Keiki d’orchidée : comment le faire pousser et comment s’en occuper

Keiki d'orchidée

Outre les belles fleurs dont se parent les orchidées, l’un des rêves de leurs détenteurs est de voir apparaître un keiki. Offrant un spectacle des plus fascinants, ce dernier facilite la multiplication de l’orchidée. Pour avoir la chance d’admirer les keikis, il est important de prendre certaines dispositions.

C’est quoi un keiki ?

Se traduisant par bébé en hawaïen, ce terme est utilisé pour désigner le rejet d’une orchidée. Chez les orchidées de type phalaenopsis, les keikis poussent sur la tige florale tandis que sur les dendrobiums, ils sont portés par les cannes1. Au départ, ils ressemblent à un bourgeon de fleur jusqu’à ce que des racines et des feuilles commencent à se former. Il arrive parfois que certains keikis fleurissent.

Les keikis présentent les mêmes caractéristiques physiques et génétiques que la plante mère. Parfois, ils se forment lorsque la plante est mal en point ou qu’elle traverse une situation de stress. Cela lui permet d’assurer la pérennité de son espèce au cas où elle viendrait à mourir. Des orchidées en bonne santé peuvent également donner naissance à des keikis.

Comment faire pousser un keiki ?

La formation des keikis est imprévisible et aléatoire. En revanche, il est possible de déclencher ce phénomène en appliquant une pâte à keikis sur les nœuds des tiges dont les fleurs ont fané.

La pâte à keiki est une préparation à base d’hormones de croissance et d’éléments nutritifs destinée à favoriser la formation de nouvelles pousses chez les orchidées.

Quand et comment séparer le keiki de la plante mère ?

Le prélèvement des keikis obéit à un principe appelé la règle des trois. D’après celle-ci, il faut attendre qu’ils aient au moins trois feuilles et trois racines d’environ trois centimètres chacune avant de les séparer du pied mère. Si vous le souhaitez, vous pouvez attendre plus longtemps, mais cela comporte un risque.

En effet, pour se développer, les keikis puisent l’énergie de la plante mère, ce qui a tendance à affaiblir cette dernière. Pour éviter que celle-ci dépérisse, il est important de veiller sur elle en lui procurant régulièrement tous les soins dont a besoin une orchidée. Si son état s’aggrave, mieux vaut couper le rejet et le bouturer sans plus attendre.

Pour prélever un keiki, il est important d’utiliser un outil affûté (cutter, couteau, sécateur ou paire de ciseaux) et stérilisé. La coupe s’effectue à un centimètre en dessous des racines.

Les soins indispensables pour la croissance d’un keiki

Pour faire pousser vos keikis mettez-les dans un mélange de fibres, de mousses végétales et d’écorces (ou du terreau pour orchidée). Mettez le substrat dans un petit pot transparent comme un pot de yaourt en verre ou une verrine.

Vous devez lui assurer un éclairage optimal sans soleil direct et veiller à ce que son atmosphère soit chaude et humide. Chaque fois que les racines se décolorent, il faut les baigner 5 à 10 minutes dans de l’eau non calcaire à la température de votre pièce.

Au printemps et en été, ajoutez de l’engrais pour orchidées à l’eau de baignade en diminuant de moitié la quantité indiquée sur la notice. Lorsque le système racinaire aura dépassé le volume du contenant initial, vous pourrez transférer votre plante dans un pot un petit peu plus grand.

Selon l’espèce, les orchidées fleurissent au bout d’un à deux ans. Si après sa deuxième année, votre plante ne fleurit pas, il faudra l’y encourager en la mettant dans le jardin pendant la belle saison. Mais assurez-vous qu’elle soit à l’abri du soleil direct. Les alternances de température entre les journées ensoleillées et les nuits fraîches devraient engendrer un stress capable de déclencher la floraison.

Comment bouturer une orchidée dépourvue de keiki ?

Keiki orchidée avec des feuilles

Si votre orchidée ne produit pas keiki, mais que vous souhaitez la multiplier, vous pouvez recourir à diverses techniques. Celles-ci diffèrent selon que vous ayez affaire à une orchidée monopodiale, sympodiale ou à une orchidée à cannes.

Le bouturage des orchidées monopodiales ?

Sont qualifiées de monopodiales les orchidées qui développent une seule et unique tige faisant également office de hampe florale. C’est notamment le cas des phalaenopsis et des vandas parmi lesquels figurent les fameuses orchidées aux fleurs bleus.

Pour bouturer une orchidée monopodiale en l’absence d’un keiki, il existe deux options :

  • Bouturer un morceau supérieur de hampe florale : celle-ci doit être coupée en dessous d’un œil dormant. Un œil dormant correspond à un bourgeon qui n’a jamais donné une branche.
  • Bouturer la base de la tige florale.

Pour favoriser le démarrage des boutures, introduisez la partie coupée dans un mélange de sphaigne2 humide, d’écorces broyées. Placez-les dans un lieu chaud, aéré et éclairé, mais sans soleil direct. La réunion de ces conditions favorise la formation de racines au bout de quelques semaines.

Pour empêcher les champignons d’infecter les parties coupées, vous pouvez y appliquer de la poudre de cannelle.

En appliquant de l’hormone de bouturage, vous allez accélérer la croissance des racines.

Le bouturage des orchidées sympodiales

Les orchidées sympodiales ont la particularité d’avoir plusieurs tiges (appelées pseudobulbes) démarrant à partir d’un tronc souterrain horizontal appelé rhizome. Pour les multiplier, il suffit de couper les pseudobulbes en bon état au niveau du rhizome. Ceux qui ont séché doivent être supprimés. Entre deux coupes, pensez à désinfecter votre outil pour éviter les risques de contamination.

Appliquez de la poudre de cannelle sur les plaies occasionnées par les coupes pour éviter que les champignons et bactéries s’y développent. Afin que vos boutures démarrent, mettez-les chacune dans son propre contenant rempli avec un substrat adapté aux orchidées. Utilisez de préférence un pot transparent pour garder un œil sur les racines et anticiper les besoins de vos plantes.

Cas particulier des orchidées à cannes

Avant de bouturer une canne, assurez-vous que celle-ci ait au minimum trois ans et qu’elles soient dépourvues de feuilles. Coupez-la à l’aide d’un couteau propre et découpez-la en tronçons de trois à cinq centimètres.

Disposez les boutures ainsi obtenues sur de la sphaigne ou des fibres légèrement humifiées. Couvrez-les pour qu’elles soient au chaud et laissez-les à la lumière pendant quelques semaines.

Note de bas de page

  1. Canne : partie allongée et charnue de certaines orchidées qui pousse au-dessus du substrat et qui sert à la fois de tige et de réservoir. Elle emmagasine l’eau et les nutriments nécessaires à la survie de l’orchidée entre deux périodes de croissance. C’est un organe vivant, souvent segmenté, d’où naissent les feuilles, les racines aériennes et les hampes florales. Chaque canne a un cycle de vie propre : elle se forme, nourrit la plante, puis décline tout en favorisant l’apparition de nouvelles pousses à sa base. ↩︎
  2. Sphaigne : mousse capable d’absorber et de retenir une très grande quantité d’eau tout en restant aérée. Elle pousse généralement dans les milieux humides et acides, comme les tourbières. Utilisée pour le bouturage, elle sert de substrat léger et respirant qui maintient l’humidité autour des racines tout en limitant le développement de moisissures ou de bactéries. C’est une matière végétale unique par sa capacité à créer un environnement stable et humide, idéal pour de nombreuses plantes. ↩︎
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