En prenant de l’âge, le rosier a tendance à se dégarnir. En effet, le vieux bois s’accumule et absorbe une partie de l’énergie de la plante, sans réellement contribuer à sa croissance. Ce sont les jeunes pousses qui participent au développement et à l’attrait du rosier. Et pour les encourager à se multiplier, la taille du rosier est primordiale.
Quand est-ce qu’il faut tailler son rosier ?

Le timing idéal varie selon que vous soyez en face d’un rosier grimpant ou d’un rosier buisson. Les rosiers grimpants se composent de deux sous-catégories : les rosiers remontants et les rosiers non remontants.
Les rosiers grimpants remontants sont connus pour fleurir à plusieurs reprises durant toute la saison. La sortie de l’hiver est le timing idéal pour les tailler. Mais avant de passer à l’action, assurez-vous qu’il n’y a plus de risque de grosses gelées.
Quant aux rosiers grimpants non remontants, ils ne fleurissent qu’une fois. Il faut les tailler en été, une fois qu’ils auront fini fleurir.
Les rosiers buisson se taillent au même moment que le grimpant remontant, c’est-à-dire à la toute fin de l’hiver. Mais vous devez d’abord avoir la certitude qu’il n’y aura plus de grosses gelées.
Comment tailler son vieux rosier ?
Préparer le matériel indispensable
Le matériel nécessaire pour la taille d’un rosier se compose de :
- Un sécateur d’excellente qualité et bien affuté, pouvant réaliser des coupes précises.
- Une scie d’élagage pour les branches les plus épaisses.
- Une paire de gants épais pour se protéger des épines.
- De l’alcool à 70 ° pour désinfecter les outils de coupe avant l’opération et entre les coupes.
Repérer et éliminer le bois mort
Commencez toujours par retirer les branches mortes, cassées ou malades. On les reconnaît à leur écorce marron ou jaunie, sèche et cassante. Le bois vivant, quant à lui, demeure bien vert ou brun-rouge à l’intérieur quand on le sectionne.
La taille de rajeunissement à proprement parler
Pour un rosier buissonnant vraiment âgé, la méthode la plus efficace consiste à supprimer les deux tiers des plus grosses branches, au ras de la souche. Conservez uniquement celles qui semblent les plus saines et les plus proches du point de greffe.
Sur les branches conservées, on coupe ensuite au-dessus du quatrième ou cinquième œil en partant de la base, en veillant à ce que ce dernier œil soit toujours orienté vers l’extérieur. La future pousse partira ainsi vers l’extérieur du buisson plutôt que vers son centre. La coupe elle-même se fait en biais, environ cinq millimètres au-dessus du bourgeon, ni trop près pour ne pas l’abîmer, ni trop loin pour éviter un chicot qui sèchera.
Si le rosier est vraiment très dégarni, mieux vaut ne pas tout raser d’un coup. Beaucoup de jardiniers conseillent d’étaler le rajeunissement sur deux à trois ans, en retirant environ un tiers du vieux bois chaque année : la plante reconstitue ainsi ses réserves entre chaque intervention, pour un bien meilleur résultat qu’une coupe unique trop radicale.
Le cas des rosiers grimpants anciens

Sur un rosier grimpant, on garde seulement trois à cinq branches maîtresses parmi les plus vigoureuses, en éliminant les autres à la base. Les branches secondaires qui partent de ces branches maîtresses sont ensuite coupées à une dizaine de centimètres.
Il ne reste plus qu’à palisser1 les branches maîtresses à l’horizontale sur leur support. Ce geste, tout simple, favorise l’apparition de nouvelles pousses sur toute la longueur de la branche et pas seulement à son extrémité.
Attention au porte-greffe
La plupart des rosiers du commerce sont greffés sur un porte-greffe vigoureux. Avec le temps, il arrive que celui-ci reparte tout seul et prenne le dessus sur la variété recherchée. On le repère facilement à ses feuilles. Ces dernières comptent sept folioles, contre cinq en général pour le greffon.
Toute branche présentant cette caractéristique doit être supprimée à sa base. Sans quoi elle finira par épuiser la variété que l’on cherche justement à faire pousser.
Quels soins apporter après la taille ?
Une taille de rajeunissement demande beaucoup d’énergie au rosier. Pour l’aider à repartir, griffez légèrement le sol autour du pied, dans un rayon d’une cinquantaine de centimètres. Incorporez du compost bien mûr ou un peu de fumier décomposé.
Un engrais organique spécial rosiers, apporté au printemps, complète utilement cet apport. Pensez ensuite à un arrosage régulier mais raisonnable pendant les mois qui suivent.
Les erreurs à ne pas commettre
La principale erreur consiste à tailler trop sévèrement d’un seul coup un rosier déjà très affaibli, au risque de l’achever plutôt que de le relancer. À l’inverse, des tailles trop timides, année après année, sont souvent à l’origine du dépérissement observé sur les vieux sujets. Le bois s’accumule et devient noueux sans jamais être vraiment renouvelé.
La taille sert à aérer le cœur de l’arbuste. Un rosier trop dense laisse mal circuler l’air entre les branches, ce qui favorise l’apparition des maladies du rosier. En dégageant le centre, on limite ces risques tout en donnant au rosier une silhouette plus harmonieuse.
Note de bas de pag
- Palisser : guider les tiges ou les branches d’une plante ou d’un arbre fruitier contre un support, à l’aide de liens ou d’attaches. Cette méthode permet d’orienter la croissance de la plante, de mieux répartir ses rameaux et de lui donner une forme adaptée à l’espace disponible. ↩︎

