Vous voulez en savoir davantage sur la tourbe et sur son importance en matière de jardinage ? Ou est-ce que vous aimeriez trouver des alternatives pour cesser de dépendre de cette matière ? On fait le point des informations qu’il est important de connaître sur la tourbe.
La tourbe : définition
La tourbe est une matière issue de la transformation naturelle de différents organismes végétaux en décomposition. Cela donne lieu à un écosystème naturel appelé tourbière et dont la formation peut prendre des milliers voire des millions d’années. Elle se compose de trois couches :
- Appelée tourbe blonde, la première couche est composée de particules partiellement décomposées et provenant essentiellement de la mousse de sphaigne. Elle est très acide et contient beaucoup de fibres. En revanche, elle renferme de faibles quantités d’azote et de minéraux. Les débris de sphaigne lui permettent d’absorber une grande quantité d’eau. Incorporée à du substrat, elle en améliore la structure en favorisant la rétention de l’humidité tout en améliorant le drainage. La tourbe blonde se forme également dans certaines zones humides et avec des températures douces ou chaudes.
- Un peu plus en profondeur de la terre, on retrouve la tourbe brune. Résultat d’au moins 5000 ans de décomposition, elle est essentiellement issue de la dégradation de plantes ligneuses. Ces dernières sont connues pour fabriquer en grande quantité une substance appelée la lignine et dont la principale fonction est de conférer aux tiges une grande solidité proche de celle du bois. Composée de fines particules, la tourbe brune contient une faible acidité ainsi qu’une faible quantité de fibres. En revanche, elle est assez riche en azote et en minéraux.
- En s’enfonçant plus dans la terre, on tombe sur la tourbe noire. Plus vieille que les deux précédentes, celle-ci a généralement plus de 10 000 ans. Présentant une faible teneur en fibres, elle est composée de particules très fines. Elle présente un pH neutre mais des taux d’azote et de minéraux très élevés.
Différences avec le terreau
Contrairement à la tourbe qui est une matière organique naturelle, le terreau est un produit artificiel issu de la combinaison de diverses ressources naturelles. En fonction de la culture et des besoins de chaque plante, le terreau peut contenir :
- du sable,
- de la tourbe blonde, brune ou noire,
- du compost organique ou végétal,
- des fibres et/ou des écorces,
- de l’engrais…
La tourbe fait généralement office d’amendement destiné à améliorer la structure des substrats. Le terreau quant à lui offre un milieu de culture répondant aux exigences nutritives particulières à chaque plante.
Que planter dans la tourbe ?

De nombreux végétaux apprécient la capacité de la tourbe à améliorer la structure des substrats. Incorporée dans du terreau, elle peut participer au développement de plantes comme le camélia, l’hortensia, le rhododendron et l’azalée. Elle peut aussi aider à l’épanouissement d’arbres comme l’érable et le lilas.
Où acheter de la tourbe ?
La tourbe est commercialisée dans les jardineries comme Gamm Vert, Jardiland ou Leroy Merlin.
Bienfaits de la tourbe
La tourbe, en particulier celle de couleur blonde est très appréciée dans le domaine du jardinage. En effet, lorsqu’elle est associée à du terreau, elle allège celui-ci, réduisant le risque de pourriture racinaire.
Par ailleurs, elle favorise une meilleure rétention de l’humidité sans pour autant occasionner les problèmes liés à l’excès d’eau. Toutefois, elle ne peut efficacement jouer son rôle que si les contenants que vous utilisez disposent de trous de drainage.
Les sols de certaines régions sont très sableux, donc incapables de retenir l’eau pendant suffisamment longtemps pour permettre à des graines de germer. Cela rend difficile le démarrage des semis. Et l’une des astuces pouvant aider à remédier à ce problème est d’ajouter de la tourbe au substrat.
Inconvénients de la tourbe
Les tourbes brune et noire ont moins de succès au jardin. Étant constituées de plus fines particules, leur capacité à retenir de l’eau et à aérer le sol est assez faible. Profondément enfouies (à plus de 10 mètres sous terre), elles retiennent une grande quantité de carbone. Leur extraction provoque la libération de ce dernier, ce qui produit des gaz à effet de serre, le principal facteur responsable du changement climatique.
Les tourbières ne sont presque pas renouvelables. Le renouvellement de 5 centimètres de tourbe peut prendre jusqu’à un siècle. Leur épuisement entraînerait la disparition d’une faune et d’une flore qu’on retrouve uniquement dans ce type de milieu.
Pour cela, il est important de préserver les tourbières et de remplacer la tourbe par des alternatives présentant des propriétés similaires et dont l’emploi est respectueux de l’environnement.
Quelles sont les alternatives à la tourbe ?
La mousse de sphaigne est une excellente alternative. Elle peut être utilisée comme substrat pour la plantation et le rempotage de nombreuses plantes, en particulier des végétaux issus de milieux tropicaux.
Il est possible de l’associer avec des fibres et/ou des écorces ou de l’incorporer dans du terreau. Cela améliore la capacité du sol à retenir de l’eau car la sphaigne peut stocker une quantité d’eau équivalente à 20 voire 30 fois son volume.
Elle restitue peu à peu l’humidité emmagasinée sans exposer vos plantes à un risque de noyade. Bien au contraire, elle favorise une meilleure aération du substrat, réduisant ainsi les risques de prolifération bactérienne et de maladies fongiques.
L’exploitation de la sphaigne est sans impact néfaste sur l’environnement. De plus, à défaut d’en acheter, il est possible de la cultiver chez vous.
Le compost est aussi une excellente alternative à la tourbe. Vous pouvez également opter pour un mélange de terre végétale et de fibres de coco ou de fibres de bois.

