Nocifs pour l’homme et pour l’environnement, les pesticides chimiques font de moins en moins l’unanimité. Pour combattre les ravageurs de façon biologique, les amoureux de plantes ont de plus en plus recours à des auxiliaires comme la chrysope. Pour ne pas prendre la chrysope pour un parasite, vous devriez pouvoir l’identifier.
Les chrysopes : comment les reconnaître ?
Comment identifier les sujets adultes ?
La chrysope adulte est un insecte de couleur verte et pourvu d’un corps allongé mesurant entre 10 et 15 millimètres de long. Elle est dotée de deux ailes translucides tirant sur le bleu, le jaune ou le vert et parcourues de nombreuses nervures. Celles-ci dépassent son corps et ont une longueur comprise entre 25 et 28 millimètres.
Ces insectes ont de longues et minces antennes mobiles et des yeux dorés, de forme sphérique. En raison de la couleur de ces derniers, la chrysope est surnommée la mouche aux yeux d’or ou la belle aux yeux d’or.
Comment les reconnaître à l’état de larve ?
Au stade de larves, les chrysopes présentent un corps aplati légèrement plus large au centre avec une longueur comprise entre 2 et 10 millimètres de long. Elles sont incolores, voire transparentes à l’éclosion des œufs. En évoluant, elles prennent une teinte crème tendant vers le brun clair. Elles portent sur le long du dos deux bandes brun foncé
La larve de la chrysope a une tête gris clair à laquelle sont fixés deux crochets appelés des mandibules. Celles-ci lui permettent d’immobiliser et de saisir ses proies. Elle possède des yeux noirs ainsi que des antennes.
Les différentes espèces de chrysopes
Il existe plusieurs variétés de chrysopes, la plus répandue étant la chrysope verte, également connue sous le nom de chrysoperla carnea. Espèce d’élevage par excellence, c’est cette dernière qui est souvent employée pour la lutte biologique contre les parasites.
On distingue également :
- la chrysope perlée (ou chrysopa perla),
- la chrysope pâle (ou chrysopa pollens),
- la chrysope brune ou chrysope marron (encore appelée micromus angulatus) et
- la chrysope noire.
Comment est-ce qu’elles interviennent ?
En réalité, ce sont les larves de la chrysope qui sont employées comme moyen de lutte biologique contre différents insectes et acariens. Elles raffolent des pucerons, ce qui leur vaut le surnom de “lions aux pucerons”. Elles se nourrissent également des cochenilles, des araignées rouges, des thrips, les aleurodes et d’autres ravageurs qui nuisent aux plantes.
Les chrysopes adultes, quant à elles, raffolent essentiellement du nectar et du pollen des fleurs. Elles aiment aussi le miellat, un liquide sucré que les pucerons et les cochenilles rejettent après avoir sucé la sève des plantes. Mais elles n’en demeurent pas moins de précieuses alliées au jardin car elles participent d’une part à la pollinisation des fleurs et d’autre part, elles pondent les œufs dont émerge une nouvelle population de larves, contribuant ainsi à l’anéantissement des ravageurs.
Les chrysopes pondent des œufs au début du printemps en les dispersant de part et d’autre de la plante ou en formant de petits groupes par endroit. Pour protéger les œufs des prédateurs et éviter que les larves se dévorent entre elles, la chrysope les suspend à de minces tiges.
Quel est le moment idéal pour introduire les chrysopes dans ses plantes ?

Le printemps est la période idéale pour introduire les larves de chrysope dans vos plantes. En effet, celles-ci survivent dans les atmosphères sèches avec une température comprise entre 15 et 25 °. Elles ont horreur de la pluie et des chaleurs extrêmes. Lorsqu’elles sont placées dans des conditions humides ou de forte température, leur efficacité diminue. Dispersez-les tôt dans la matinée ou dans la soirée, près des colonies de parasites.
Avant d’atteindre l’âge adulte, une larve peut, à elle seule, dévorer jusqu’à 500 parasites. À l’aide de ses mandibules, elle injecte dans le corps de ses proies une substance paralysante, empêchant celles-ci de bouger. La même substance réduit les tissus internes des victimes en un liquide dont raffolent les larves de la chrysope.
Combien de larves faut-il pour un résultat efficace ?
Le nombre de larves nécessaire dépend de la surface que vous souhaitez protéger et du degré d’invasion auquel vous êtes confronté. Au jardin, prévoyez une centaine d’individus pour une superficie comprise entre 5 et 10 mètres carrés.
Pour la protection des carrés potagers et des massifs, introduisez 10 à 25 larves par mètre carré. Les arbustes comme le rosier et le lilas ont besoin d’une dizaine, voire d’une quinzaine de spécimens pour être débarrassés des parasites.
Pour anéantir les ravageurs des plantes en pot, trois à cinq larves peuvent suffire. Quant aux plantes en bac ou en jardinière, elles ont besoin de 5 à 10 de ces auxiliaires.
Quelques précautions indispensables
Toutes les deux à trois semaines, renouvelez l’opération jusqu’à ce que vous soyez définitivement débarrassé des ravageurs. Pour une meilleure efficacité dans un potager ou une serre, pensez à alterner la chrysope avec d’autres auxiliaires antiparasites comme la coccinelle ou le syrphe1.
Pour optimiser l’efficacité des chrysopes, il est important de prendre un certain nombre de précautions. Pensez à vous débarrasser des fourmis. Sans quoi, celles-ci risquent de s’interposer et de protéger les pucerons et les cochenilles pour continuer à bénéficier du miellat. Cessez l’emploi des pesticides car ceux-ci sont susceptibles d’anéantir les chrysopes.
Note de bas de page
- Syrphe : insecte reconnaissable par son corps souvent rayé et son vol précis, capable de rester immobile dans l’air. À l’état adulte, il se nourrit principalement de nectar et de pollen, jouant un rôle important dans la pollinisation, tandis que ses larves participent à l’équilibre des milieux naturels en se nourrissant de ravageurs, notamment sur les plantes. ↩︎

