Toute publicité qui compare vos mensualités avant et après un regroupement de crédits doit aussi afficher le coût total des deux situations (article L312-10 du Code de la consommation). La loi vise un écueil précis : la mensualité baisse surtout parce que le remboursement s’étale sur plus d’années, et chaque année ajoutée produit des intérêts. Voici en quoi ce montage diffère du rachat d’un prêt immobilier ou d’une renégociation, ce que le prêteur examine dans votre dossier et comment mesurer le coût réel du nouveau prêt.
Regroupement de crédits, rachat ou renégociation : quelle différence ?
Le regroupement de crédits réunit au moins deux prêts en cours dans un nouveau crédit unique, avec une seule mensualité, un seul taux et une seule date de prélèvement. Le nouveau prêteur solde les anciens contrats, puis vous le remboursez sur une durée recalculée en fonction de votre budget.
Le rachat d’un prêt immobilier ne concerne que le financement de votre logement, pour obtenir un meilleur taux. Une autre banque reprend votre emprunt, y compris quand il se compose de deux lignes de prêt, par exemple un prêt principal et un prêt à taux zéro.
Avec une renégociation, vous restez dans votre banque actuelle. Celle-ci accepte de modifier le taux ou la durée de votre prêt par un avenant, c’est-à-dire une modification du contrat existant.
La liste des sommes intégrées à un regroupement de crédits dépend de l’analyse de votre dossier. On y retrouve le crédit immobilier, le prêt personnel, le prêt auto ou travaux, le crédit renouvelable et le découvert bancaire. Des dettes non bancaires, comme un retard d’impôt ou de loyer, peuvent aussi en faire partie.
Sur quels critères votre dossier est-il étudié ?
Le prêteur cherche une mensualité que votre budget peut supporter chaque mois : l’opération sert à rééquilibrer vos finances, pas à réaliser une économie. Pour la fixer, il examine six éléments :
- Vos revenus : salaires, pensions ou loyers perçus, ainsi que leur régularité.
- Vos charges : loyer, pension alimentaire, impôts, assurances, factures d’énergie et de téléphone, frais de garde ou de cantine.
- Le taux d’endettement : la part de vos revenus consacrée au remboursement des crédits. Pour un prêt immobilier, la décision D-HCSF-2021-7 du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), datée du 29 septembre 2021, la limite à 35 %.
- Le reste à vivre : la somme disponible une fois payées vos charges et votre nouvelle mensualité de crédit, qui doit couvrir l’alimentation, les transports et les imprévus.
- La situation professionnelle : être en contrat à durée indéterminée, fonctionnaire, indépendant ou en période d’essai ne pèse pas de la même façon.
- Les incidents de paiement : retards, rejets de prélèvement ou inscription au Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), tenu par la Banque de France.
Chaque dossier est étudié individuellement. Deux foyers aux revenus identiques peuvent recevoir des réponses différentes selon leurs charges ou leur ancienneté dans leur emploi.
Pour savoir si votre situation s’y prête, vous pouvez faire étudier votre dossier par un courtier spécialisé et bénéficier de l’expertise Ymanci. L’étude, gratuite et sans engagement, indique si le regroupement de crédits est réalisable et donne un aperçu de la mensualité du futur prêt unique.
Comment comparer le coût total avant et après l’opération
Au capital emprunté s’ajoutent quatre postes. Le nouveau prêt entraîne des frais de dossier et une assurance emprunteur, ainsi que des frais de notaire quand une hypothèque le garantit. Les anciens prêteurs peuvent en outre facturer des indemnités de remboursement anticipé, plafonnées par le Code de la consommation à 3 % du capital restant dû ou six mois d’intérêts pour un crédit immobilier et à 1 % du capital restant pour un crédit à la consommation. Le taux annuel effectif global (TAEG) du nouveau prêt intègre les frais de dossier, de garantie et d’assurance obligatoire : c’est lui qu’il faut comparer d’une offre à l’autre.
En application d’un décret du 30 avril 2012, entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2013, vous recevez un document d’information remis par le prêteur au plus tard avec l’offre de prêt. Il compare, crédit par crédit, ce qui reste à payer aujourd’hui avec ce que coûtera le prêt unique, puis indique si l’opération produit un gain ou un surcoût.
Voici un exemple calculé hors assurance, avec des taux de 6 % pour un prêt auto, 7 % pour un prêt personnel, 18 % pour un crédit renouvelable et 6,5 % pour le prêt unique.
| Avant | Après | |
| Crédits | prêt auto (9 000 € restants), prêt personnel (12 000 € restants), crédit renouvelable (4 000 € restants) | un prêt unique de 25 250 €, frais de dossier inclus |
| Mensualité | 719 € | 375 € |
| Durée restante | de 32 à 48 mois | 84 mois |
| Total restant à payer | 28 716 € | 31 496 € |
La mensualité baisse de 344 €, mais le coût final augmente de 2 780 €, parce que la durée de remboursement est allongée.
Que peut faire un courtier pour votre dossier ?

Le courtier analyse votre situation, présente votre dossier à ses prêteurs partenaires et compare leurs offres. Il vous explique ensuite chaque condition : durée, TAEG, garanties et assurance. Vérifiez qu’il est inscrit à l’ORIAS, l’organisme qui tient le registre officiel des intermédiaires en crédit et en assurance. Aucun versement ne peut vous être demandé avant l’obtention du prêt (article L322-2 du Code de la consommation).
Chez Ymanci, un conseiller suit le dossier de sa constitution jusqu’au déblocage des fonds, à domicile, en agence ou à distance. L’offre de crédit est éditée sous 24 heures. Sous conditions, une garantie du meilleur taux rembourse la différence si vous trouvez un taux inférieur dans les 90 jours qui suivent la signature.
Une trésorerie complémentaire, libre d’utilisation, peut s’ajouter au prêt unique pour financer une voiture, les études d’un enfant ou des travaux. Elle augmente toutefois le montant emprunté. Pour une rénovation énergétique, vérifiez d’abord les travaux éligibles à MaPrimeRénov’ : l’aide réduit la somme à financer.
Questions fréquentes
Que faire si les difficultés de remboursement deviennent trop lourdes ?
Le regroupement de crédits ne fait pas disparaître vos dettes : il en étale le remboursement. Quand les difficultés sont graves et durables, la procédure adaptée est le dossier de surendettement, à déposer gratuitement auprès de la Banque de France, y compris en ligne. Pour préparer vos démarches, un Point conseil budget, structure locale labellisée par l’État (association ou centre communal d’action sociale), vous reçoit gratuitement. Les adresses figurent dans l’annuaire de service-public.fr.
Peut-on regrouper ses crédits à la consommation sans toucher à son prêt immobilier ?
Oui. Le prêt immobilier peut être laissé en dehors de l’opération, ce qui vous permet de conserver son taux s’il est plus bas que celui du prêt unique. Seuls les crédits à la consommation, ou une partie d’entre eux, sont alors regroupés.
De combien de temps disposez-vous pour réfléchir avant de vous engager ?
Le délai dépend de la nature du nouveau prêt. Si les crédits immobiliers représentent au moins 60 % du montant regroupé, frais compris, le prêt suit les règles du crédit immobilier : vous ne pouvez pas accepter l’offre avant 10 jours de réflexion. En dessous de ce seuil, il relève du crédit à la consommation et vous disposez de 14 jours pour vous rétracter après la signature.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

