Apprécié pour ses fruits dorés et savoureux, l’abricotier est l’un des arbres fruitiers les plus sensibles aux maladies. Celles sont souvent dues à des champignons ou à des bactéries susceptibles de corrompre les abricots ou d’entraîner une baisse de rendement. Grâce à quelques bonnes pratiques, vous pouvez anticiper ces menaces ou y remédier avant qu’elles s’aggravent. On fait le point sur les maladies de l’abricotier, leurs symptômes respectifs ainsi que les traitements et moyens de prévention appropriés.
La moniliose de l’abricotier

Manifestations
la moniliose est attribuée à un champignon dispersé par le vent et la pluie et qui est appelé Monilia laxa. Celui-ci se développe dans une ambiance chaude (à une température de 20 à 25 °C) et humide.
Les premiers symptômes de la maladie apparaissent au moment de la floraison. Les fleurs brunissent, puis se dessèchent sans tomber de tomber de l’arbre.
Peu après, les rameaux qui portent ces fleurs commencent à mourir à leur tour. On remarque aussi un écoulement de gomme à la base des branches atteintes.
Sur les fruits, la moniliose entraîne des taches brunes molles qui s’étendent rapidement. La surface des abricots se couvre de petits coussinets beiges ou grisâtres, disposés en cercles concentriques. Finalement, le fruit se dessèche et se momifie sur l’arbre, devenant un foyer de contamination pour l’année suivante.
Solution
La lutte contre la moniliose commence dès janvier, avant l’ouverture des bourgeons. Une première pulvérisation de bouillie bordelaise à ce stade permet de neutraliser le champignon et d’empêcher qu’il se multiplie. Continuez le traitement pendant toute la floraison avec de la bouillie bordelaise ou un autre fongicide à base de cuivre.
Ramassez et détruisez systématiquement tous les fruits momifiés encore accrochés aux branches, car ils contiennent des milliers de spores (éléments reproducteurs des champignons). Ne les compostez pas au risque de contaminer d’autres arbres fruitiers. Ne les jetez pas à la poubelle non plus. Le mieux est de les brûler.
Coupez et détruisez également les rameaux desséchés en remontant de 15 à 20 centimètres en dessous de la zone morte. Désinfectez vos outils entre deux coupes.
Si la bouillie bordelaise ne suffit pas, complétez le traitement avec du fenbucozanole. C’est un fongicide du commerce susceptible de neutraliser le champignon même après la contamination.
Contrairement à la bouillie bordelaise qui n’agit qu’en surface, le fenbucozanole est susceptible de pénétrer les tissus végétaux. Il se mélange à la sève pour interrompre l’infection.
La cloque
Symptômes
C’est une maladie fongique qui se traduit par la déformation, le gonflement et l’enroulement des feuilles sur elles-mêmes. Leur surface prend des teintes inhabituelles, entre le rouge, le jaune et le vert blanchâtre. En fin d’évolution, une fine couche poudrée blanchâtre apparaît sur les zones déformées avant que les feuilles ne tombent prématurément.
Solution
La prévention est ici la meilleure stratégie. Le traitement doit être fait avant que la maladie ne se déclare, c’est-à-dire avant le gonflement des bourgeons.
Une application de bouillie bordelaise ou d’un traitement spécifique « cloque du pêcher » au stade bourgeon gonflé est très efficace. Complétez avec une pulvérisation de purin d’ortie pour stimuler les défenses naturelles de l’arbre.
L’apoplexie de l’abricotier

Symptômes
Les organismes responsables de l’apoplexie agit au printemps, entraînant le brunissement soudain du feuillage et le dessèchement des rameaux. Les fruits déjà formés tombent avant maturité. L’arbre entier peut mourir au bout d’une à deux semaines si rien n’est fait.
Malheureusement, une fois l’apoplexie déclarée sur l’ensemble de l’arbre, il est rarement possible d’inverser la situation. Si seulement quelques branches sont touchées, coupez-les immédiatement en remontant largement sous la zone atteinte et désinfectez les plaies.
En prévention, optez pour des variétés réputées plus résistantes et veillez à un arrosage régulier en période de sécheresse, car le stress hydrique affaiblit considérablement l’arbre.
La gommose de l’abricotier
Comment l’identifier ?
La gommose entraîne l’écoulement d’un liquide ambré et collant le long du tronc ou des branches. Ce phénomène est en réalité une réaction de défense de l’arbre face à une agression. Celle-ci peut être d’origine bactérienne (bactéries du genre Pseudomonas), fongique, ou mécanique (blessure, gelée, insecte foreur).
Comment y remédier ?
La première étape du traitement est d’identifier la cause. Si l’écoulement survient après une taille ou un choc, l’arbre tente simplement de cicatriser. Laissez la gomme sécher naturellement, car elle protège la plaie.
Si l’écoulement est abondant, accompagné de fissures dans l’écorce, c’est plus sérieux. Appliquez un mélange d’argile verte et de bouillie bordelaise directement sur les zones atteintes en guise d’onguent protecteur. Renouvelez l’application tous les 3 mois.
En complément, pulvérisez de la bouillie bordelaise sur l’ensemble du tronc une fois par mois. Frotter les plaies avec des feuilles d’oseille est une pratique ancienne qui aide à assainir l’écorce.
La criblure ou maladie criblée
Cause et manifestations
Attribuée au champignon Coryneum beijerinckii, cette maladie cible principalement les arbres fruitiers à noyau (abricotier, pêcher, cerisier, prunier…). Elle provoque la formation de petites taches rougeâtres sur les feuilles. Celles-ci évoluent en taches circulaires plus grandes, avec un centre grisâtre qui se nécrose et tombe. On constate alors que les feuilles sont littéralement criblées de trous.
Sur les fruits, des taches brunes bien délimitées apparaissent et les rendent impropres à la vente ou à la consommation. Sur les rameaux, des chancres1 se forment et constituent des réservoirs d’infection pour les saisons suivantes.

Traitement
Le champignon survit dans les chancres des rameaux et se réactive au printemps avec la pluie. Pour empêcher son redéploiement, appliquez un traitement préventif à base de cuivre comme la bouillie bordelaise.
Ce traitement s’applique en deux temps, une première application à la chute des feuilles, en automne. Puis une seconde à l’ouverture des bourgeons avant la floraison. Une troisième application après la chute des pétales peut être nécessaire en cas de forte pression de la maladie. Éliminez et brûlez les rameaux porteurs de chancres.
Note de bas de page
- Chancre : maladie des végétaux qui se manifeste par l’apparition de zones abîmées sur les branches, les rameaux ou le tronc. Les tissus touchés se détériorent progressivement, formant des lésions souvent creusées, fendillées ou déformées. Cette atteinte perturbe la circulation de la sève et peut entraîner un affaiblissement important de la plante lorsque les parties atteintes ne sont pas traitées ou éliminées. ↩︎

