Même s’il se trouve dans un environnement adapté à ses besoins, le laurier tin n’est pas toujours à l’abri de quelques nuisances. Certaines viennent du sol ou du climat tandis que d’autres sont causées par des ravageurs qui s’installent dans son feuillage. Attention, les symptômes de certaines maladies peuvent se ressembler alors que les causes sont radicalement différentes.
Laurier tin avec des feuilles jaunes

Excepté les cas de jaunissement naturel qui touchent généralement les feuilles les plus vieilles, ce phénomène est souvent dû à la chlorose. C’est une maladie qui est liée soit à un manque de fer, soit de magnésium, soit de potassium…
La carence en fer
Appelée la chlorose ferrique, le manque de fer survient souvent sur les terrains calcaires ou alcalins. L’alcalinité du sol se traduit par un pH trop élevé (généralement au-delà de 7,5). Dans ce cas, le fer, même quand il est présent dans le sol, change de structure et ne peut pas être assimilé par les racines de l’arbuste.
Les feuilles jaunissent progressivement en conservant des nervures vertes. Les jeunes feuilles situées à l’extrémité des rameaux sont les premières à jaunir. Un apport de fer chélaté dilué dans l’eau d’arrosage ou en vaporisation vous aidera à corriger la situation en peu de temps.
Enfouissez régulièrement vos restes de persil au pied de l’arbuste pour lui apporter plus de fer. Pour remédier durablement à la chlorose ferrique, réduisez l’alcalinité du sol en remplaçant sa couche supérieure par de la terre de bruyère.
La carence en magnésium ou en potassium
Lorsque le laurier manque de magnésium, ce sont les feuilles les plus vieilles et celles qui se trouvent à la base qui jaunissent en premier. Puisque l’arbuste les prive de magnésium et consacre ses réserves au développement des nouvelles pousses.
Le jaunissement résultant d’une carence en magnésium s’appelle une chlorose en doigt de gant. La décoloration commence par le bord des feuilles et progresse vers le milieu tout en laissant une bande verte autour des nervures qui sont aussi épargnées. Ce phénomène peut être accompagné de taches pourpres. S’ensuit la mort puis la chute en grand nombre des feuilles les plus affectées.
La carence en magnésium est parfois due à une forte concentration de calcaire dans le sol. Mais la cause la plus fréquente est l’excès de potassium. Inversement, ce dernier pourrait présenter un déficit si vous donnez trop de magnésium à votre laurier tin.
La carence en potassium entraîne le jaunissement et le dessèchement des bordures des feuilles. Puis le feuillage entier se dessèche de façon progressive. L’apport d’un engrais équilibré pour arbustes, au printemps, peut aider à résoudre ce déséquilibre.
Laurier tin avec des feuilles marron ou sèches

Laurier tin aux feuilles sèches ou marron : causes éventuelles
L’apparition de petits points bruns qui deviennent progressivement grisâtres ou légèrement bronzés trahit souvent la présence des thysanoptères. Communément appelés “thrips”, ce sont des insectes au corps fin et élancé pouvant être retrouvés en diverses couleurs.
Les adultes mesurent un à trois millimètres et possèdent quatre ailes bordées de soie. Les larves présentent des caractéristiques similaires mais sont dépourvues d’ailes. Elles sont aussi nuisibles que les sujets adultes.
Les thrips percent à travers les cellules foliaires pour aspirer la sève, privant ainsi les feuilles de leur chlorophylle. L’hiver, ces insectes s’abritent dans les débris végétaux accumulés au pied de l’arbuste (feuilles mortes, mauvaises herbes…).
Traitement contre le thrips du laurier tin
Le désherbage et le ratissage des déchets au pied du laurier tin, en automne et au début du printemps, permettent de réduire les nids de thrips. En complément, appliquez un insecticide naturel à base de savon noir.
Pour traiter une infestation avancée, utilisez l’huile de neem. Le dosage approprié est de 5 millilitres pour un litre d’eau. Ajoutez du savon noir au mélange pour permettre qu’il tienne plus longtemps sur le feuillage.
L’application de la solution doit se faire en dehors des heures chaudes pour éviter que les feuilles subissent des brûlures. En plus de venir à bout des thrips, cette préparation élimine au passage les ravageurs comme l’aleurode, l’otiorhynque et autres.
Vous pouvez également faire usage d’un auxiliaire de jardin comme le nématode1 ou des insectes prédateurs.
Laurier tin aux feuilles trouées
Quand le feuillage du laurier tin présente des trous irréguliers ou des feuilles grignotées jusqu’à la nervure, la galéruque de la viorne2 est probablement responsable. Larves comme adultes se nourrissent du feuillage des végétaux, réduisant progressivement la vigueur de ces derniers.
Toutefois, les premières causent plus de dégâts, laissant derrière elles des nervures présentant un aspect de dentelle ou semblable à une passoire. Pour faire face à cette menace, faites recours à des insectes prédateurs comme la chrysope ou la coccinelle à deux points.
À défaut, préparez un insecticide maison à base de pyréthrine3 et d’huile de colza. Vérifiez que vos ingrédients portent la mention “Emploi Autorisé au Jardin” (EAJ). L’application de ce traitement devra se faire à la fin de la période de floraison pour éviter de nuire aux abeilles.
Quelques précautions essentielles

Entretenez bien votre laurier tin pour l’encourager à mieux résister aux maladies et aux attaques de parasites. Plantez-le dans un sol léger et drainant en vous assurant que l’emplacement choisi lui offre une exposition mi-ombre ou soleil (doux).
Les apports d’eau ne doivent pas être excessifs et cibler uniquement le pied de l’arbuste. Taillez votre plante une fois par an après la floraison avec des outils désinfectés à l’alcool à 90 °.
Ramassez les feuilles mortes à l’automne et évitez les apports excessifs d’azote qui produisent un feuillage mou et tendre, particulièrement attractif pour les parasites. Des pulvérisations régulières de purin de prêle ou de purin d’ortie (deux à trois fois par saison et par temps doux) renforcent la résistance naturelle de vos arbustes face aux différentes menaces, y compris les insectes piqueurs-suceurs.
Note de bas de page
- Nématode : vers microscopiques qui s’introduisent dans le corps des larves de thrips ou d’otiorhynque par les orifices naturels et y libèrent des bactéries qui les tuent en deux jours. ↩︎
- Viorne : groupe de plantes arbustives reconnaissables à leur feuillage dense, leurs fleurs souvent regroupées en bouquets arrondis et leurs petits fruits décoratifs. Ces arbustes peuvent être persistants ou perdre leurs feuilles selon les espèces et évoluent dans de nombreuses régions tempérées. Les viornes sont appréciées pour leur capacité à structurer un espace végétal, tout en offrant une jolie floraison et une présence décorative qui change au fil des saisons. ↩︎
- Pyréthrine : substance naturelle produite par certaines fleurs de la famille du chrysanthème, utilisée pour éliminer des insectes. Elle agit en perturbant le fonctionnement du système nerveux des insectes, ce qui entraîne rapidement leur paralysie puis leur mort. ↩︎

