D’après les estimations de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), la production de déchets hors déblais et gravats, en France, avoisine les 549 kg par ménage. Environ 30 % de ces ordures sont des déchets compostables. Le compost utilise deux types de déchets : du déchet brun (encore appelé de la matière sèche) et du déchet vert (également désigné par matière humide). Pour que la transformation en compost se fasse, il est crucial de mettre les bons déchets dans votre composteur. Le tri des ordures doit se faire suivant un certain ordre pour éviter les mauvaises odeurs et les nuisibles.
Que peut-on mettre dans le composteur : le tri des déchets
Afin qu’un compost soit équilibré, il faut associer 2/3 de matière humide avec 1/3 de matière sèche. Contenant de l’azote, la matière humide ou matière verte produit des bactéries qui assurent la décomposition des déchets. Mais en excès, elle produit un tas compact, détrempé et malodorant.
Les déchets bruns absorbent l’excès d’humidité des matières vertes et facilitent la circulation de l’air. En excès, ils ralentissent la dégradation et dessèchent l’ensemble.
La matière verte

Elle de compose de tout ce qui vient du monde végétal, à quelques exceptions près. Sont inclus dans cette catégorie :
- Les épluchures fines des fruits et légumes (épluchures de carottes, de pommes de terre, de courgettes, trognons de pommes…)
- Les feuilles de salade flétries, les feuilles mortes ou sèches, les fleurs fanées, les copeaux de bois qui doivent être bien broyés au préalable…
- Les peaux de banane : riches en potassium, en phosphore et en magnésium, ces dernières se décomposent assez rapidement et enrichissent le compost en minéraux bénéfiques pour les plantes.
- Le marc de café et les résidus de thé. Le premier ajoute un peu d’acidité au compost, ce qui en fait un déchet de choix à ajouter aux composts destinés aux plantes de terre de bruyère.
- Les épluchures d’agrumes peuvent aussi être ajoutées, mais en petite quantité, étant donné qu’elles se décomposent lentement. Il faut les couper en petits morceaux au préalable. En effet, leur décomposition prend beaucoup de temps en raison des huiles essentielles qu’elles renferment et de l’épaisseur de leur peau.
- Les biodéchets issus des parcs et jardins. L’herbe tondue doit être utilisée avec modération et seulement après avoir séché. En effet, le gazon vert renferme beaucoup d’humidité et peut de ce fait former une couche qui risque de pourrir et de sentir mauvais.
- Les déchets issus de la taille (brindilles, rameaux, feuilles…). Pour faciliter la décomposition des brindilles et des rameaux, il convient de les broyer ou de les écraser en morceaux de quelques centimètres.
- Les feuilles mortes : celles-ci aèrent le compost, absorbent l’humidité en cas d’excès et se transforment lentement en un humus léger. Cependant, toutes ne se décomposent pas au même rythme.
Que peut-on mettre dans un composteur de jardin ?
Sont également autorisés au sein d’un compost :
- Le fumier de basse-cour ou d’herbivore composé des déjections des poules et des lapins.
- Les coquilles d’œuf.
- Le papier essuie-tout.
- Les cartons non imprimés.
Ce qu’il ne faut pas mettre dans le composteur
Les aliments d’origine animale

Les restes de repas cuits ne rentrent pas dans le compost ménager. Sont également proscrits les éléments tels que la viande, le poisson, le pain, l’huile, les résineux (arbres produisant de la résine), les cartons imprimés, les mouchoirs…
En se dégradant, ces matières dégagent des odeurs puissantes qui attirent les rongeurs, les mouches et d’autres nuisibles indésirables. De plus, les composts de jardin n’atteignent pas des températures suffisamment élevées pour décomposer correctement les protéines animales, ce qui génère des résidus fermentés difficiles à gérer. Les graisses cuites et les huiles sont aussi proscrites, car elles perturbent les micro-organismes assurant la dégradation des déchets.
Les plantes malades, infestées de nuisibles ou traitées chimiquement
Une plante atteinte d’une maladie fongique ne doit jamais être ajoutée à un compost. Les cellules reproductrices de champignons survivent souvent au compostage domestique, dont la température reste insuffisante pour les détruire.
Le compost pourrait alors ensuite réintroduire les champignons dans le sol et déclencher des infections. Les végétaux atteints de telles maladies doivent être brûlés.
La même précaution vaut pour les plantes récemment traitées avec des pesticides, herbicides ou fongicides de synthèse. Des résidus chimiques pourraient perturber la faune du compost et se retrouver dans l’engrais final appliqué au potager.
Les plantes toxiques ou à croissance incontrôlée
Les feuilles de rhubarbe contiennent une substance toxique pour de nombreux organismes vivants. Elles peuvent nuire aux vers de terre et aux bactéries qui élaborent le compost, raison pour laquelle cette plante est déconseillée.
Les plantes envahissantes comme le liseron, le lierre, la renouée du Japon ou la glycine ont la particularité de démarrer à partir d’un bout de plante. Dans un composteur domestique, elles peuvent donc repartir et se développer dans le tas, perturbant ainsi le processus.
Les noyaux de fruits et certaines coques dures
Les noyaux d’avocat, de pêche, d’abricot et de mangue ne se décomposent pas dans un compost domestique. Les coques de noix, de noisettes et de pistaches posent le même problème.
En revanche, elles font d’excellents matériaux de paillage au pied des arbustes. Les coquilles d’huîtres et de moules peuvent rester intactes des décennies.
À retenir

Retourner le tas toutes les deux à quatre semaines permet d’aérer le compost et de relancer l’activité des micro-organismes. Des déchets fragmentés en de tout petits morceaux se dégradent plus vite que lorsqu’ils sont entiers.
La loi du 1er janvier 2024 relative au compostage n’exige pas de disposer d’un composteur. Vous pouvez déposer vos biodéchets dans l’un des silos que les communes mettent à disposition. Mais pour vous faciliter la vie, il reste préférable, là où c’est proposé, de demander un composteur individuel à votre mairie ou d’en acheter un.

