D’une rusticité allant de -10 à -18 °C selon les variétés, le lilas des Indes (aussi appelé lagerstroemia ou lilas d’été) passe souvent pour un végétal invulnérable. Pourtant, parfois, ses feuilles présentent un aspect peu attrayant. Pouvant être due à une maladie, cette situation peut également traduire un stress. En fonction de la menace, les feuilles du lagerstroemia peuvent se tordre, blanchir, jaunir ou se dessécher brusquement. Pour comprendre ces phénomènes et y remédier, un diagnostic préalable s’impose.
Lilas des Indes présentant des feuilles sèches
Avant toute chose, il convient de rappeler que le lagerstroemia est un arbuste à feuillage caduc. C’est-à-dire que toutes ses feuilles se dessèchent et tombent en hiver, après avoir pris de belles teintes à l’automne.
Ce phénomène tout à fait naturel a lieu chaque année et se produit sans que les feuilles ne présentent de taches ni de déformations. Mais lorsqu’une décoloration ou un dessèchement touche une grande partie du feuillage au printemps ou en été, cela signifie que votre arbuste est mal en point.
Lilas des Indes avec des feuilles blanches et recroquevillées : causes et solutions
L’oïdium du lilas des indes

Lorsque les feuilles se couvrent d’une pellicule blanche à grisâtre, l’oïdium en est probablement la cause. Il s’agit d’une maladie fongique qui compte environ 450 espèces de champignons microscopiques. Ces derniers ne se développent que sur les végétaux vivants, colonisant en peu de temps la surface des feuilles sans pour autant pénétrer les tissus.
En hiver, les cellules reproductrices du champignon hibernent dans les bourgeons dormants et dans les débris de végétaux au sol. Le champignon en profite pour se multiplier et s’attaquer aux jeunes pousses dès le retour du printemps.
L’oïdium se développe par temps chaud et non pluvieux. Il a besoin d’une hygrométrie élevée (souvent supérieure à 70 %) comme c’est parfois le cas au printemps.
Ce sont les importants écarts de température entre les nuits fraîches et les journées chaudes qui favorisent la propagation des champignons. En revanche, la pluie directe sur les feuilles freine leur progression.
Les premiers symptômes de l’oïdium apparaissent sur les jeunes feuilles sous forme de petites taches circulaires d’un blanc grisâtre. Ces feuilles vont alors s’atrophier, ne dépassant généralement pas le tiers de leur taille normale. Et elles ont tendance à tomber de façon prématurée.
Un film blanc à la texture poussiéreuse se forme également sur les tiges des fleurs et empêche leur développement. Cela entraîne la déformation des fleurs et empêche les boutons floraux de s’ouvrir. Dans certains cas, les rameaux infectés présentent une légère décoloration, un peu rougeâtre.
L’oïdium entraîne aussi un retard de croissance de la plante.
La maladie évolue rapidement sur les plantes situées dans un endroit ombragé et humide. En effet, le lilas des Indes apprécie plutôt les endroits dégagés et plein soleil à condition que ce dernier ne soit pas trop agressif.
Comment traiter et prévenir l’oïdium ?

Dès les premiers signes d’atteinte, coupez et brûlez les parties les plus touchées. Vaporisez ensuite du lait écrémé dilué à 10 % de son volume avec de l’eau pour anéantir les cellules reproductrices. Ce traitement se fait par temps doux.
Les fongicides à base de soufre sont aussi une alternative efficace. Ils agissent sous l’effet de la lumière et de la chaleur en dégageant une vapeur qui tue les champignons. Ce traitement s’applique par temps sec, en dehors des heures les plus chaudes de la journée.
En prévention, des vaporisations régulières de purin de prêle ou de purin d’ortie dilué à 5 % au printemps et en été permettront d’augmenter la résistance naturelle du feuillage aux maladies.
Certaines variétés hybrides du lagerstroemia comme le Muskogee, le Natchez ou le Dynamite sont très résistantes à l’oïdium. Il convient de privilégier ces spécimens aux sujets sensibles à cette maladie. Évitez les engrais riches en azote, car trop d’azote risque d’accroître la sensibilité de votre lagerstroemia à l’oïdium.
Lilas des Indes avec des feuilles jaunes
L’excès d’eau ou la sécheresse
Un jaunissement diffus du feuillage au printemps ou en été, accompagné d’un ramollissement des tiges ou d’une perte de vigueur générale peuvent signaler un manque d’eau. Les sujets dont le substrat est constamment détrempé peuvent présenter des symptômes similaires.
Les lagerstroemias en pleine terre tolèrent relativement bien la sécheresse, mais les jeunes sujets et les spécimens en pot y sont bien plus sensibles.
Lors des canicules, le feuillage du lagerstroemia peut brûler et se dessécher si ce dernier est exposé au soleil brûlant. Sensible aux chaleurs extrêmes, cet arbuste perd plus d’eau que ce que peuvent lui fournir ses racines.
L’effet de la sécheresse s’accentue chez les sujets qui ne sont pas suffisamment arrosés. Cela entraîne le brunissement des feuilles, des extrémités vers le centre.
C’est pour cette raison qu’un emplacement approprié pour le lagerstroemia doit lui fournir une ombre partielle. L’idéal est une exposition plein sud ou sud-ouest
Les carences nutritives

Dans un sol pauvre en nutriments ou trop alcalin, le lagerstroemia peut développer différentes formes de chloroses. La forme la plus courante de cette maladie est la chlorose ferrique, qui survient en raison d’une carence en fer assimilable.
Cela entraîne le jaunissement des feuilles, à l’exception des nervures. Pour remédier à cette carence rapidement, procurez-vous du fer chélaté. Selon la formule sélectionnée, vous pouvez directement l’appliquer sur le feuillage ou le diluer dans l’eau d’arrosage.
Si votre terrain est alcalin, vous pouvez acidifier légèrement le sol en réalisant un paillage d’écorces de pin. Parfois, la chlorose peut survenir en raison d’un excès de magnésium (appelé chlorose en doigt de gant), de potassium ou/et d’azote.

