Ravalement de façade : définition, réglementation, travaux et étapes

Ouvrier en train de faire un ravalement de façade

Une façade abîmée, tachée ou fissurée donne une mauvaise image d’une maison. Sa détérioration cache parfois des problèmes plus graves, susceptibles de nuire au confort ou à la sécurité de ses occupants. Pour anticiper de pareilles situations, la loi encadre l’entretien des murs extérieurs à travers le ravalement de façade. Mais que recouvre exactement ce terme ? Quelles sont les obligations à connaître et comment se déroule un chantier de ce type ?

Le ravalement de façade : en quoi cela consiste ?

Ravalement de façade 

C’est un ensemble de travaux consistant à remettre en état les murs extérieurs d’un bâtiment. Le but est de protéger la structure du mur contre les infiltrations, l’humidité et l’usure causée par le temps. Ce type de travaux concerne aussi bien les maisons individuelles que les immeubles en copropriété. Ils peuvent être appliqués à une maison nouvellement achetée et nécessitant des travaux de rénovation.

Une façade bien entretenue dure plus longtemps, résiste mieux aux intempéries et coûte moins cher à réparer sur le long terme. En fonction des travaux effectués, le bâtiment conserve ou améliore sa valeur marchande, en cas de vente. En revanche, une façade en mauvais état entraîne une dépréciation plus ou moins importante de la valeur du bien immobilier.

Que dit la loi sur le ravalement de façade ?

La base légale du ravalement se trouve à l‘article L.132-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation. Ce texte impose que les façades des immeubles soient toujours maintenues en bon état de propreté. Autrement dit, un propriétaire ne peut pas laisser sa façade se dégrader indéfiniment sans intervenir.

Une nouvelle loi, sortie en 2025, exige d’inclure dans les travaux de ravalement l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) si :

  • La rénovation concerne une maison individuelle ou une copropriété.
  • Plus de 50 % de la surface des murs (à l’exclusion des ouvertures comme les portes et fenêtres) a besoin d’un ravalement.

Pour rappel, l’ITE garantit non seulement un meilleur confort en limitant les déperditions de chaleur, mais cela s’inscrit également dans une démarche d’économie d’énergie en réduisant la dépendance à la climatisation (en période de canicule) et au chauffage (lorsqu’il fait froid).

L’obligation du ravalement de façade tous les 10 ans : une idée reçue

Contrairement à ce que l’on entend souvent, il n’existe pas de règle nationale qui impose un ravalement décennal partout en France. Cette obligation ne s’applique que dans les communes qui ont adopté un arrêté préfectoral en ce sens.

Paris est le cas le plus connu, avec un arrêté datant de 1961. Les grandes villes comme Lyon, Marseille ou Toulouse ont aussi mis en place cette règle. Dans les communes concernées, le maire peut contraindre les propriétaires à faire les travaux dans un délai donné.

Ce délai est souvent compris entre six mois et un an. En copropriété, refuser de s’exécuter expose chaque copropriétaire à une amende pouvant atteindre 3 750 euros. Si le syndic ne réagit pas dans le délai imparti, la mairie peut avancer les fonds des travaux et en réclamer le remboursement à la copropriété.

Les autorisations à obtenir avant de commencer

Avant de lancer un chantier, il faut passer par la mairie lorsque la commune a rendu cette démarche systématique. Un ravalement réalisé à l’identique, sans changer ni la couleur ni les matériaux, peut parfois être fait sans formalité.

En revanche, une déclaration préalable de travaux est obligatoire dès que l’aspect extérieur change. Il faut également déclarer les travaux lorsque la propriété se trouve dans une zone protégée ou située près d’un monument historique.

Si un échafaudage doit être posé sur le trottoir ou la rue, une permission de voirie1 est nécessaire. Sans cette démarche, l’entreprise chargée des travaux ne peut pas légalement occuper l’espace public, même pour quelques jours.

En copropriété, la décision de ravaler la façade doit être votée en assemblée générale. Pour un simple entretien ou nettoyage, la majorité simple suffit. Pour des travaux plus lourds, comme une isolation par l’extérieur, il faut une majorité plus importante.

Les travaux qu’implique un ravalement de façade

Les travaux de ravalement de façade dépendent des résultats du diagnostic et peuvent inclure :

  • Le nettoyage qui consiste à éliminer la saleté et les mousses grâce à un lavage haute pression, un sablage ou un gommage2 doux selon la fragilité du support.
  • La réparation des fissures et des joints : les petites fissures et les zones abîmées sont rebouchées pour éviter que l’eau ne s’infiltre dans le mur.
  • Un traitement contre l’humidité : un produit hydrofuge peut être appliqué pour empêcher les remontées d’eau et protéger durablement les murs.
  • La réfection de l’enduit : l’ancien revêtement est retiré puis remplacé par un nouvel enduit, qui protège et embellit la façade.
  • L’application d’une peinture de façade : une finition souvent faite quand le support est encore en bon état.
  • L’isolation thermique par l’extérieur : elle améliore le confort du logement et réduit les échanges de température entre l’intérieur et l’extérieur. Combiner cette solution avec une isolation thermique par l’intérieur garantit un confort thermique optimal.

Le choix entre ces différentes solutions dépend de l’état du mur et du budget dont vous disposez. Les règles d’urbanisme locales peuvent parfois imposer certains choix de couleurs ou de matériaux.

Les étapes pour réaliser un ravalement de façade

Ouvriers sur un échafaudage en train de rénover un mur

Un chantier de ravalement suit généralement un enchaînement précis d’étapes, qu’il s’agisse d’une maison individuelle ou d’un immeuble. Si une isolation thermique est envisagée, celle-ci doit être faite avant. L’état des lieux est suivi des étapes telles que :

  • Les formalités administratives consistant à vérifier auprès de la mairie si des déclarations sont requises.
  • Le choix du professionnel compétent. Cela est souvent précédé de la demande de plusieurs devis détaillés afin de comparer les prix et les prestations proposées.
  • La préparation du chantier consistant à protéger les meubles et surfaces.
  • Le nettoyage du mur en vue de mieux voir les défauts cachés, comme des fissures ou des zones fragilisées.

S’ensuivent les réparations, la pose des finitions puis la livraison du chantier.

Notes de bas de page

  1. Permission de voirie : autorisation administrative permettant à une personne ou à une entreprise d’occuper temporairement une partie du domaine public routier pour y réaliser une installation, des travaux ou une intervention. Elle précise les conditions à respecter afin que cette occupation ne compromette ni la circulation, ni la sécurité, ni l’état de la voie. ↩︎
  2. Gommage : technique de nettoyage consistant à projeter un abrasif très fin à basse pression sur une façade afin d’éliminer les salissures, les dépôts, les traces de pollution ou certaines anciennes couches de surface. Cette méthode permet de nettoyer le matériau tout en préservant au mieux son aspect et ses caractéristiques d’origine. ↩︎

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