Comme la plupart des arbres fruitiers, l’olivier est confronté à des maladies et des parasites. Si certaines de ces menaces ciblent l’arbre lui-même, d’autres s’attaquent uniquement aux fruits. S’ils ne sont pas traités à temps, certains de ces problèmes pourraient ralentir, voire empêcher le développement et la fructification de votre plante. Les plus dangereuses menaces sont même susceptibles de provoquer sa mort. Voici quelques conseils pour identifier à temps les maladies et parasites de votre olivier et pouvoir les traiter efficacement.
La pyrale des troncs
Comment identifier la pyrale des troncs ?
La pyrale des troncs est un papillon qui, malgré son apparence inoffensive, représente la plus grande menace de l’olivier. D’une longueur qui varie entre 2 et 2,5 centimètres, les adultes se distinguent notamment par leur couleur gris-brun et par la bande blanche irrégulière qui orne leur corps.
Au sein de cette population, ce sont les femelles qui représentent la plus grande menace et qu’il faut éloigner de votre olivier. En effet, pour pondre ses œufs, elles les déposent dans les parties du tronc présentant des entailles. À l’éclosion, les chenilles qui sont des xylophages (c’est-à-dire qu’elles vivent en se nourrissant de bois) s’enfoncent petit à petit dans l’arbre où elles creusent de multiples galeries. Si le bois leur sert de nourriture, il leur permet également de se mettre à l’abri du froid pendant l’hiver.
À mesure qu’elle crée des galeries dans le tronc de l’olivier, la pyrale des troncs interrompt de plus en plus la circulation de la sève. Progressivement, l’arbre va alors commencer à pourrir ou se dessécher jusqu’à finalement mourir.
Comment lutter contre la pyrale des troncs ?
À ce jour, il n’existe pas une solution spécifique à la lutte contre la pyrale des troncs. Toutefois, force est de constater que si les plus jeunes oliviers succombent facilement à cette menace, les arbres les plus matures affichent plus de résistance. Ces derniers créent de nouveaux tissus aux endroits creusés par les pyrales, emprisonnant par la même occasion les chenilles dans le bois.
Pour permettre à votre olivier d’assurer sa propre défense contre ces envahisseurs, assurez-vous qu’il ait une bonne vigueur en l’entretenant comme il se doit. Pendant sa période de croissance, pensez à lui administrer un fertilisant approprié tout en respectant la dose prescrite par le fabricant.
Pour éloigner la pyrale des troncs, évitez autant que possible de faire des entailles sur le tronc et sur les branches de votre olivier. Quant aux blessures accidentelles ou occasionnées par la taille de votre plante, pensez à les recouvrir avec du mastic cicatrisant (pansements destinés aux végétaux).
L’œil de paon ou cycloconium : symptômes et remèdes

Symptômes
Affectant uniquement les oliviers, cette maladie qui sévit notamment pendant la saison pluvieuse est occasionnée par un champignon du nom de “Spilocaea oleagina”. Elle cible principalement le feuillage de l’olivier.
Les feuilles affectées présentent de multiples marques brunes de forme circulaire. Celles-ci ont une apparence similaire à celle des tâches, qui se trouvent sur les plumes du paon.
En évoluant, cette maladie provoque la décoloration des feuilles qui jaunissent et finissent par tomber. Lorsqu’il est attaqué par cette maladie, l’olivier perd une grande partie de son feuillage.
La diminution du nombre de feuilles réduit les capacités de l’arbre à produire des olives. En d’autres termes, au fur et à mesure que cette maladie se propage, votre olivier produit de moins en moins de fruits. De plus, la qualité de vos récoltes peut laisser à désirer, dans de telles conditions. Et ce problème risque de s’étendre sur plusieurs années si vous n’appliquez pas rapidement un remède approprié.
Remèdes
L’une des solutions les plus réputées pour prévenir la prolifération des champignons chez l’olivier est la bouillie bordelaise. Il s’agit d’une poudre bleu turquoise dont les principaux composants (en particulier le cuivre) éloignent les champignons en empêchant leur développement.
Pour protéger votre olivier de l’œil de paon, appliquez-lui la bouillie bordelaise avant que ne commencent les pluies du printemps. Le mois d’avril est parfait pour réaliser un tel traitement.
La cochenille noire de l’olivier
Avec une population uniquement constituée de femelles, la cochenille noire est identifiable grâce à sa coque noire. Elle s’attaque essentiellement aux feuilles de l’olivier, dont elle suce la sève qui est sa principale source d’alimentation.
Les plantes infestées par les cochenilles noires sont recouvertes d’une couche plus ou moins épaisse d’une substance noirâtre semblable à de la suie. Il s’agit de la fumagine, un champignon attiré par miellat (une substance sucrée) que la cochenille libère lors de son passage.
À force de se regrouper, ces champignons envahissent les tiges et les feuilles, privant ces dernières de la lumière du soleil. La photosynthèse ainsi que les échanges gazeux entre l’olivier et son environnement sont alors interrompus.
Lorsqu’elle s’ajoute aux dégâts occasionnés par la cochenille noire, la fumagine ralentit la croissance de l’olivier. La production d’olive aussi diminue dans de telles conditions. Ces deux facteurs réunis sont susceptibles de causer la mort des jeunes pousses d’olivier.
Pour prévenir ou éliminer la cochenille noire, vous avez le choix entre une multitude de traitements naturels contre tous les types de cochenilles.
La mouche de l’olivier : manifestations et moyens de lutte

Comment identifier la mouche de l’olivier ?
Également appelée “Bactrocera oleae”, la mouche de l’olivier ne s’attaque pas à l’arbre lui-même. Sa principale cible reste les olives, dont les femelles percent la peau afin d’y pondre leurs œufs.
Une seule mouche de l’olivier est susceptible de corrompre jusqu’à 300 fruits dans un intervalle de 21 jours. Et une olive peut même être piquée par plusieurs mouches à la fois.
Arrivées à l’âge adulte, les larves issues des œufs tentent de sortir en creusant des galeries dans les olives. Percés de part et d’autre, les fruits deviennent noirs, pourrissent et tombent en grand nombre.
C’est au cours de l’été que la mouche de l’olivier s’attaque aux olives. Étant sensible aux fortes températures, elle a une préférence pour les étés doux, affichant une température inférieure à 30°. À partir de 35°, les œufs qu’elle pond dans l’olive meurent et n’aboutissent pas à l’éclosion. Par ailleurs, les mouches adultes succombent aux températures supérieures à 40°. Cette sensibilité limite la prolifération de ce nuisible pendant les étés chauds.
Pas plus grande qu’un moucheron, la mouche de l’olive a une longueur comprise entre 4 et 5 millimètres. Elle est reconnaissable grâce à son abdomen coloriée en orange et marquée de deux rayures sombres. Ce parasite se distingue également par son thorax dont le centre est orné d’une tâche argentée et à ses ailes transparentes, pourvues d’extrémités noires.
Comment lutter contre la mouche de l’olivier ?
Pour éloigner les mouches de l’olivier, il existe une solution naturelle à base d’argile et d’eau. Il vous suffit de mélanger ces deux éléments afin d’obtenir une sorte de bouillie avec laquelle vous aspergez vos oliviers. Agissant comme un camouflage, ce remède vous permet de duper ces nuisibles.
Les pièges à phéromone1 et l’inule visqueuse2 (une plante néfaste pour la mouche de l’olive et pour d’autres parasites) sont aussi d’excellents moyens de lutte. Les phéromones sont des sécrétions produites par les insectes (y compris la mouche de l’olivier) et certains animaux pour indiquer leur emplacement à leurs congénères. Le piège attire les mouches avec des phéromones et les emprisonnent dans un espace dont elles ne peuvent sortir ou les immobilisent avec de la glu.
Note de bas de page
- Phéromone : substance chimique naturelle, produite par un être vivant, qui agit comme un message invisible pour influencer le comportement ou la physiologie d’autres membres de la même espèce, comme attirer un partenaire, signaler un danger, ou coordonner des actions collectives, sans avoir besoin de mots ou de sons. Par exemple, les fourmis déposent des phéromones là où elles passent afin que les autres fourmis qui suivent puissent détecter avec leurs antennes le chemin qu’elles ont emprunté. ↩︎
- Inule visqueuse : plante robuste et parfumée, souvent rencontrée dans les terrains secs et ensoleillés, qui est une véritable alliée naturelle : elle repousse les insectes nuisibles grâce à son odeur marquée et attire les pollinisateurs, tout en jouant un rôle dans la régénération des sols dégradés. ↩︎

