Hêtre malade : reconnaître les symptômes et appliquer les bons traitements

Champignon lignivores sur hêtre

Avec son écorce lisse et ses feuilles brillantes, le hêtre est l’un des arbres les plus beaux de nos forêts et jardins. Derrière son allure robuste, il est vulnérable face à certaines maladies dont les principales causes sont des champignons et des insectes parasites. Pour pouvoir anticiper ces maladies ou y remédier dès les premiers symptômes, il faut connaître leurs causes et leurs signes distinctifs.

La maladie corticale du hêtre

Maladies de corticale

Également désignée par l’abréviation MCH, cette maladie est sans doute la plus dangereuse pour les hêtres. Elle résulte de l’association entre un tout petit insecte appelé la cochenille du hêtre et un champignon du genre Neonectria.

Invisible à l’œil nu, le premier pique l’arbre à différents endroits pour absorber sa sève. Les piqûres causent des milliers de petites blessures dont profite le second pour infecter les sujets piqués. À mesure que la maladie se développe, l’écorce se fissure de plus en plus, puis le bois se creuse ou forme des bosses à différents endroits.

Un liquide brunâtre peut suinter du tronc, comme si l’arbre pleurait. Dans les cas d’atteinte sévère, le feuillage devient de plus en plus clairsemé et jaunit prématurément. Les feuilles restent parfois accrochées à l’arbre.

Causes profondes de la maladie corticale du hêtre

Certains hêtres résistent mieux à la maladie corticale que d’autres en raison de leur alimentation. La nutrition du hêtre participe à plus de 50 % à sa vulnérabilité. Un arbre dont l’alimentation est plus riche en azote qu’en phosphore a de fortes chances de développer des maladies. Le surplus d’azote peut venir de la pollution de l’air.

Un apport en manganèse (Mn) supérieur aux apports en zinc (Mn) peut favoriser le développement de la maladie corticale du hêtre. En effet, un bon rapport zinc (Zn)/manganèse (Mn) aide l’arbre à mieux se défendre face aux maladies. Les sols mal drainés ou souvent inondés ont tendance à libérer plus de manganèse, ce qui cause un déséquilibre chez l’arbre.

Un faible rapport de magnésium par rapport au potassium participe également à la vulnérabilité des hêtres. C’est le contraire qui est une bonne nouvelle car cela leur permet de renforcer leur défense naturelle.

Le déséquilibre nutritionnel est la conséquence de l’acidification du sol causée par les pluies acides. Ces dernières changent toute la structure du sol, empêchant les arbres de bien absorber la nourriture. Un mauvais drainage du sol est également une cause de stress chez le hêtre. Ces déséquilibres affaiblissent l’arbre de l’intérieur, l’empêchant de se défendre efficacement face aux agressions extérieures.

Traitements

Sur un petit arbre, il est possible de nettoyer mécaniquement les colonies de cochenilles avec une brosse douce et de l’eau savonneuse (utilisez du savon noir ou de Marseille). Sur les grands arbres, la situation est plus complexe. L’élagage des branches les plus touchées peut aider à ralentir la propagation de la maladie.

Mais si l’arbre est très atteint, l’abattage devient inévitable, notamment pour des raisons de sécurité. En effet, la maladie corticale fragilise les branches du hêtre qui peuvent se casser subitement sous l’effet du vent.

La pourriture du champignons lignivores

Champignon lignivores sur hêtre

Attirés par le bois, les champignons dits lignivores s’installent sur le bois humide. Ils s’attaquent à la base du tronc ou aux racines d’un hêtre affaibli. Ils dévorent le bois de l’intérieur et le transforment peu à peu en une masse spongieuse très fragile. Les sujets infectés ont leurs branches majeures qui peuvent se briser et tomber à tout moment.

Face aux champignons lignivores du hêtre, il n’existe pas de traitement. Trois solutions sont envisageables : conserver l’arbre et lui fournir un soutien adéquat ou l’abattre avant qu’il ne tombe. La décision finale doit être prise avec l’assistance d’un professionnel.

L’anthracnose

Causes et symptômes

L’anthracnose est causée par un champignon qui s’attaque aux feuilles du hêtre lors des printemps froids et pluvieux. Des taches brunes à noirâtres apparaissent sur les feuilles infectées. Elles peuvent s’agrandir jusqu’à couvrir une grande surface de la feuille.

Les feuilles atteintes jaunissent autour des taches, puis tombent prématurément. Sur un hêtre adulte bien établi, l’anthracnose est rarement mortelle. En revanche, sur les jeunes plants ou un arbre déjà affaibli, cette maladie peut provoquer une défoliation importante qui fragilise fortement l’arbre.

Solutions et prévention

La bouillie bordelaise (une solution à base de cuivre et de chaux) est le traitement de référence contre l’anthracnose. Elle agit en empêchant la multiplication des champignons.

Cette solution s’applique en pulvérisation sur le feuillage au printemps, dès l’apparition des premières feuilles. Vous pouvez renouveler l’application après de fortes pluies.

En prévention, ratisser soigneusement les feuilles mortes autour du hêtre à l’automne. Ces feuilles abritent souvent les cellules reproductrices du champignon qui pourraient accroître l’infection de l’année suivante. Les brûler dans un coin isolé du jardin arrête ce cycle de contamination.

Le puceron lanigère du hêtre

Puceron lanigère hêtre

Sur une haie de hêtres, il arrive que des taches jaune-brun apparaissent sur les feuilles et que celles-ci s’enroulent légèrement. En les retournant, on découvre parfois de petits filaments blancs cireux collés au feuillage. C’est le signe caractéristique du puceron lanigère du hêtre, qui est un insecte piqueur-suceur. Ce dernier raffole surtout des jeunes plants de hêtre qui peuvent en mourir en cas d’infestation forte et répétée.

Le puceron lanigère est recouvert d’un manteau cireux blanc, ce qui explique son nom car lanigère veut dire qui porte de la laine. Par ailleurs, ce manteau empêche l’action efficace des insecticides classiques. La méthode la plus efficace et la plus naturelle consiste à favoriser la présence d’auxiliaires de jardin comme les larves de chrysopes.

Ces insectes sont des prédateurs naturels du puceron lanigère et permettent de contrôler les populations sans traitement chimique. On les trouve facilement dans le commerce sous forme de larves à installer sur les plantes atteintes.

Articles dans la même thématique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut