Même un géant comme le chêne n’est pas à l’abri des maladies lorsque certaines conditions sont réunies. Sans un traitement approprié, il devient de moins en moins attrayant. De plus, le caractère contagieux de certaines infections en fait une menace pour les arbres environnants. Pour cela, il est important de soigner sans tarder votre chêne lorsque vous constatez que son état se détériore. Mais avant cela, il convient d’identifier l’origine de son problème de santé en analysant les symptômes apparents.
La galle du chêne
Cette maladie entraîne chez ses victimes des boursouflures de couleur rouge, verte ou brune selon le stade d’avancement. Celles-ci sont susceptibles d’apparaître sur les feuilles, les bourgeons, les fleurs et les fruits.
Ce phénomène est provoqué par des piqûres de cynips, un insecte de la même famille que les abeilles et les guêpes. Après avoir piqué l’arbre, celui-ci y pond ses œufs et les protège en libérant une substance biochimique. Cette dernière entraîne des déformations au niveau des tissus. Et c’est ce phénomène qui est responsable des excroissances observées.
En dehors de son aspect peu esthétique, la galle du chêne est sans impact important sur le développement des arbres attaqués. Sauf en cas d’atteintes graves pouvant occasionner une altération de la surface des feuilles. Les chênes peuvent alors perdre un nombre considérable de feuilles et avoir des difficultés à exécuter la photosynthèse. Ces conditions entraînent une perte de vigueur ainsi qu’une plus grande sensibilité à d’autres maladies.
Pour prévenir la galle du chêne, éloignez les cynips en appliquant de l’huile de ricin ou de l’huile d’olive sur les bourgeons. Si vous remarquez des symptômes de cette maladie, freinez sa propagation en supprimant les parties atteintes. Ensuite, appliquez un répulsif adéquat pour éviter de nouvelles infections.
En France, cette maladie cible surtout les chênes de type sessile (ou Quercus petraea), pédonculé (ou Quercus robur) et pubescent (ou Quercus pubescens).
Champignon du chêne
L’aspect disgracieux d’un chêne est parfois associé à des maladies fongiques.
L’anthracnose du chêne
L’anthracnose est une maladie qui se manifeste par temps froid et humide comme au début du printemps. Elle affecte essentiellement les chênes rouges, les chênes blancs et les chênes à gros fruits.
Les symptômes apparents sont des tâches brunâtres se développant sur les bords et les nervures des feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits. Les feuilles affectées se recroquevillent et se déforment avant de tomber en grande quantité.
Les parties les moins ensoleillées sont les plus sensibles à cette maladie. Les côtés qui sont en plein soleil conservent l’humidité moins longtemps, ce qui freine la propagation du champignon.
Pour prévenir l’anthracnose, brûlez les feuilles et les rameaux atteints, y compris ceux qui jonchent le sol. Au début du printemps, pensez à tailler le chêne afin que le soleil pénètre mieux le feuillage.
L’oïdium
Chez les chênes atteints de cette maladie, une poudre blanche ou brune se dépose sur le feuillage et sur les tiges. Celle-ci gagne rapidement du terrain et est susceptible de se propager à d’autres arbres en l’absence d’un soin approprié. En s’aggravant, cette maladie peut provoquer la décoloration et le flétrissement des feuilles.
Pour traiter l’oïdium du chêne, la première étape est de supprimer et de brûler les branches et les feuilles affectées. Ensuite, vaporisez votre arbre avec un fongicide pour empêcher que le champignon qui en est à l’origine se multiplie de nouveau.
L’encre du chêne

Cette maladie est provoquée par trois principaux champignons qui se nomment respectivement Phytophthora quercina, Phytophtora cambivora et Phytophthora cinnamomi. Ceux-ci se développent dans les sols dépourvus de qualités drainantes et/ou présentant un niveau élevé d’humidité.
Ils provoquent le pourrissement des racines qui deviennent aussi noires que de l’encre (ce qui explique le nom de cette maladie). Cela réduit les capacités du système racinaire à répondre aux attentes de l’arbre en matière d’eau et de nourriture.
À cause de cette carence, les feuilles de l’arbre jaunissent, s’assèchent et tombent de façon prématurée. Cela s’accompagne d’un retard de croissance. Dans les cas extrêmes, l’assèchement s’étend aux branches et l’arbre finit par mourir. La maladie de l’encre du chêne cible trois principaux types de chênes que sont le chêne vert, le chêne rouge et le chêne de liège.
Pour prévenir l’encre du chêne, il est important de planter votre chêne dans un sol aéré. À défaut, améliorez ses propriétés drainantes au moment de la plantation. Pour cela, il suffit d’y incorporer du sable grossier ou du sable de rivière et à réaliser du paillage végétal une fois votre arbre planté.
Le flétrissement du chêne
Ayant pour principale cible le chêne rouge d’Amérique, cette maladie est provoquée par un champignon du nom de Bretziella fagacearum. Celui-ci occasionne un flétrissement du feuillage qui commence au sommet de l’arbre.
Ensuite, les feuilles jaunissent et meurent avant de tomber rapidement ou non. C’est seulement dans les cas extrêmes que les feuilles tombent de façon prématurée. L’un des symptômes du flétrissement est l’apparition de rayures ou de tâches foncées sous l’écorce des arbres affectés.
Le champignon responsable de cette maladie se transmet par le biais d’un insecte appelé le scolyte intriqué1. Les arbres malades peuvent contaminer des sujets sains lorsque leurs racines entrent en contact. Le flétrissement du chêne est incurable, mas il est possible d’empêcher sa propagation en détruisant les arbres atteints.
Parasite du chêne
Les chenilles processionnaires
Ayant l’apparence de vers, les chenilles processionnaires sont les larves d’une espèce de papillon. Elles doivent leur nom à leur façon de se déplacer les unes derrière les autres, faisant penser à une procession. Elles nuisent aux chênes en dévorant leurs feuilles. En raison de la réduction du feuillage, l’arbre est de moins en moins capable de faire la photosynthèse nécessaire à sa survie, ce qui entraîne son dépérissement.
Pour empêcher ces chenilles de nuire à votre chêne, éliminez-les et détruisez leurs nids. Appliquez ensuite une préparation naturelle ou une solution du commerce susceptible d’éloigner les papillons.
Le dépérissement aigu
Il s’agit d’une maladie bactérienne entraînant des écoulements de mucus sur le tronc et une perte considérable de feuilles. Elle est déclenchée par différentes espèces de bactéries. Ces dernières apprécient les variations entre le gel et la chaleur qui ont lieu au début du printemps et à l’automne. Pour cela, elles se développent au cours de ces deux saisons.
Se soldant généralement par la mort des chênes atteints, cette maladie peut s’associer à l’encre du chêne et occasionner d’importants dégâts. Lorsque c’est le cas, mieux vaut que vous fassiez abattre votre arbre et que vous le réduisiez en cendre. Si vous possédez un grand espace, faites le plein d’idées d’arbres à qu’il est possible de planter en plus de votre chêne.
Note de bas de page
- Scolyte intriqué : petit coléoptère forestier qui vit à l’intérieur des troncs et des branches d’arbres affaiblis, où il creuse des galeries très ramifiées. Ces galeries forment des réseaux complexes qui perturbent la circulation de la sève et fragilisent l’arbre jusqu’à provoquer sa mort. Ce ravageur, difficile à repérer de l’extérieur, joue un rôle majeur dans les déséquilibres forestiers lorsqu’il se multiplie en grand nombre, car il transforme rapidement un arbre affaibli en bois mort et peut se propager à d’autres sujets. ↩︎

