Certaines maladies affaiblissent l’arbre, entraînant une baisse de rendement, tandis que d’autres détruisent les fruits avant qu’ils arrivent à maturité. Le feuillage peut lui aussi être la cible de certaines maladies qui entraînent son dessèchement précoce. Pour un meilleur contrôle de l’état de votre noisetier, il faut connaître les causes de ses différentes maladies pour mieux les anticiper. Il est également bon de maîtriser leurs traitements respectifs afin d’y remédier au plus tôt.
Le balanin des noisettes (Curculio nucum)

Présentation et mode opératoire
Petit insecte raffolant des noisettes, le balanin (ou ver des noisettes) a une apparence proche de celle du scarabée. Tous deux font d’ailleurs partie d’une même espèce et sont appelés des coléoptères.
Les balanins se distinguent principalement par la sorte de longue trompe incurvée (appelée rostre et dépassant la taille du corps chez les femelles) dont ils sont munis et leurs antennes coudées. Ils se servent de leur rostre pour perforer la coque des jeunes fruits encore tendres et les vident de leur contenu.
Les noisettes servent également de nid aux femelles qui y pondent leurs œufs. Une femelle pond un seul œuf par noisette et peut pondre jusqu’à une cinquantaine d’œufs au cours d’une saison.
À l’éclosion de l’œuf, une larve blanche est libérée et se met à dévorer le contenu de la coque. Après une cinquantaine de jours, la larve sort de la noisette et tombe au sol. Elle s’enfonce à une quinzaine de centimètres de profondeur et hiverne dans le sol pendant deux à trois hivers successifs. Il ressort à l’âge adulte et perfore à son tour la noisette pour la vider de son contenu ou y pondre un œuf.
Quand vous cassez une noisette et qu’elle est vide ou remplie d’excréments bruns, c’est le signe que le balanin est passé. En cas d’infestation sévère, jusqu’à 80 % d’une récolte peuvent être détruits. Les noisettes tombent prématurément, souvent avant d’être mûres, et présentent ce petit trou caractéristique sur la coquille.
Comment lutter contre le balanin des noisettes ?
L’utilisation de traitements chimiques capables d’éradiquer les balanins est interdite aux particuliers. Seuls les producteurs professionnels sont autorisés à acheter et à employer de tels produits.
En revanche, vous pouvez prévenir les infestations massives en tentant de capturer les balanins avant qu’ils ne s’attaquent aux noisettes. Pour cela, en mai, étendez un tissu blanc sous le noisetier et secouez les branches une à une pour faire tomber les balanins adultes. Piégez ceux-ci dans un sac plastique et enfermez-les dans un congélateur pendant 24 à 48 heures.
Une fois qu’ils sont morts, mettez-les à la poubelle. Pensez aussi à retirer les noisettes trouées de l’arbre. Ramassez également celles qui sont tombées par terre et détruisez-les avant que les larves aient le temps de s’introduire dans le sol.
Bêchez le sol autour du pied de votre noisetier en fin d’automne et pendant l’hiver. Si les larves restent à la surface, il y a de fortes chances qu’elles succombent au froid ou qu’elles soient dévorées par des oiseaux insectivores (étourneaux, merles…).
Si vous élevez des poules, encouragez-les à aller sous votre noisetier afin qu’elles picorent les larves qui seraient dans le sol. Favoriser les carabes (coléoptères à reflets métalliques verts) et autres insectes prédateurs du sol en leur créant des refuges appropriés (tas de pierres ou de bois mort). À l’achat d’un autre noisetier, privilégiez des variétés à coque dure ou tardive, celles-ci résistant mieux à la ponte.
Le phytopte du noisetier
Comment détecter sa présence ?
Le phytopte (Phytoptus avellanae) est un acarien minuscule, totalement invisible à l’œil nu, qui hiverne dans les bourgeons du noisetier. Ces derniers deviennent anormalement gonflés avec des écailles très épaisses. Leur teinte vire au rougeâtre ou au brun. On parle de bourgeons hypertrophiés, c’est-à-dire exagérément développés.
Au mois de mars, les phytoptes femelles y pondent leurs œufs qui éclosent au bout de quelques semaines. Au printemps, ces bourgeons ne s’ouvrent pas. Ils restent fermés, se dessèchent sur place ou ne donnent que des feuilles rabougries et tordues.
À partir d’avril, les larves migrent vers les bourgeons floraux et les colonisent, ce qui empêche la formation des noisettes. Les attaques de phytoptes peuvent occasionner une baisse de rendement de l’ordre de 20 %. En plus des dégâts qu’il occasionne, le phytopte du noisetier peut transmettre à l’arbre des maladies bactériennes ou fongiques.
Méthodes de lutte contre le phytopte du noisetier
La meilleure façon de maîtriser ce ravageur reste la lutte préventive qui passe par l’adoption de variétés résistantes. Retirez et détruisez les bourgeons gonflés et les rameaux les plus envahis entre janvier et mars, avant la migration des larves.
Ratissez aussi ceux qui sont tombés sur le sol et brûlez-les. Si les phytoptes sont en forte population, n’hésitez pas à recourir aux auxiliaires de jardin comme les larves de coccinelles ou les larves de chrysopes.
Noisetier avec des feuilles sèches
Une manifestation du stress

Le dessèchement soudain des feuilles d’un noisetier en plein été n’est pas forcément synonyme de maladie. Un manque d’eau en période de sécheresse ou un apport excessif d’engrais peuvent être à l’origine d’une telle situation.
L’excès d’humidité (souvent dû à un sol trop compact) favorise l’asphyxie des racines. Avant d’intervenir, vérifiez toujours les conditions de culture de votre arbre.
Les maladies bactériennes ou fongiques
La bactériose est l’une des maladies bactériennes les plus courantes du noisetier. Due à une bactérie appelée Xanthomonas arboricola, elle se manifeste d’abord par de petites taches brunes légèrement huileuses. Les rameaux infectés par ce parasite peuvent porter des chancres (crevasse ou boursouflures dans l’écorce) mauves enfoncés dans l’écorce.
Dans les cas sévères, des branches entières meurent et leurs feuilles se dessèchent mais restent accrochées aux branches. Par temps humide, un liquide collant peut suinter des zones infectées.
Le problème des feuilles sèches chez un noisetier peut également être dû aux maladies fongiques telles que :
- L’oïdium.
- La gloesporiose du noisetier.
Le balanin des noisettes sert de vecteur de transmission à certaines maladies de cet arbre.

