Oïdium : reconnaître cette maladie des plantes et les traitements naturels efficaces

Plante partiellement couverte de d'oïdium

Souvent perçu comme un simple défaut esthétique, l’oïdium s’attaque aussi bien aux plantes ornementales qu’à celles du potager. Lorsque les conditions sont réunies, il est susceptible de se développer sur certains arbres et arbustes. Il peut considérablement affaiblir les sujets atteints si vous n’y remédiez pas à temps.

L’oïdium : qu’est-ce que c’est ?

Plante pleine d'oïdium

Également appelé “pourriture blanche” ou “maladie du blanc”, l’oïdium se caractérise par un feutrage blanc-grisâtre recouvrant les feuilles et les bourgeons. Parfois, les boutons floraux et les fleurs peuvent également en être recouverts. Cette fine pellicule diminue la photosynthèse en empêchant les feuilles de bien recevoir la lumière du jour.

La diminution de la photosynthèse peut entraîner l’affaiblissement des plantes et le dessèchement des parties infectées.

Ce phénomène est attribué à une famille de champignons microscopiques se développant sur des végétaux vivants sans pénétrer dans leurs tissus.

Ces champignons se déclinent en plusieurs espèces, chaque espèce ayant pour cible des plantes et/ou des arbres spécifiques. Parmi les végétaux les plus sensibles, il est possible d’énumérer :

  • La vigne après qu’elle soit infectée par un champignon appelé “Erysiphe necator”.
  • Le rosier après l’attaque du champignon “Podosphaera pannosa”.
  • Les cucurbitacées comme la courgette et le concombre, le melon qui sont la cible du champignon “Podosphaera xanthii”.
  • Le chêne qui est sensible aux champignons “Erysiphe alphitoides” (autrefois nommé “Microsphaera alphitoïdes”) et “Phyllactinia guttata”. Le “Erysiphe alphitoides ” peut être transmis aux arbustes comme le marronnier, le châtaignier, le hêtre… Quant au “Phyllactinia guttata”, il est susceptible de se propager aux érables, au pommier, au chêne, au lilas, au platane…

En principe, un champignon ne peut se propager qu’aux arbustes et aux cultures qui lui sont sensibles. Certains champignons sont spécifiques à une seule plante comme c’est le cas de l’Erysiphe euonymi qui est responsable de l’oïdium du fusain. La dissémination des champignons s’effectue essentiellement par voie aérienne.

Conditions favorables au développement de l’oïdium

Oïdium sur plante

L’oïdium se développe lorsque les conditions suivantes sont réunies : une chaleur comprise entre 18 et 25 °C, associée à une humidité atmosphérique supérieure à 90 % et à de forts écarts de température entre le jour et la nuit. Ces conditions typiques du printemps et du début de l’été créent une atmosphère propice pour le développement et la prolifération des champignons.

Les pluies fréquentes ne participent pas à ce phénomène. Bien au contraire, le lessivage des feuilles freine la progression des champignons en lessivant les spores. Les plantes stressées, se trouvant dans des espaces trop confinés ou fertilisées avec un excès d’azote sont les premières à être touchées.

L’oïdium représente-t-il un danger pour l’homme ?

L’oïdium ne représente pas une menace pour la santé humaine. Toutefois, il est susceptible de déclencher des réactions allergiques chez des personnes hypersensibles aux moisissures et spores fongiques présents dans l’air.

Cela peut se manifester sous forme d’irritations oculaires, de rhinite1 ou d’inconfort respiratoire. Cette sensibilité concerne une minorité de personnes et peut être prévenue en portant un masque de protection lors des interventions sur des plantes fortement contaminées.

Les fruits et légumes recouverts d’oïdium restent consommables à condition que les tissus ne soient pas encore décomposés. Il suffit de bien les laver d’abord. La chair en dessous reste saine dans la grande majorité des cas.

Comment lutter contre l’oïdium

Avant tout traitement, il est crucial de retirer et de brûler les feuilles et rameaux les plus atteints par les symptômes. Il ne faut surtout pas les ajouter au compost, car les champignons peuvent y survivre. Pensez aussi à ratisser et à détruire les feuilles mortes au sol pour éviter qu’elles servent d’abris aux champignons, l’hiver venu. Appliquez ensuite un fongicide naturel et respectueux de l’environnement.

Traitement contre l’oïdium à base de bicarbonate de soude

Le bicarbonate de soude agit en rendant la surface des feuilles légèrement alcaline. Ce changement de pH empêche les cellules reproductrices de champignon de germer et fragilise les champignons déjà en place.

Pour préparer votre traitement, diluez une cuillère à café (l’équivalent de cinq grammes) de bicarbonate de soude dans un litre d’eau tiède. Ajoutez-y quelques gouttes d’huile alimentaire pour permettre à la préparation d’adhérer sur le feuillage le plus longtemps possible.

Vaporisez la solution sur l’ensemble du feuillage (au-dessus et en dessous des feuilles), une fois par semaine et par temps doux (très tôt le matin ou tard dans la soirée). Le bicarbonate de soude s’utilise aussi bien en lutte curative qu’en lutte préventive. Il agit également comme répulsif fait maison contre les insectes piqueurs-suceurs susceptibles d’affaiblir vos plantes.

Traitement contre l’oïdium à base de lait

Diluez 1/10 e de lait écrémé ou demi-écrémé dans 9/10 e d’eau de pluie ou de source. Remuez le mélange, puis vaporisez-le sur l’ensemble du feuillage par temps ensoleillé.

Renouvelez l’application une fois par semaine jusqu’à régression des symptômes de la maladie. Attention à ne pas surdoser le lait, car en concentration trop élevée, il favorise le développement d’autres champignons.

La pulvérisation d’eau

Pulvérisation d'eau sur plante

Au début de l’infection, des pulvérisations d’eau par temps doux permettront de débarrasser les feuilles des cellules reproductrices des champignons. Sans un organisme végétal auquel s’accrocher, ces derniers ne seront plus en mesure de germer.

La lutte préventive

Réduisez les apports d’azote, car son excès favorise une forte croissance et la multiplication des feuilles tendres qui sont les plus sensibles aux champignons de l’oïdium. Assurez à vos plantes une excellente aération en évitant de trop les rapprocher les unes des autres.

Évitez de les planter dans des lieux confinés. Taillez régulièrement vos arbres et arbustes en supprimant les parties mortes et celles qui empêchent une bonne aération du feuillage. Renforcez les défenses naturelles de vos végétaux en leur en leur appliquant du purin d’ortie ou du purin de prêle.

Note de bas de page

  1. Rhinite : inflammation des fosses nasales. ↩︎
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