Marronnier malade : mineuse, chancre et maladies du tronc, symptômes et traitements

Marronnier malade

Quand le marronnier dépérit ou qu’il prend des tons d’automne au cœur de l’été, c’est souvent le signe qu’il est mal en point. Pour lui venir en aide et le traiter de façon efficace, il faut d’abord comprendre ce qu’il lui arrive. Si les symptômes de certaines maladies se ressemblent, celles-ci présentent également des signes distinctifs auxquels il faut prêter attention.

La mineuse du marronnier

Mineuse de marronnier

Dégâts occasionnés

Les mineuses sont de petits papillons qui s’activent à partir du mois d’avril et pondent sur les feuilles du marronnier. Les œufs se transforment en petites chenilles qui creusent des galeries dans l’épaisseur des feuilles. Ces dernières présentent alors un aspect miné, d’où le nom du parasite. Les galeries sont de couleur brun ou roux. Elles réduisent la photosynthèse.

Le feuillage affecté devient gris et tombe de manière prématurée. Plus la perte en feuille augmente, moins la photosynthèse se fait, plus votre marronnier va mal.

Les marronniers à fleurs blanches sont les plus susceptibles d’être attaqués par les mineuses. Le marronnier à fleurs roses attire moins ce parasite. La mineuse du marronnier se répartit en trois générations se propageant de mi-avril à la fin de l’été :

  • La première génération s’active à mi-avril.
  • La deuxième génération se déploie à partir de mi-juillet.
  • La troisième qui se propage vers fin août.

Traitement de la mineuse du marronnier

La lutte contre la mineuse du marronnier est essentiellement préventive et consiste à :

  • Ratisser et ramasser toutes les feuilles tombées sur le sol à l’automne et en été. Il faut les détruire ou bien les broyer avant de les ajouter à votre compost. En effet, ces feuilles sont souvent porteuses de chrysalides (stade intermédiaire en l’état de larve et le papillon adulte) qui vont se transformer en papillons qui donneront naissance à de nouvelles générations de mineuses.
  • Mettre en place des pièges à phéromone1. Le fonctionnement de ces derniers est de créer la confusion sexuelle chez les mâles en faisant croire à la présence d’une femelle. Les papillons qui tombent dans le piège se noient, ce qui contribue à réduire drastiquement les populations de mineuse.

Le nombre de pièges à phéromone nécessaires dépendra de la taille de votre arbre. Un à deux pièges à phéromone suffisent pour la protection d’un marronnier de taille moyenne. Vous pouvez installer trois à quatre pièges dans les arbres de grande taille.

La maladie du tronc du marronnier

Le tronc du marronnier peut être touché par différentes maladies parfois provoquées par des champignons ou par des bactéries. Il peut s’agir de maladies fongiques comme la gommose et la pourriture interne du bois ou de maladies comme le chancre bactérien.

La gommose

La gommose se manifeste par un écoulement de résine transparente, jaunâtre ou dorée, qui suinte du tronc ou des grosses branches. La principale cause est un champignon du genre “Phytophthora”. Cette maladie peut également survenir à cause d’une blessure mal cicatrisée, d’un manque ou d’un excès d’eau ou une fertilisation excessive.

La gommose n’est pas toujours mortelle, mais elle signale que l’arbre est en difficulté et qu’il faut intervenir. Si elle est due à un champignon, grattez délicatement les parties atteintes jusqu’à atteindre le bois sain. Utilisez des outils propres et désinfectés pour le grattage. Toutefois, évitez de retirer la gomme qui, en réalité, protège les plaies. Couvrez les blessures dues au grattage avec du mastic cicatrisant pour éviter une nouvelle infection.

En cas d’infection grave, supprimez les branches les plus affectées. Appliquez de la bouillie bordelaise pour anéantir les cellules reproductrices de champignons. Procédez à deux applications, une en automne à la chute des feuilles et une autre au printemps avant  que les bourgeons sortent.

La pourriture interne du bois

Cette maladie s’attaque principalement aux vieux marronniers et ceux qui ont subi des blessures importantes non protégées. Elle est provoquée par des champignons qui infectent le bois du tronc et le décomposent de l’intérieur.

Le bois devient alors creux, spongieux et friable. Ce creux interne ne tue pas immédiatement l’arbre si l’écorce vivante est intacte. Mais il le fragilise mécaniquement et le rend dangereux en cas de vent fort. La gestion de cette maladie nécessite l’intervention d’un arboriste certifié.

Le chancre bactérien

Chancre bactérien sur Marronnier

Cette maladie est causée par “Pseudomonas syringae pathovar aesculi”, une bactérie qui s’installe dans le tronc et des grosses branches et les détruit progressivement de l’intérieur. Chez les sujets infectés, le tronc ou les branches principales se mettent à suinter.

Des gouttes d’un liquide collant, de couleur rouille, presque noir, coulent de petites zones d’écorce abîmée. C’est comme si l’arbre saignait. Pour cette raison, on parle également de la maladie du saignement du marronnier.

L’écorce autour de ces zones suintantes se craquelle, se renfle ou s’enfonce légèrement. Si on gratte cette écorce abîmée avec un couteau, le bois en dessous est brun foncé ou noir. C’est le signe que les tissus vivants qui transportent l’eau et les nutriments sont déjà morts.

Dans les cas graves, la cime de l’arbre commence à se dégarnir. Les nouvelles feuilles deviennent plus petites et plus pâles à mesure que la maladie s’aggrave. Les branches du haut sèchent les unes après les autres. Un marronnier adulte en bonne santé peut mourir en quelques années si rien n’est fait.

Pour venir à bout du chancre suintant du marronnier, il faut intervenir dès les premiers symptômes. Supprimez les parties infectées jusqu’à remonter dans le bois sain, puis appliquez du mastic cicatrisant sur les plaies pour éviter qu’elles s’infectent à nouveau.

Note de bas de page

  1. Phéromone : substance chimique produite par un organisme et libérée dans son environnement, qui déclenche une réaction spécifique chez d’autres individus de la même espèce. Elle intervient dans des processus comme la reproduction, l’alerte ou l’organisation des comportements collectifs. ↩︎
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