Le noyer commun (Juglans regia) peut vivre plus de 200 ans, produire chaque automne des quantités de noix savoureuses et offrir une ombre généreuse en été. Mais malgré son apparence robuste, il peut être touché par différentes maladies dont certaines sont susceptibles d’occasionner sa mort. Certaines maladies attaquent le feuillage tandis que d’autres rongent les racines de l’intérieur. Dans certains cas, les noix ne sont pas épargnées. Pour faire face à ces menaces, il faut être capable de les identifier. Il faut aussi connaître leurs différentes causes pour pouvoir prendre les précautions appropriées.
La maladie de l’encre

Causes
La maladie de l’encre est causée par des champignons microscopiques appelés Phytophthora, un mot grec qui se traduit par destructeur de plantes. Ces organismes se développent dans les sols lourds, peu drainants où l’eau stagne longtemps après la pluie.
Ils se déplacent grâce à l’eau qui stagne dans le sol et ciblent en premier les racines les plus fines (appelées des radicelles). Une fois celles-ci détruites, ils s’en prennent aux plus grosses racines.
Symptômes
Le premier symptôme visible de cette maladie est l’écoulement d’un liquide noirâtre, épais, qui suinte à la base du tronc comme une encre sombre.
Mais à ce stade, une part importante du système racinaire est déjà détruit et a noirci. Votre arbre est donc condamné car la maladie de l’encre est incurable.
Solutions
L’abattage demeure la seule issue. Il faut ensuite retirer le bois et éliminer au moins un mètre carré de terre tout autour des racines, car les Phytophthora survivent dans le sol et peuvent contaminer tout arbre planté au même endroit.
En prévention, choisissez des emplacements bien drainés pour planter un noyer. La solution la plus efficace à long terme est d’utiliser des plants greffés sur un porte-greffe de noyer noir américain (Juglans nigra).
Cette espèce est naturellement bien plus résistante à la maladie de l’encre que le noyer commun. Des arrosages au purin de prêle dilué à 10 % deux fois par saison renforcent les défenses naturelles des jeunes plants.
La bactériose du noyer

Causes
La bactériose est classée par l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) parmi les maladies les plus répandues dans les vergers français. Elle est provoquée par une bactérie appelée Xanthomonas arboricola pathovar juglandis. Cette dernière passe l’hiver cachée à l’intérieur des bourgeons du noyer.
Au printemps, elle se propage grâce au vent qui transporte le pollen contaminé.
Les frottements entre les feuilles et les rameaux de différents spécimens côte à côte favorisent également la contamination des arbres sains. Cette bactérie aime particulièrement les printemps doux et humides, avec des températures entre 16 et 29 °C.
Symptômes
Sur les feuilles, de petites taches brunes aux bords irréguliers apparaissent, souvent entourées d’un halo plus clair ou jaunâtre. Sur les jeunes noix, les premières infections se manifestent par de minuscules taches huileuses qui noircissent progressivement.
Si la bactérie attaque tôt dans la saison, les jeunes fruits tombent avant même d’avoir commencé à grossir. Sur une attaque plus tardive, c’est la coque qui noircit et le cerneau à l’intérieur qui se dégrade, rendant la noix immangeable.
Les jeunes rameaux de l’année peuvent également être touchés : des zones vitreuses vert foncé apparaissent, puis l’écorce se creuse. Des taches brunes inexplicables apparaissent sur les feuilles. Les noix noircissent avant la récolte tandis que la production diminue d’année en année.
Traitements
La bouillie bordelaise est le seul traitement autorisé en jardinage privé contre cette bactérie, et elle n’est efficace que si elle est appliquée au bon moment. Il faut intervenir en préventif, c’est-à-dire avant que la bactérie n’ait commencé à se propager. Une première pulvérisation à l’ouverture des bourgeons au printemps, une deuxième dès que les jeunes noix sont bien formées.
À l’automne, ramassez et brûlez systématiquement toutes les feuilles et tous les fruits tombés au sol. En effet, ils abritent souvent des bactéries qui risquent de déclencher une nouvelle infection au printemps suivant.
Un avertissement important issu des recherches de l’INRAE : des études menées en France ont démontré que certaines souches de cette bactérie ont développé une résistance partielle au cuivre dans des vergers traités de façon intensive. Il est donc essentiel de respecter les dosages précis et de ne pas traiter de façon excessive.
L’anthracnose

Causes
L’anthracnose du noyer est provoquée par un champignon appelé Ophiognomonia leptostyla, longtemps nommé Gnomonia juglandis dans les vieux ouvrages de jardinage. Ce champignon hiverne dans les feuilles et les écales (enveloppes charnues recouvrant la coque des noix) de noix laissées sur le sol.
Au printemps, quand la pluie arrive, il libère ses cellules reproductrices qui remontent sur le feuillage et les jeunes noix. Depuis 2010, de nouveaux champignons du genre Colletotrichum ont également été identifiés dans les vergers français, provoquant un brunissement des noix plus rapide et plus intense.
Symptômes
Sur les feuilles, l’anthracnose se manifeste par de petites taches gris-brun avec des bords plus foncés. Ces taches peuvent être nombreuses et finir par se rejoindre, donnant au feuillage un aspect brûlé. Sur les noix, les taches sont brun-noir. L’intérieur du fruit peut être atteint si l’infection est précoce.
Contrairement à la bactériose qui préfère un temps doux et ensoleillé après la pluie, l’anthracnose se développe surtout lors des étés pluvieux et frais.
Les phytoptes du noyer, de minuscules acariens invisibles à l’œil nu, peuvent également provoquer des excroissances sur les feuilles parfois confondues avec l’anthracnose, mais celles-ci sont sphériques et bien délimitées, alors que les taches d’anthracnose sont plates et irrégulières.
Traitements
La même bouillie bordelaise utilisée contre la bactériose est également efficace contre l’anthracnose. Les deux traitements préventifs de printemps couvrent donc les deux maladies à la fois.
La mesure la plus efficace est la destruction des feuilles mortes et des écales à l’automne. C’est dans ces résidus que le champignon passe l’hiver. Les brûler brise le cycle de réinfection et réduit considérablement la pression infectieuse lors de la saison suivante.
La tavelure blanche
Également appelée “downy spot”, cette maladie est causée par un champignon spécifique au noyer appelé Microstroma juglandis. L’infection entraîne l’apparition de petites taches blanches et farineuses sur la face inférieure des feuilles. Celles-ci finissent par jaunir et tomber prématurément. Sur les noix, des taches brun-noir peuvent apparaître.
La tavelure blanche est favorisée par les étés chauds et humides. La lutte repose sur les mêmes bases que les autres maladies fongiques : ramassage et destruction des feuilles mortes suivi de l’application de bouillie bordelaise.

