Plus qu’une plante décorative, le romarin est un compagnon de choix quand on fait la cuisine. De plus, il renferme une multitude de vertus médicinales. Dans les milieux où la culture en pleine terre se révèle compliquée, il est possible de le planter en pot. Pour réussir la culture du romarin, il suffit de le planter suivant les règles de l’art et de bien l’entretenir.
Faire pousser le romarin grâce au semis
Les graines de romarin se sèment au printemps (après les gelées printanières) ou en été. Cela nécessite une caissette de semis ou un godet avec un substrat suffisamment drainant, par exemple du terreau spécial semis.
Enfoncez les graines à une profondeur maximale de 5 millimètres tout en les espaçant de 2 cm. Placez les semis dans un endroit baigné par la lumière du soleil et chaud avec une température allant de 18 °C à 25 °C.
Vaporisez régulièrement le substrat pour maintenir une humidité modérée autour des graines et pour les aider à démarrer. Les graines sortent de terre au bout de 15 à 30 jours en fonction des conditions de culture.
Lorsque les pousses atteignent 3 ou 4 centimètres de hauteur, repiquez les plus robustes d’entre elles dans des pots d’au moins 10 centimètres de diamètres. Pendant les beaux jours, il est également possible de repiquer vos romarins en pleine terre avec des légumes et d’autres plantes aromatiques.
Le substrat idéal pour repiquer ou rempoter un romarin
Un substrat pauvre en apports nutritifs de type neutre ou renfermant une faible concentration en acidité convient au romarin. Le plus important est que le sol soit suffisamment drainant. Pour cela, il convient de mélanger à parts égales de la terre de jardin et du sable grossier (ou du sable de rivière).
Le romarin en pot n’apprécie pas les sols boueux ou argileux à cause de leur tendance à retenir l’humidité. Cela attire des champignons qui s’attaquent au système racinaire et le détruisent.
Afin de protéger les racines de l’humidité stagnante, évitez qu’elles touchent le fond du pot. Pour cela, disposez-y une couche de billes d’argile d’une épaisseur comprise entre 2 et 3 cm.
Le choix du pot idéal
Un contenant percé par le bas reste l’idéal pour la plantation du romarin. L’ouverture qui est appelée trou de drainage empêche que l’eau stagne après les arrosages.
Lors du rempotage, le volume du pot doit légèrement excéder celui de la motte afin que la plante reste concentrée sur la croissance de la partie aérienne. Un contenant trop spacieux l’encouragerait à se consacrer davantage au développement de son système racinaire, ce qui retarderait sa croissance.
Le matériau de fabrication du contenant a aussi son importance. L’idéal est d’utiliser un pot en terre cuite non verni pour permettre au substrat de vite sécher. Les matériaux isolants comme le plastique doivent être évités car ils entravent l’aération optimale du sol. L’humidité stagne alors plus longtemps, ce qui risque de provoquer l’asphyxie racinaire qui peut entraîner de nombreux problèmes.
Entretien du romarin en pot : les soins indispensables

Choisir l’exposition appropriée
À défaut du plein soleil, les romarins apprécient les expositions à mi-ombre à l’abri du vent. Pendant les beaux jours, vous pouvez mettre votre romarin en pot sur votre balcon ou dans votre jardin afin qu’il profite d’un éclairage optimal.
Dans les régions aux hivers froids (avec des températures inférieures à -10 °C), il est important de rentrer cette plante. Afin de la protéger du froid, la meilleure solution est de la déplacer dans une pièce ou une serre sans chauffage. L’endroit doit recevoir la lumière du jour.
Arrosage du romarin en pot
Les romarins s’arrosent de façon modérée, l’important étant de conserver une humidité moyenne dans le sol. Pour leur bien-être, il convient de laisser le substrat sécher entre deux apports d’eau. Après chaque arrosage, pensez à vider l’eau de la soucoupe ou de l’assiette placée en dessous du pot. Cela vise à éviter que l’humidité remonte jusqu’au système racinaire par les trous de drainage.
Lorsque le romarin a trop soif, ses feuilles commencent à flétrir et brunissent par la suite. Ce phénomène peut survenir en période de sécheresse en cas d’apports d’eau insuffisants ou trop espacés.
Tailler le romarin

Pour que la partie aérienne soit toujours verte et attrayante, il est important de la tailler. La taille du romarin vise d’abord à supprimer les tiges mortes ou abîmées. Cela a aussi pour objectif de modeler le port de la plante de sorte qu’il devienne plus compact.
Pour tailler cette plante, attendez que soit passée la période de floraison pour profiter de la beauté et des bienfaits de ses magnifiques fleurs. La taille reste également déconseillée en hiver car la plante aurait des difficultés à repartir après cela.
Pour tailler votre romarin, coupez uniquement les tiges qui sont vertes et tendres. Évitez de sectionner les branches les plus solides car celles-ci risquent de ne pas repousser après être coupées.
Préventions et remèdes face en cas de maladies
Particulièrement résistants aux maladies et aux nuisibles, les romarins peuvent cependant être les victimes de deux formes de champignons : le phytophthora ramorum et l’oïdium.
Le phytophtora ramorum
Le phytophthora ramorum peut contaminer les graines avant qu’elles ne soient plantées. Il peut rester dans le sol durant plusieurs années avant de se manifester. Il cible souvent les racines et le collet (partie du tronc qui se situe juste au-dessus du niveau sol) de la plante.
Lorsqu’il est atteint, le système racinaire se décolore et pourrit. Par conséquent, le romarin ne parvient plus à boire, ni à se nourrir. Sans eau et sans nourriture, la partie aérienne dépérit et la plante meurt. Lorsque cette maladie atteint le collet, celui-ci devient brun ou brun rougeâtre.
Le phytophthora ramorum peut atteindre votre plante en contaminant le terreau et les débris végétaux utilisés pour amender le sol. Appréciant l’humidité, il peut contaminer l’eau et s’infiltrer dans le sol lors des arrosages. Il se développe rapidement dans les sols non drainés ou présentant une concentration élevée en humidité.
Il se transmet également par voie aérienne lorsque le romarin est placé près d’une plante contaminée. C’est l’une des raisons pour lesquelles vous devez éloigner vos plantes les unes des autres.
L’oïdium
Cette maladie (aussi appelée le blanc) se manifeste par l’apparition d’une coloration blanche sur les feuilles et en dessous d’elles. L’oïdium apparaît lorsque les températures autour de la plante sont élevées pendant la journée et basses pendant les nuits. Elle s’observe surtout au printemps et à l’automne.
En cas d’attaque, la première chose à faire est d’éloigner la plante atteinte des autres plantes pour éviter que celles-ci soient contaminées. Éliminez les feuilles atteintes et pulvérisez votre plante avec un mélange de lait (un fongicide naturel) et d’eau tiède.
Le bicarbonate de soude est aussi un antifongique naturel. Il faut le mélanger avec de l’huile d’olive ou du savon noir pour lui permettre d’adhérer au feuillage. Pour entraver la propagation de cette maladie, n’hésitez pas à employer le neem1 (poudre de neem ou huile de neem mélangée avec de l’eau tiède) qui est aussi un fongicide naturel.
Note de bas de page
- Neem : arbre originaire d’Inde connu pour ses propriétés naturelles exceptionnelles : chaque partie de cet arbre — feuilles, graines, écorce — contient des substances qui agissent comme des agents protecteurs pour les êtres vivants. Il est utilisé depuis des siècles pour soigner, purifier et repousser ce qui est nuisible, aussi bien dans le corps humain que dans l’environnement. Le neem agit comme un système de défense végétal, entièrement issu de la nature. ↩︎

