En 2018, le fioul chauffait encore 2,9 millions de résidences principales en France, soit 10 % d’entre elles, selon l’étude « 50 ans d’évolution des résidences principales : des logements plus grands et moins peuplés » publiée par l’Insee en juin 2021. Ces logements sont équipés d’un chauffage central, dans lequel la chaudière envoie une eau entre 60 et 80 °C vers les radiateurs. Or une pompe à chaleur air-eau donne son meilleur rendement avec une eau entre 35 et 45 °C. Alimenté par une eau moins chaude, un radiateur prévu pour une chaudière diffuse moins de chaleur, ce qui laisse croire qu’il faudra remplacer tous les radiateurs de la maison. Pourtant, installer une pompe à chaleur dans une maison ancienne n’oblige pas à refaire tout le circuit, à condition de choisir un modèle adapté à la taille de vos radiateurs et aux besoins de la maison.
Vos radiateurs peuvent-ils fonctionner avec une eau moins chaude ?
Les radiateurs d’une maison ancienne ont été choisis pour chauffer un logement peu ou pas isolé. Si les combles ou les fenêtres ont été isolés depuis, ces mêmes radiateurs ont une surface plus grande que nécessaire et une eau à 45 ou 50 °C peut alors suffire à chauffer les pièces.
Vous pouvez le vérifier vous-même cet hiver, avant même de consulter un installateur : abaissez à 50 °C la température de l’eau réglée sur votre chaudière, puis observez le confort pendant les jours les plus froids. Si les pièces restent à bonne température, une pompe à chaleur basse température devrait convenir.
Ce test ne remplace pas l’étude que l’installateur doit mener pièce par pièce : il vérifie que chaque radiateur, alimenté par l’eau de la pompe à chaleur, produit assez de chaleur pour compenser celle qui s’échappe par les murs, les fenêtres et le plafond de la pièce. Une chambre exposée au nord ou une salle de bain peut manquer de chaleur alors que le séjour est confortable. Pour obtenir un devis d’installation de pompe à chaleur qui tienne compte des différences entre les pièces, demandez que cette étude figure dans la proposition de l’installateur.
Quelle pompe à chaleur choisir selon votre installation actuelle ?
Le chauffage déjà en place oriente le choix du modèle bien plus que l’âge de la maison.
| Votre installation actuelle | Pompe à chaleur adaptée | Limite |
| Radiateurs qui chauffent bien avec une eau à 50 °C, ou plancher chauffant | Pompe à chaleur air-eau basse température, qui produit une eau entre 35 et 45 °C | Une pièce dont le radiateur est trop petit reste fraîche tant que ce radiateur n’est pas remplacé |
| Radiateurs trop petits pour chauffer avec une eau à 50 °C | Pompe à chaleur air-eau haute température, qui produit une eau jusqu’à 70 à 80 °C selon les modèles | Consommation électrique plus élevée pour produire une eau plus chaude |
| Maison peu isolée, dans une région aux hivers rudes | Pompe à chaleur hybride, ou pompe à chaleur ajoutée à la chaudière existante, qui prend le relais par grand froid | Deux appareils à entretenir et une part de gaz ou de fioul toujours consommée |
| Convecteurs électriques, sans circuit d’eau chaude | Pompe à chaleur air-air, qui souffle de l’air chaud par des unités posées dans les pièces | Aucun raccordement possible à des radiateurs à eau |
En version hybride, une pompe à chaleur air-eau et une chaudière gaz à condensation (qui récupère la chaleur contenue dans ses fumées) sont réunies dans un même appareil, qui passe au gaz quand le froid fait chuter le rendement de la pompe à chaleur. Dans le cas d’une pompe à chaleur installée à côté d’une chaudière existante, cette dernière ne s’allume plus que par grand froid. Ces deux solutions permettent de garder les radiateurs et les tuyaux en l’état.
Dans l’article « La pompe à chaleur va-t-elle réussir à décarboner le secteur résidentiel ? », publié en septembre 2024 dans la revue de l’AQC (Agence qualité construction), le Costic, centre d’études techniques du génie climatique, estime que les systèmes hybrides s’adaptent plus facilement à la rénovation qu’une pompe à chaleur seule.
Pompe à chaleur en maison ancienne : les travaux à prévoir autour de l’appareil

Garder les radiateurs ne réduit pas le chantier au seul branchement de l’appareil sur le circuit. Trois interventions l’accompagnent :
- isoler les combles en premier, car c’est par la toiture que la chaleur s’échappe d’abord. La maison a alors besoin de moins de chaleur pour rester à bonne température, ce qui permet d’installer une pompe à chaleur moins puissante, donc moins chère ;
- désembouer le circuit, c’est-à-dire évacuer les boues accumulées pendant des décennies dans les tuyaux et les radiateurs, qui freinent la circulation de l’eau et encrassent certains mécanismes de la pompe à chaleur ;
- faire vérifier le tableau électrique et la puissance de l’abonnement, puisque la pompe à chaleur exige un circuit dédié, protégé par son propre disjoncteur.
Ce calcul des pertes de chaleur est pourtant obligatoire avant de choisir l’appareil. Selon le même article de l’AQC, Qualit’EnR, l’organisme qui délivre aux installateurs la qualification QualiPAC1, a constaté lors de ses contrôles que près d’une installation sur quatre avait été posée sans ce calcul ni document justifiant la puissance de l’appareil choisi. Une pompe à chaleur trop puissante coûte plus cher à l’achat. De plus, elle atteint trop vite la température demandée, s’arrête, puis redémarre dès que la maison se refroidit. Ces cycles courts usent son compresseur2 plus vite qu’un fonctionnement long et régulier.
Pour bénéficier de MaPrimeRénov’, il faut confier les travaux à un professionnel RGE (reconnu garant de l’environnement), qui doit aussi visiter la maison avant d’établir son devis, selon la fiche « MaPrimeRénov parcours par geste3 » du ministère de l’Économie. La liste des équipements financés a été modifiée au 1ᵉʳ septembre 2026. Faites donc confirmer votre éligibilité par un conseiller France Rénov’ avant de signer.
FAQ
Comptez de 10 000 à 18 000 € pose comprise pour une pompe à chaleur air-eau qui produit aussi l’eau chaude et de 8 000 à 15 000 € pour un modèle hybride. Les travaux qui accompagnent l’installation s’ajoutent à ce budget. Demandez qu’ils soient chiffrés à part dans le devis pour comparer les propositions des installateurs.
Une déclaration préalable de travaux en mairie est nécessaire quand l’unité extérieure modifie l’aspect de la maison et qu’elle est visible depuis la rue ou depuis une maison voisine, selon la fiche « Quelle autorisation d’urbanisme faut-il déposer pour installer un boîtier extérieur de climatisation ou de pompe à chaleur ? » du site service-public.gouv.fr. Elle l’est également, même si l’appareil n’est pas visible, aux abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable. Éloignez enfin l’unité extérieure des fenêtres de vos voisins. Un bruit gênant peut en effet être sanctionné comme trouble anormal du voisinage.
Oui, si vous choisissez un modèle dit « double service », qui chauffe à la fois les radiateurs et l’eau des douches et des robinets. Son ballon d’eau chaude, de 150 à 300 litres selon la taille du foyer, est installé dans la maison, dans un garage ou une buanderie par exemple. Prévoyez une place au sol pour ce ballon.
Notes de bas de page :
- QualiPAC : qualification délivrée aux installateurs de pompes à chaleur. Elle atteste de leurs compétences et leur donne la mention RGE pour ce type de travaux. ↩︎
- Compresseur : moteur de la pompe à chaleur qui comprime le gaz circulant dans l’appareil pour élever sa température. C’est la pièce la plus coûteuse à remplacer. ↩︎
- Parcours par geste : volet de MaPrimeRénov’ qui finance un équipement ou des travaux isolés, par exemple une pompe à chaleur ou l’isolation des combles, sans obligation de rénover tout le logement. ↩︎

