiplient. Ils se propagent grâce aux éclaboussures de pluie et par le biais du vent et se déposent sur les jeunes feuilles en cours de développement.
Les premiers signes de l’anthracnose apparaissent sur les jeunes feuilles encore tendres. Dans un premier temps, on remarque de petites taches brun clair qui se forment de façon isolée avant de se multiplier. Ces taches s’agrandissent, s’assombrissent jusqu’à devenir brun foncé et présentent un contour irrégulier.
En période humide, de minuscules points noirs apparaissent sur les taches : ce sont les cellules reproductrices des champignons.
Les feuilles les plus touchées tombent prématurément, parfois dès le début de l’été.
La gestion des saules atteints par le chancre noir ou l’anthracnose passe par différentes techniques détaillées dans les maladies du cyprès.

