La décoloration, le dessèchement et la chute abondante des feuilles du mimosa pudica (également appelé plante sensitive ou acacia) est un problème que rencontrent parfois les jardiniers. Traduisant souvent une demande d’aide, ces situations peuvent avoir diverses causes. Comprendre la cause précise de la maladie du mimosa est la première étape pour lui venir en aide.
Mimosa qui meurt ou qui devient marron

Le mimosa qui a pris un coup de gel
Lorsque les feuilles et les branches du mimosa noircissent en hiver, lui donnant l’apparence d’une plante morte, il s’agit probablement d’un coup de gel. Face à cette situation, il faut s’armer de patience.
Ne vous mettez pas à couper les branches qui semblent mortes, même si elles sont peu attrayantes. En effet, les parties sèches forment un bouclier naturel autour de l’arbuste, réduisant les effets du gel sur les autres parties. Avant de le tailler, attendez la fin des grands froids, qui cessent généralement vers fin mars ou début avril.
Comment remédier au coup de gel ?
À la reprise de belle saison, faites le test de l’écorce. Cela consiste à gratter l’écorce à différents endroits pour vérifier la couleur du bois en dessous. Si celui-ci est vert, cela signifie que la partie concernée est encore vivante et devrait produire de nouvelles feuilles sous peu. En revanche, les branches avec du bois marron ou beige en dessous sont mortes.
- Commencez le test de l’écorce par les petites brindilles en allant petit à petit vers les grosses branches. Si vous identifiez plusieurs branches vivantes (avec du bois vert en dessous), il faut alors réaliser une taille de sauvetage. Cela consiste à supprimer tout le bois mort (parfois vecteur de maladies) et à ne conserver que la partie verte. N’ayez pas peur de réaliser une taille sévère.
- Si nécessaire, continuez de gratter l’écorce jusqu’à descendre à la base du tronc. Tant qu’il reste du bois vert (même à 10 ou 20 centimètres du sol), le mimosa peut repartir du pied.
- Si tout le bois en dessous du tronc est marron jusqu’à la base, cela signifie que votre mimosa est complètement mort. Il ne reste alors plus qu’à le couper.
À noter que la plupart des mimosas sont greffés, le porte-greffe le plus fréquemment utilisé étant le mimosa quatre saisons. Si vous taillez jusqu’en dessous du point de greffe, attendez-vous à ce que les nouvelles pousses soient de la même variété que le porte-greffe.
Pour aider votre plante sensitive à se remettre de la taille, mettez-lui un paillis de feuilles mortes ou de compost à son pied. Cet apport protégera ses racines et gardera le sol frais. Pendant la belle saison, il faut l’arroser régulièrement, mais sans le noyer. Lorsque les jeunes plants ont commencé à pousser et ont une hauteur d’au moins une dizaine de centimètres, pensez à leur apporter de l’engrais pour plantes fleuries.
Comment éviter le coup de gel ?
Pour ne pas revivre la même angoisse l’hiver suivant, prévoyez un voile d’hivernage, en particulier pour les jeunes spécimens. Couvrez-les dès que la température passe en dessous de -5 °C. Protégez également la souche du gel en disposant un paillage très épais à son pied (d’une épaisseur comprise entre 20 et 30 centimètres).
Mon mimosa perd ses feuilles

Un tronc trop long
Un tronc devenu trop long, trop élancé est parfois la cause d’une perte abondante des feuilles. C’est un problème peu connu mais très répandu chez les mimosas en pot.
En effet, lorsqu’il est trop étroit, le tronc du mimosa peut se courber sous le poids des branches. Cette courbure empêche l’eau et les nutriments de monter jusqu’aux feuilles du haut. Privées de nourriture, ces dernières sèchent et tombent même si la plante reçoit normalement de l’eau et de l’engrais. Ce phénomène est souvent aggravé par un manque de lumière, qui pousse le mimosa à s’étirer désespérément vers le haut pour chercher le soleil.
Si votre mimosa en pot est dans cet état, la meilleure décision est de couper tous les troncs à environ 15 centimètres de la base. Les mimosas supportent très bien les tailles sévères et repoussent vigoureusement en quelques semaines en produisant de nouvelles branches solides et droites.
Si le pot contient plusieurs jeunes plants serrés les uns contre les autres, profitez-en pour les séparer et les mettre dans des pots séparés. Des plantes entassées se battent pour la place, la lumière et les nutriments et finissent toutes par s’affaiblir mutuellement.
Des racines envahissantes
Le mimosa a un système racinaire actif et envahissant. En pleine terre, ses racines s’étendent largement autour du tronc. En pot, elles finissent par tourner en rond comme un serpent coincé dans une boîte trop petite.
Ces racines qui tournent en cercle empêchent l’eau et des nutriments de bien circuler. Par ailleurs, la plante est de plus en plus étouffée. C’est un problème silencieux qui met parfois des années à produire des symptômes visibles en surface.
Au moment du rempotage, il est donc indispensable de tailler les racines en même temps que les tiges. Conservez les racines courtes et superficielles qui se trouvent près de la surface car ce sont elles qui absorbent le mieux l’eau et les nutriments.
Coupez sans hésiter les racines qui forment des boucles autour du pot. Mais ne touchez en aucun cas la grosse racine centrale qui part directement du tronc.
Les parasites du mimosa

Un mimosa affaibli par l’une des causes précédentes attire les parasites. Les tétranyques, appelés aussi araignées rouges, quasiment invisibles à l’œil nu, attaquent le feuillage par temps chaud et sec et en sucent la sève. Les cicadelles1 aspirent la sève des jeunes pousses.
Ces différents ravageurs affaiblissent le mimosa et facilitent la tâche à différents champignons. Ceux-ci peuvent donner lieu à des maladies comme la maladie du tronc du mimosa. Pour éradiquer les parasites du mimosa de façon naturelle, utilisez des prédateurs comme la coccinelle ou le syrphe.
Note de bas de page
- Cicadelle : petit insecte sauteur qui se nourrit en prélevant la sève des plantes à l’aide de son appareil buccal. Elle vit généralement sur les feuilles ou les tiges, où elle se déplace rapidement et peut affecter la santé des végétaux en perturbant leur alimentation. ↩︎

