Le pin est un arbre très robuste et pouvant défier des conditions climatiques difficiles. Qu’il s’agisse du pin sylvestre, du pin maritime, du pin parasol, du pin d’Alep ou du pin nain… chaque variété est dotée d’une grande résistance. Néanmoins, celle-ci n’est pas à toute épreuve et peut faillir face à certaines agressions.
Comment reconnaître un pin malade ?
Les signes les plus courants montrant qu’un pin est malade sont les suivants :
- Des aiguilles qui jaunissent ou brunissent et tombent abondamment ou restent accrochées à l’arbre.
- Des branches qui se dessèchent progressivement, souvent depuis les extrémités vers le centre.
- Des galeries ou des trous qui se creusent dans l’écorce, parfois accompagnés de coulées de résine.
- Une croissance ralentie ou bloquée.
Aiguilles de pin qui brunissent

Le brunissement naturel des aiguilles
Le brunissement et la chute des aiguilles n’est pas toujours un signe de maladie. Comme les arbres feuillus qui perdent leurs feuilles en automne, les pins renouvellent naturellement leurs aiguilles les plus anciennes.
Cette chute est normale si elle ne concerne que les aiguilles proches du tronc et que les nouvelles pousses au bout des branches restent bien vertes. Ce phénomène ne devient alarmant que lorsqu’il affecte également les aiguilles récentes ou quand il s’étend rapidement à tout l’arbre.
Le brunissement lié au manque d’eau
Ce problème touche particulièrement les jeunes pins (plantés depuis moins de deux ans) et les sujets en pot lors des étés caniculaires. Après de longues périodes sans pluie et sans arrosage, les aiguilles jaunissent par les pointes, puis brunissent. L’arbre donne l’impression de se dessécher de l’intérieur.
La solution est d’arroser copieusement mais sans inonder le sol, en vous assurant que l’eau pénètre le sol en profondeur. Un paillage végétal au pied de l’arbre (avec des écorces de pin ou des copeaux de bois) aide à conserver l’humidité du sol entre deux arrosages.
Le rouge cryptogamique des pins
Cette maladie touche particulièrement le pin sylvestre, le pin noir et le pin laricio. Elle est attribuée à un champignon (Lophodermium seditiosum) qui infecte les aiguilles qui viennent de pousser, les jeunes plants étant ses principales cibles. L’infection a lieu au début de l’été, lorsque les conditions sont humides et douces. Le champignon se développe pendant le reste de la saison et pendant l’automne.
Les symptômes apparaissent au printemps suivant, se traduisant par la formation de taches jaune-orangé, puis le brunissement entier des aiguilles de l’année. Sur les aiguilles contaminées, on observe de petits points noirs ovales correspondant aux cellules reproductrices du champignon. Les branches les plus basses de l’arbre sont généralement les premières à être touchées, car elles reçoivent moins d’air et plus d’humidité.
À titre préventif, il convient de ramasser et brûler les aiguilles tombées au sol. Pensez également à appliquer des traitements à base de cuivre comme la bouillie bordelaise. Lors des arrosages, évitez de mouiller le feuillage de votre sapin.
La maladie des taches brunes des pins

Cette maladie est provoquée par un champignon du nom de Lecanosticta acicola et ayant dans son viseur les variétés telles que :
- Le pin noir ou Pinus nigra.
- Le pin de montagne ou Pinus mugo.
- Le pin sylvestre ou Pinus sylvestris.
- Le pin rampant ou Pinus mugo ssp.
Les symptômes caractéristiques de la maladie des taches brunes sont :
- L’apparition de taches brunes circulaires entourées d’un halo jaune sur les aiguilles encore vertes.
- La chute abondante des aiguilles infectées.
Pour limiter les dégâts, il faut tailler les aiguilles atteintes en été. Entre deux coupes, pensez à désinfecter les outils de taille avec de l’alcool à 70 °. Brûlez les déchets de la taille après avoir fini pour éviter une récidive.
Les insectes parasites et ravageurs du pin
La processionnaire du pin
De son appellation scientifique Thaumetopoea pityocampa, la processionnaire du pin est une espèce de papillon qui pond ses œufs sur les aiguilles du pin. Les adultes ne sont pas nuisibles en soi. Les chenilles issues des œufs sont la véritable menace. Vivant en colonies sur les branches, elles s’activent la nuit et dévorent les aiguilles des pins.
Elles peuvent provoquer une défoliation importante, affaiblissant l’arbre sur plusieurs années. De plus, leurs poils urticants peuvent causer de graves réactions allergiques chez les êtres humains, les chiens et les chats. Pour cela, il est déconseillé de les toucher ou de manipuler leurs nids.
Pour éliminer les chenilles processionnaires du pin, les moyens de lutte biologique sont à privilégier. Par exemple, l’utilisation des bactéries insecticides comme le Bacillus thuringiensis. En cas de forte infestation, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel.
Les tétranyques de l’épinette
Ce sont de minuscules araignées de couleur rougeâtre que l’on retrouve majoritairement autour des jeunes rameaux. Ils détruisent les cellules des aiguilles pour pouvoir accéder à la sève et l’aspirer.
Les aiguilles prennent alors un aspect terne, grisâtre ou brun, parsemé de minuscules points jaunes. Pour les éliminer, vous pouvez recourir aux auxiliaires de jardin tels que la chrysope, la coccinelle ou le syrphe ou vous procurer un acaricide respectueux de l’environnement.
Le nématode du pin
De son nom scientifique, Bursaphelenchus xylophilus, le nématode du pin est un ver microscopique d’origine nord-américaine qui s’attaque aux conifères et aux pins en particulier. Pendant longtemps considéré comme une menace extérieure, il a été officiellement détecté pour la première fois en France en novembre 2025, sur des pins maritimes.
Transporté par des insectes, ce parasite pénètre dans l’organisme de l’arbre par des blessures et des fissures. Une fois à l’intérieur, il obstrue les vaisseaux conducteurs de sève, provoquant le jaunissement puis le brunissement rapide des aiguilles. Le nématode peut conduire à la mort des arbres qu’il infecte en quelques semaines seulement.
Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif contre les nématodes du pin. Classée comme danger sanitaire de catégorie 1, il est impératif de signaler toute infection aux organismes compétents. On observe généralement un dépérissement rapide et inexpliqué des pins touchés. Ces vers sévissent particulièrement dans la région des Landes et aux alentours.

