Une mangue bio, fraîchement cueillie, est souvent beaucoup plus savoureuse et plus bénéfique que les mangues du commerce. Cependant, le noyau de la mangue est capricieux et son procédé de germination n’est pas aussi évident que celui de certains arbres fruitiers. Cela nécessite de respecter un certain nombre d’étapes essentielles.
Attendre la période idéale
Le printemps (après que soient passés les gels tardifs) et l’automne sont les deux meilleures périodes pour faire germer un noyau de mangue. Évitez l’hiver et l’été à cause des épisodes de chaleur et de froid pouvant nuire au germe.
Comment faire germer un noyau de mangue ?

La sélection du noyau
Les conditions climatiques en France métropolitaine sont défavorables à la culture de plusieurs types de manguiers. En effet, ces plantes craignent surtout l’hiver et succombent pour la plupart aux épisodes froids avant d’atteindre leur maturité.
Mais cultivées dans les conditions idéales, certaines variétés de manguiers se développent normalement. C’est le cas du manguier Irwin, avec une rusticité de 0 °C. c’est l’espèce la plus fréquente chez les amateurs de jardinage. Souvent cultivé en pot ou en véranda, il se présente sous forme d’un arbre compact.
Prenez une mangue bien mûre et un peu molle. Extrayez le noyau après avoir mangé la pulpe ou après l’avoir retirée à l’aide d’un couteau. Rincez celui-ci à l’eau claire pour enlever tout le jus sucré resté piégé dans les fibres. Laissez le noyau sécher quelques jours pour pouvoir l’ouvrir plus facilement et extraire la graine en forme d’amande qui se trouve à l’intérieur de la coque.
Coupez le haut de la coque pour ne pas l’endommager pendant l’extraction. Pour ouvrir la coque avec plus de précision tout en évitant de vous blesser, l’idéal est de vous munir d’un sécateur.
La germination de l’embryon
Contrairement à certains végétaux, il faut faire germer la graine de la mangue avant de la mettre en terre. Pour cela, vous aurez besoin d’une boite ou d’un bocal transparent et de la mousse de sphaigne. Du coton, une serviette ou du sopalin feront également bien l’affaire.
Dans un premier temps, étalez la sphaigne ou une alternative dans la boite ou le bocal. Humidifiez-la à l’aide d’un vaporisateur puis posez la graine dessus. Recouvrez celui-ci avec une autre couche de sphaigne ou autre que vous prendrez également le soin d’humidifier.
Fermez la boîte en veillant à laisser une toute petite ouverture afin que la graine puisse quand même respirer. L’objectif est de créer des conditions identiques à celles d’une culture sous serre.
Surveillez régulièrement la graine. Si vous utilisez du coton ou une serviette, pensez à les remplacer et à les réhumidifier dès que vous constatez un changement de couleur. La graine commence à germer au bout de 15 jours environ. Le premier germe correspond en réalité à la racine pivotante (la racine principale) de votre futur manguier.
Après la germination…
Lorsque le germe atteint trois à cinq centimètres, vous pouvez planter la graine en veillant à placer la racine dans le bon sens. Choisissez un pot avec plus de profondeur que de largeur car les racines du manguier ont plus tendance à s’enfoncer qu’à se développer en largeur.
En termes de substrat, le manguier exige un sol qui est légèrement acide. Celui-ci doit avoir un pH compris entre six et sept. Assurez-vous également que le substrat est drainant et riche en matières organiques.
Un sol trop lourd ou argileux nécessitera l’ajout de sable grossier, sinon il risque d’asphyxier les racines. Par contre, il ne faut pas ajouter trop de sable, car les sols trop sableux sont également mauvais pour le manguier, car ils ne retiennent presque pas les nutriments et l’humidité.
Après que le germe est mis en terre, les premières pousses sortent de terre après quelques jours. Au départ, elles sont rouges et très fines, voire un peu tombantes. Mais grâce à un bon ensoleillement (de préférence une exposition sud et au moins six heures d’ensoleillement par jour), de la chaleur et un entretien adéquat, le tronc se solidifie de plus en plus.
Abritez votre jeune plant de manguier des vents violents car ceux-ci risquent d’endommager les branches et les feuilles. Ce qui aurait un impact négatif sur la santé de votre arbre.
Comment entretenir son manguier ?

Arrosage
Il est important de garder le substrat humide en arrosant votre manguier assez fréquemment sans pour autant l’inonder. Toutefois, il est crucial d’espacer les apports d’eau pour permettre au terreau de sécher et aux racines le temps de respirer.
Fertilisation
En période de forte croissance, vous pouvez ajouter une petite dose d’engrais à l’eau d’arrosage. Cela se fera deux fois par an, soit un apport au début du printemps et un autre à la fin.
Pour aider les jeunes plants à grandir, du compost ou du fumier fera l’affaire. Il est également possible d’utiliser un engrais pour arbres fruitiers riche en azote, en potassium et en phosphore. Respectez le dosage indiqué car des doses excessives d’engrais peuvent également nuire à la santé de votre manguier.
Un abri contre le froid
Malgré la rusticité de certaines variétés de manguiers, leur capacité à résister aux températures froides est limitée à une limite donnée. Et celle-ci varie d’un sujet à un autre.
Par précaution, chaque hiver, songez toujours à protéger votre manguier en recouvrant le tronc et les branches d’un voile d’hivernage. Pensez également à réduire l’effet des variations de température sur le système racinaire en recouvrant le sol d’un paillis.

